Patrick Lawson : La manifestation de samedi 27 mars aura bel et bien lieu

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Suite à la dispersion de la veillée de chants et de prières de mercredi, Le ministre de la sécurité, le Col. Titikpina a décidé d’interdire toutes les manifestations de protestation de l’opposition pour préserver la paix sociale. Pour en savoir plus sur la réaction du Frac sur cette interdiction, nous avons approché M. Patrick Lawson, Vice – président de l’Union des Forces de Changement (UFC), membre du Front Républicain pour le Changement et l’Alternance (FRAC). Il nous a livré ses impressions après l’événement, établit le bilan des blessés et se prononce sur l’interdiction de la marche de samedi.

La veillée de mercredi s’est terminée en queue de poisson en raison des jets de gaz lacrymogène que vous avez essuyés. Quelle est votre réaction face à cette situation ?

C’est malheureux parce que c’est la preuve que le Togo n’a pas changé. Le Togo de 2010 ressemble comme une goûte d’eau au Togo de Gnassingbé père. Je dirai même qu’au temps d’Eyadéma, avant même qu’on ne lance des gaz lacrymogène, il y avait des sommations. Il y avait même des discussions préalables. Ce qui est réglementaire. Mais avec ce régime, on lance les gaz comme ça. Et en plus on vous prend en étau, comme par une volonté de tuer. Cela me suscite un sentiment de révolte. Parce que c’est incroyable que des choses comme ça puisse encore se passer au Togo après 2005. Parce que le nombre de morts qu’on aurait pu avoir aurait mis dans une position difficile ce régime.

Il y a le dossier du 2005 qui est pendant devant les Nations Unies et d’une façon silencieuse devant la Cour Pénale Internationale. Je suis attristé parce qu’on a comme l’impression que ceux qui nous dirigent n’ont aucun sentiment pour ce peuple. Ce peuple rassemblé pour prier, pour demander à Dieu de les sauver de la situation actuelle, ce peuple rassemblé pour demander la paix pour le Togo. Et voilà ce qu’on leur donne en réponse.

Quel bilan établissez-vous après la bousculade de mercredi soir ?

Nous avons plus de 100 blessés : parmi eux il y a des très âgés comme Maman Atakpaméto, 91 ans, Godwin Tété 83 ans. C’est encore une fois la preuve que cette rencontre n’est pas faite pour semer la violence ou quoi que ce soit. Sinon, on n’aurait pas pu inviter des gens de cet âge pour la manifestation.
Après, on nous parle des kidnappings et nous sommes en train de demander à nos militants de signaler ces cas pour qu’on puisse établir une liste et voir ce qu’il y a lieu de faire. Nous avons plus de 302 chaises de près de 5 000 FCFA l’unité, endommagées. Des journalistes qui sont juste venus en reportage, qui ne sont pas de l’UFC ont été bousculés et on déplore la disparition de tout le matériel de reportage de TV7. C’est le cas également de l’hebdomadaire, « Plume libre ». Ce sont des choses que nous déplorons en dehors des autres casses qui concernent nos propres appareils qu’on utilise régulièrement pour les conférences de presse, les marches ect… Des sacs des femmes qui ont été volés ou simplement ont disparu avec de l’argent à l’intérieur. Des portables qui sont perdus…

Jusqu’à ce jeudi soir, quelle est la situation au niveau des blessés ?

Dieu merci ! Ceux qui sont âgés, on leur a fait suivre la radio, on a trouvé que certains ont eu de la fracture au niveau de la clavicule. D’autres des fractures au niveau de la hanche, des fractures au tibia… Heureusement la plupart sont rentrés chez eux. Le dernier vient aussi de rentrer avec des blessures et ordonnances. Voilà la situation que nous avons.

Un autre défi qui attend le FRAC est la marche de samedi qui vient d’être interdite par les autorités. Votre réaction ?

Nous, nous nous conformons toujours à la constitution qui protège le droit de manifester. Nous organisons toujours nos manifestations en écrivant au ministre en charge de la protection des manifestations à savoir le ministre de l’Administration Territoriale et celui de la Sécurité publique. Nous l’avons fait. A l’heure où nous vous parlons nous n’avons pas de réponse négative. J’apprends qu’il y a un communiqué qui interdit les marches.
Je ne comprends pas comment un régime qui prétend avoir gagné puisse interdire des marches de protestations. Moi si j’avais gagné, j’allais laisser les gens manifester. A eux d’être fatigué. Mais je ne toucherai à un seul poil de leurs cheveux.

Devant cette interdiction, la marche tiendra-t-elle encore samedi ou allez-vous renoncer ?

C’est méconnaître les membres de l’Union des Forces de Changement (UFC) en particulier et du FRAC en général. Nous ne ferons rien de négatif, nous ne faisons rien d’illégal. Donc rien ne peut nous arrêter. Parce que ce peuple a besoin d’espérance. C’est cette lutte que nous menons qui les contient. Sinon cette jeunesse se serait déjà éclatée et le pire aurait pu déjà arriver au Togo. Ceux qui nous gouvernent doivent le comprendre et pour cette raison, nous ne pouvons pas abandonner cette jeunesse debout qui demande à ce que ces manifestations puissent se faire. Cela constitue un exercice d’exorcisme pour ces jeunes frustrés, ces jeunes déçus par ce régime.

Aujourd’hui, nous avons reçu une invitation bien sûr verbale du ministre de l’Administration territoriale pour une rencontre ce matin à 9 h. Ensemble au FRAC nous venons de décider de nous rendre à cette invitation et rencontrer les ministres qui seront présents pour leur dire que ces manifestations ne sont pas faites pour semer la violence. La preuve, jusqu’à présent, nous ne lançons pas de cailloux, nous ne brûlons pas de pneus. Nous n’avons rien fait de mal et donc ils doivent nous laisser manifester comme cela se passe dans toutes les démocraties. En prenant soin de bien encadrer les manifestations pour que les fauteurs de trouble ne viennent pas semer de zizanie dans nos rangs comme ce fut le cas hier soir.

En clair vous maintenez malgré tout, la marche de samedi ?

La manifestation de samedi 27 mars aura bel et bien lieu. Rassemblement à Kondjindji à 08 h.

Koaci-com

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