Premiers troubles de l’ère post-Bongo

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Des milliers de manifestants ont exigé ce vendredi la démission d’Ali Bongo, ministre de la Défense et favori du scrutin qui désignera le successeur de son père le 30 août.
Les forces de l’ordre ont dispersé violemment le rassemblement.


Deux mois après la mort d’Omar Bongo, qui avait régné plus de 40 ans sur le Gabon, et trois semaines avant la présidentielle qui doit désigner son successeur, de premiers incidents notables ont eu lieu ce vendredi à Libreville. Malgré l’interdiction officielle des autorités, plusieurs milliers de personnes, parmi lesquels une dizaine de candidats, la plupart issus de l’opposition, ont en effet défilé dans les rues de la capitale. Les forces de l’ordre sont alors intervenues et de violents affrontements ont opposé les deux camps. Plusieurs blessés ont été signalés, sans qu’il soit possible d’établir un bilan précis. Il s’agit des premiers troubles d’importance depuis le 8 juin dernier.

Les manifestants demandaient notamment la démission du gouvernement du ministre de la Défense Ali Ben Bongo, fils du défunt président et favori au scrutin à un seul tour du 30 août. Ils ont ainsi scandé des slogans comme « Ali démission », « Ali dictateur », « On veut le changement » ou le « Gabon n’est pas une monarchie ».

Depuis plusieurs semaines, la présence au gouvernement de deux ministres candidats, Pierre-Claver Maganga Moussavou (Enseignement technique) et Ali Ben Bongo est très critiquée par les 21 autres candidats, de nombreux hommes politiques et membres de la société civile. Le Parti démocratique gabonais, au pouvoir, leur a répondu qu' »aucune disposition ne disqualifie les candidats à l’élection présidentielle pour siéger au gouvernement », ajoutant que les demandes de démission étaient « un faux débat ». Jeudi, Pierre-Claver Maganga Moussavou a cependant annoncé sa démission du gouvernement pour se « consacrer à la campagne » électorale.

A noter qu’une partie de la communauté gabonaise de Paris a également manifesté contre Ali Ben Bongo ce vendredi.


(TF1 08/08/2009)


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