Pluie de remerciements au Togo

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Le monde comme il va au Togo. Après la frayeur, vivent les remerciements ! Tous les confrères qui devraient se retrouver nez à nez avec le président Faure devant les tribunaux peuvent rester à la maison. Pour certains, comme le confrère Liberté Hebdo, c’est le procureur en personne qui a délivré le message : le président a retiré sa plainte. Pour « l’Indépendant Express », dont l’histoire relevait de dessous de jupes, on a un peu tardé pour finalement le gracier au vu et au su de tous les Togolais et du monde entier. Au Togo, le pillage du pays, comme la magnanimité, est un héritage de père en fils. Faure n’avait pas de choix. Dans sa République à lui, c’est l’éducation du bâton et de la carotte. Mais fallait-il en arriver aux plaintes pour prouver qu’on est un président qui a de la poigne ? Qu’on est un président qui ne laissera plus Bikassam, Dogbé, Ferdinand Tchamsi… impunis ? Faure a tout faux quand il passe par la « brutalité » pour mettre à genoux les confrères. Mais il restera toujours un fou du roi à ses pieds : Le Lynx.
 
Quand Faure Traumatise les « gars »
 
Ce que tout observateur indépendant peut souligner désormais est que Faure vient de casser les côtes au dernier carré d’une presse qui pouvait encore lever le petit doigt. Rien ne sera plus comme avant ! C’est un peu la fin d’une presse qui amenait son pouvoir en enfer. Et le demi-fils de Pya a bien compris le danger  venir. Il fallait frapper Faure. C’est ce qu’il a fait. Il fallait ruiner le monde de la presse, et il a aussi réussi à le faire. Certains confrères sont déjà dans ses pantalons, d’autres vont bientôt arriver dans ses vestes. Et pour cela, rien n’a été négligé. Apparemment, depuis que le confrère Golfe info a frappé Faure et on a déposé 80 millions comme facture sur la table, les « mecs » tournent par deux fois la plume au bout de leurs doigts quand il faut laisser des phrases qui vont en l’encontre du prince de la nation. Le journalisme d’investigation s’est mué en un journalisme reportage si ce n’est un reportage photo.  A La Dépêche, quand le CVU entendez Collectif pour la Vérité des Urnes dressait la liste des folles dépenses du rejeton d’Eyadema, la plume du confrère Kao Victoire conseillait un achat d’avion flambant neuf afin que  Faure puisse mieux voyager. Une certaine presse sous Faure n’a rien à envier aux journaux propagandistes nazis d’un certain Goebbels. À Liberté Hebdo, ce qui pouvait encore resté de solide, de consistant, « le tsunami faurique », ce vent empreint de cynisme et de voyoucratie, est entrain de déraciner les maigres racines qui prenaient corps dans les bureaux de Liberté Hebdo et qui retenaient le Togo sur les 2 seuls béquilles rescapées pour qu’il ne tombe. Sous la plume du journaliste Tino on peut lire les premiers signes qui  peuvent  concourir à la fébrilité prochaine des « gars » : « Nous voulons saisir cette opportunité pour remercier sincèrement le président de la République pour ce geste inattendu de sa part et faire quelques observations qui nous tiennent à cœur à ce moment précis. Nous voulons, pour commencer, dire que dans la vie de l’Homme, tout le monde peut se tromper à un moment ou à un autre. Si cela advenait comme ici, nous ne voyons pas ce que ça coûterait pour des dirigeants, de se remettre en cause et faire marche arrière. Cela, M. Faure Gnassingbé vient de le faire. Beaucoup de gens ont trouvé que ces procès en cascade du président en ce moment contre la presse privée constituaient une très mauvaise initiative de sa part ».

C’est le Togo sous les Gnassingbé. On s’imagine les journalistes du monde ou du Canard Enchainé entrain d’égrener une pluie de remerciements à Nicolas Sarkozy d’avoir retiré ses plaintes. Au Lynx, on aurait dit que : « Faure a été conscient qu’il nous provoquait, et c’est tant mieux qu’il a été sage en retirant ce qu’il a déposé ». Quand on va jusqu’à demander à un journal 250 millions de Francs CFA comme dommages et intérêts dans un pays où la population vit avec moins de 1 dollar par jour, nous ne voyons pas ce que les confrères avaient encore à perdre en ne restant muets comme des carpes quand le plus « grand voleur de la République » s’égosille d’avoir retiré ses plaintes. En clair, on remercie quelqu’un qui vous a fait un bien. En retirant les plaintes, nous ne voyons aucun bien que Faure fait à la presse. Le mal il est là, et personne ne nous démentirait qu’un journal gracié  irait désormais loin dans ses investigations au Togo. Le traumatisme est si grand dans le monde de la presse que beaucoup ont eu des conseils selon lesquels, il vaut mieux s’aligner que de se mettre les Gnassingbé à dos. Tout ce que les confrères ont dit contre Faure était tellement vrai pour que ces derniers plient aussi facilement pour une histoire de retrait de plainte. Un tour de Faure et revoilà la presse indépendante dans sa nasse.
 
Ensuite l’Indépendant Express
 
Pour histoire de dessous de jupes, le confrère Carlos Kétéhou n’est pas le seul à abonder dans le même registre de Faure. Le Lynx s’y était longuement étendu. Agbéyomé Kodjo n’était pas du reste. Et ensuite, vient le bouche à oreille dans le tout Lomé. Combien sont-elles ces petites filles à s’égosiller dans le tout Togo avec des arrogances monstres  et dire que je suis la copine de Faure. On n’aurait pensé que le confrère par un sursaut de volonté, allait trouver l’énergie qu’il fallait en envoyant  Faure paître. Patatras ! Carlos Kétéhou n’a pas eu les forces nécessaires. Le journaliste a préféré jeter les armes par terre avant l’ultime combat. L’homme aussi sait qu’au pays de Faure, il faut faire l’âne pour avoir le foin. « Au Togo si tu veux du manioc, il te faut Faure », chantait Kofi Olomidé. Et le site de propagande de la République de dégainer magistralement une pluie de remerciements du confrère : « Joint au téléphone, Carlos Kétehou remercie le chef de l’Etat… ».

Chacun veut profiter de la donne.

On a vu le Dr David Ihou raser les sites onlines d’information avec un long réquisitoire contre les journalistes. Pour enfin dire qu’il écrirait personnellement au chef de l’Etat pour qu’il retire ses plaintes. Ensuite des chefs des collectifs  de la corporation des journalistes qui dansent et entonnent les mêmes chansonnettes et au même rythme : Akpekaka kaka kaka ! C’est ça le Togo des Gnassingbé et Faure sait que le Togolais n’est pas l’ivoirien.

Taffa Biassi Lynx.info

 

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