Quand le repris de justice Debbasch admire le repris de justice Juppé

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Au Togo, il est dieu et esprit. Lui, c’est bien Charles Debbasch. Le français qui a le casier judiciaire le plus costaud des  expatriés gaulois à travers le monde. Indésirable en France pour faux, usage de faux et trafics illicites, il est au Togo la tête pensante de tout un système. Tout un symbole ! Découvert par l’ex-premier ministre Joseph Kokou Koffigoh, il bascule dans le camp d’Eyadema par la suite. Avec bien sûr le code que les français se filent entre eux, quand ils sont sous les tropiques : «  Quand les sauvages s’entre-tuent, il faut virer du côté où la force se trouve ». Alors depuis qu’il a été appelé pour arranger les angles de la constitution togolaise afin que Koffigoh soit présidentiable, l’homme n’a plus quitté le Togo. Mieux, il est devenu si puissant au Togo qu’il règne et dirige comme en territoire conquit. La présidence togolaise, c’est lui qui donne les orientations à prendre. Le quatrième pouvoir, c’est lui aussi qui officie comme éditorialiste au journal gouvernementale www.republicoftogo.com .

 À cela, il s’est bien ajouté le journal l’Union où il officie comme rédacteur avec son  mythique nom, « Kofi Souza ». Il est si puissant que certains journalistes togolais voudraient lui ressembler. Au moins avec Debbasch, on peut faire fortune dans un pays où les journalistes ont compris que la plume ne nourrissait pas son homme. La nature ayant horreur du vide, le français a su s’imposer comme d’ailleurs, petit à petit Laurent Despas, ingénieur de son et patron de Koaci.com a compris qu’il fallait prendre lui aussi le quatrième pouvoir en Côte d’Ivoire. Les intellectuels Togolais ont plus d’autres chats à fouetter que de mettre un peu de leur temps dans la recherche de la vérité par le plume et dans la dénonciation des injustices. Le boulevard étant depuis ouvert aux repris de justice sous les tropiques, Debbasch peut venter la nouvelle politique menée par son ami et ministre des affaires étrangères Alain Juppé dans un éditorial qui donne du vertige aux africains qui ont encore les méninges en place : « Nous avons sur l’Afrique une ligne de conduite très claire. Pour nous, ce qui est prépondérant c’est d’assurer à l’Afrique des élections qui soient claires, transparentes, garanties par une surveillance internationale et qui permettent de faire émerger des régimes véritablement démocratiques, a-t-il déclaré …C’est le combat que nous avons mené en Côte d’Ivoire, c’est ce qui s’est passé au Niger, en Guinée, c’est ce que nous souhaitons voir se passer …. Ce sera le fil conducteur de notre politique africaine ». On se demande dans quel continent se trouve le Tchad, le Cameroun, le Burkina- Faso où le monde a assisté à des escroqueries électorales ! Tout se passe de commentaires. Le duo « Debbasch-Juppé » a depuis fait ses preuves. Le juriste est passé ratisser les Avoirs de la famille Vassarely et l’économiste Juppé est passé mettre la main avec les emplois fictifs. Résultats, le premier est recherché par toutes les polices du monde à travers Interpol et l’autre a dû se replier après sa condamnation au Canada pour se faire oublier, ou bien mieux ne pas se faire condamner pour la seconde fois en France. Rodrigue Kpogli de la Jeunesse pour une Afrique Unie (JUDA) recoupe Alain Juppé dans une interview avec Lynx.info : «N’oublions jamais qui est Alain Juppé. C’est un délinquant, un corrompu condamné par le Tribunal de grande instance de Nanterre en 2004 à 18 mois d’emprisonnement avec sursis et 10 ans d’inéligibilité (réduits à 14 mois et 1 an en appel) ». Ce sont ces logorrhées vomis dans leur pays, traités de « délinquants » qui curieusement doivent nous apprendre les fondements de la démocratie et les pays en Afrique où la France a aidé à l’implantation de la démocratie. Comme s’il n’y avait aucun professeur d’université, aucun professeurs de lycée, aucun Togolais pour donner les chiffres de l’économie, le juriste nous apprend qu’après les USA c’est la France qui est le deuxième donateur en Afrique : «L’Afrique subsaharienne demeure la première priorité de l’aide au développement de la France. Elle y a  augmenté son effort total de 41% depuis 2004. Aujourd’hui, elle y concentre  60% de son effort budgétaire bilatéral mondial. Cet engagement fait de la France le deuxième contributeur en volume derrière les Etats-Unis ». Ce qui froisse, est qu’en Afrique, de tels mensonges passent encore et s’incrustent dans le subconscient collectif. Faut-il demandé à la petite Norvège qui met 2% de son PIB en faveur de l’Afrique dans quelle position  arrive ce pays dans la liste des pays donateurs? Pauvre et depuis dans le second rôle de pays chancelant, on se demande bien par quelle alchimie la France selon Debbasch  aide-t-elle l’Afrique.

 Mais que voulez-vous ? Dans un pays comme le Togo où tout le monde a démissionné, dans un pays ou le politique et le gouverné ont fini par lâcher du lest, par faire de la misère, leur misère collective une fatalité, les voyous en col blancs, les repris de justice Hexagonaux et que sais-je encore auront  toujours leur mot à dire. Officiellement, Charles Debbasch est un recherché par Interpol. Officieusement, il est au fait le « Corsair » de la République française au Togo au même titre que le fut Bob Denard aux Comores. Et à cette allure, les Togolais aussi parlent de leur souveraineté, de leur indépendance, quand le ver est depuis « calé » dans la maison, dans leur maison par un espion au service de sa patrie, la France. C’est aussi le Togo sous le jeune  Faure Gnassingbé !

Camus Ali  Lynx.info

 

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