Nous avons failli, nous devons demander pardon aux Ivoiriens !

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Nous avons failli, nous devons demander pardon aux Ivoiriens!

De quel corps d’élite suis-je ? A quel point de contact ai-je combattu ? Combien de gueules puantes FRCI ai-je versé ?

Oui, j’ai assez fait en ces jours-là ? Mais quel est mon résultat final ?

Je n’ai pu intercepter la « Mercedes Noire ». Je n’ai pu mettre la main sur ceux qui ont commandité l’attaque de la RTI en 2000 et en 2001.

Je prétendais voir le dos du nageur armé qui fonçait droit sur les miens pour les liquider, mais, j’ai plaisanté avec et les miens sont décimés. Depuis le 19 septembre 2002.

Les survivants de l’agression intolérable et inacceptable de 2011 sont traqués, humiliés, embastillés. Je râle de rage et je ne suis capable de rien de sérieux. Je me suis fait cueillir comme un débutant et ceux qui ont cru en moi ont l’âme livrée au doute et … à la résignation.

Ai-je alors été un Guerrier digne sur qui femmes et enfants peuvent compter et ont compté à tort ?

J’ai failli, et je dois demander pardon. A mon peuple. A la manière qui grandit mon peuple déçu de moi et humilié davantage ; nargué ; provoqué ; silencieux…désormais dangereux comme nul mortel ne peut l’imaginer.

Raser tous les symboles de son humiliation ; faire saigner le tueur à sang froid ; prendre ce Mossi vivant, le lier les mains dans le dos, remettre en marche ce qui restera de RTI et le présenter à mon Peuple.

Oui, j’ai besoin de demander pardon ! Plus d’une fois.

Réunir mes hommes, préparer la montée triomphale vers Bouaké, symbole humiliant du viol barbare de ma Nation aux couleurs souillées ; faire gémir les égorgeurs de Gendarmes ; raser les symboles de ma honte d’hier.

J’ai demandé pardon pour la deuxième fois. Mais mon peuple a les yeux rivés sur Duékoué, ville martyre, symbole du massacre froid et satanique d’un Peuple bon.

Je réunis mes hommes, les meilleurs. Et je purifie Duekoué. De façon radicale et sans état d’âme.

Je fais pleurer de joie la veuve. Je fais rire l’orphelin qui voit en moi, « papa » de retour pour laver l’affront d’une manière qui apaise plus d’une décennie de douleur. Je redonne espoir. Plus jamais mes terres ancestrales ne seront laissées pour compte. Je suis enfin de retour. Chez moi.

Puis à la fin. Je révèle la Côte d’Ivoire nouvelle. Forteresse infranchissable par l’envahisseur apocalyptique. Débarrassée du projet de destruction des valeurs morales, coutumières et religieuses qui ont toujours fait la grandeur de mon peuple ; débarrassée de cette Assemblée Nationale lépreuse et de cet Etat de voyous ; débarrassée de cette imposture qui humilie toute l’Afrique digne ; débarrassée de cette Economie colonisée ; débarrassée de l’arrogance fasciste. Pour toujours.

Quand j’aurais fait tout ça, alors, j’aurais demandé pardon aux Ivoiriens.

Et comme j’ai besoin de faire tout ça, si je veux que l’Eternel des Armées soit Glorifié et que mon Peuple soit restauré, comme ce Dieu Vivant qui ne se trompe jamais me le demande, alors, je dois demander pardon aux Ivoiriens. Et l’insensé qui m’a prié de demander pardon aux Ivoiriens a justement prophétisé sur ce devoir qui est mien.

Que toute la Côte d’Ivoire bénisse le Seigneur !

A Très Bientôt.

Hassane Magued

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