PétroGate au Togo : La balle est désormais dans le camp des citoyens patriotes [Par Le Vieux]

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S’il est vrai que l’inspection des finances publiques a déligenté une enquête sur l’affaire et que cette enquête a donné lieu à un rapport officiel qui confirme les allégations du Journal l’Alternative, de quelle preuve le ministère public a-t-il encore besoin pour acquitter les prévenus dont les allégations ont ainsi été confirmées par l’enquête officielle ? Mieux encore, pour engager des poursuites judiciaires contre les personnes impliquées dans les malversations mises à jour par l’enquête de l’inspection des finances publiques ?

Les prévenus sont accusés de diffamation au préjudice moral du plaignant qui clame son innocence. En clair, le plaignant récuse les informations publiées par l’Alterntive et son directeur.
C’est un aspect de la procédure. Le second aspect relève du ressort du ministère public, garant de la protection de la loi pénale et des intérêts de l’Etat. Même l’absence de toute plainte, le ministère public est tenu d’ouvrir une information judiciaire à l’encontre des personnes mises en cause, y compris même le journal qui a ébruité le supposé scandale. C’est son rôle de protection de l’intégrité morale des citoyens, de l’ordre public et des intérêts de l’Etat.

Et dans le cas où les allégations se trouvent confirmées par des indices sérieux, crédibles, le ministère public passe à l’étape de poursuite judiciaire contre les auteurs présumés de malversations. Dans le cas contraire, il peut poursuivre le journal pour publication de fausses informations attentatoires à l’honneur des personnes concernées.

Toutefois, il convient de mettre un bémol. Nous ne connaissons pas tous les tenants et les aboutissants du dossier. Nous exposons très sommairement ici juste une vue doctrinale. Il est aussi vrai que la loi togolaise accorde une trop large latitude au ministère public pour juger à sa discrétion de l’opportunité de poursuivre ou non un prévenu. Même sous cette réserve, le journal l’Alterntive devrait pouvoir se prévaloir des résultats concluants de l’enquête de l’inspection des finances que le ministère public ne peut prétendre ignorer sans nuire gravement à sa propre intégrité. Le montant chiffré des vols allégés n’a vraiment l’importance qu’on semble vouloir lui donner. L’important c’est le vol avéré, c’est ce vol qui culpabilise le plaignant et enlève toute légitimité, et tout fondement à sa plainte pour diffamation. Le vol avéré vient confirmé la véracité des informations publiées par le journal et blanchit le journaliste. La loi réprime l’acte de vol et non pas le montant de la somme volée.

Revenons au rôle des citoyens pour obtenir justice et réparation.

Ils sont les principales victimes de la corruption et divers autres crimes économiques punis par la loi togolaise.
Dans cette affaire, les citoyens, l’Etat et les autorités togolaises se retrouvent engagés – une fois n’est pas coutume – dans le même camp pour un même combat.

En effet, depuis au moins son troisième mandat, le chef de l’Etat a officiellement, publiquement déclaré hors-la-loi la corruption, le détournement des deniers publics, tous les actes de gouvernance qualifiés de crimes économiques par la loi..!
Dès lors, il est constant de noter que les différents gouvernements ont inscrits ce combat contre tous ces actes hors-la-loi au cœur de leur programme de politique générale approuvé par la représentation nationale au nom du peuple togolais. Il y a là, non seulement un intérêt commun entre les autorités et le peuple togolais, mais au surplus, les citoyens et les autorités du Togo, conviennent sans contredit qu’il y va dans l’intérêt vital de la nation d’engager un combat de salut public contre ces fléaux dévastateurs qui ruinent impunément le pays.

Nous ne sommes plus dans une posture de dénonciation stérile, mais d’engagement réel, sincère, déterminé et résolu pour mettre fin à ces pratiques scandaleuses.

Nous espérons sincèrement que les forces vives de la nation, dans un sursaut patriotique ultime vont transcender tous les clivages pour prendre les autorités au mot, les engager à livrer un combat effectif et à leur apporter le concours efficace nécessaire.

Qui sait, ça pourrait ouvrir la voie royale pour conduire le pays vers une gouvernance plus soucieuse des intérêts vitaux de la nation et du bien-être des populations. Les voies de la Providence sont insondables, mais non fermées, ni interdites aux humains qui croient en la bonté de Dieu.

Que le bon Dieu nous accorde sa bonne grâce et nous protège tous.

Le Vieux

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