Mr H. Konan Bédié : Quel est votre héritage pour la Côte d’Ivoire ?

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Je m’interroge encore et encore. Je n’ai point de réponse. Alors je m’adresse à vous. Qui mieux que vous peut nous expliquer ce que vous entendez léguer à la Jeunesse ivoirienne, aux femmes ivoiriennes, à la Jeunesse de votre parti, je veux parler de l’ex-PDCI-RDA, confondu et dissout dans le RHDP de l’Imposteur Dramane OUATTARA. Si je porte mon questionnement devant vous, c’est parce que j’ai passé en revue tous les BEDIE que la Côte d’Ivoire a connus, aucun d’eux ne me semble avoir laissé, même une aiguille à la Côte d’Ivoire. Alors je m’adresse à vous avec insistance : Quel est votre héritage pour la Côte d’Ivoire ?

J’ai entendu parler du BEDIE qui a fait rêver Houphouët Boigny

Celui-là était Ministre de l’Economie. Il semblerait qu’il fût l’un des artisans du « Miracle Ivoirien » des années 70. Avec les Chaînes Pack, Agri Pack, SODE (Société de Développement), etc., ce BEDIE-là a incarné pour un court instant, le rêve ivoirien. De lui, Houphouët ne disait-il pas, qu’il avait « une mémoire électronique » ?

C’est votre propre témoignage, « Dans les Chemins de ma Vie ». Houphouët voulait rendre ainsi témoignage à votre perspicacité de l’époque, votre sens des affaires, puis « patatra » : vous avez fêté vos premiers cinq milliards de francs CFA. Cela a mis le Vieux en colère et il vous a débarqué. Mais cet homme sage savait utiliser tout un chacun. Même les plus pourris avaient leur place auprès de lui, ne serait-ce que pour faire le sale boulot. Alors, il vous a donné d’autres chances, d’autres opportunités de renouer avec la confiance.

Lui, avait tracé les sillons de la diplomatie politique, de la diplomatie économique, de la diplomatie sécuritaire. Au plan politique, il n’a rien inventé. Il a juste fait comme le Roi Salomon : tisser des alliances avec les voisins pour éviter que ceux-là servent de base arrière aux déstabilisateurs. Au plan économique, il a donné à César ce dont il avait besoin : l’exclusivité des marchés d’infrastructure à la France sans oublier les stocks de devises étrangères issues de la vente du cacao, dont César avait aussi besoin pour spéculer sur le marché financier et stabiliser son économie. Au plan de la Sécurité, c’était le pacte avec Israël qui lui a mis à disposition l’Agent Dominique devenue Madame Imposteur alias OUATTARA. A celle-là, il faut ajouter les Patrons et Agents du MOSSAD, disséminés à travers des sociétés de travaux publics dont je vous prie de ne pas m’en tenir rigueur si je ne révèle pas les noms.

Il suffisait pour ce BEDIE qui faisait rêver Houphouët d’hériter de ce système, de l’alimenter au sens propre comme au sens figuré, et alors il aurait eu les coudées franches pour mettre au service de la Côte d’Ivoire, son sens déconcertant des affaires.

J’ai vu le BEDIE orgueilleux

Ce BEDIE-là n’a pas hésité à balayer du revers de la main, le système mis en place par Houphouët en croyant qu’il pouvait voler de ses propres et seules ailes. Ah ivresse quand tu nous tiens ! Ivresse du pouvoir, ivresse d’une personnalité qui perd la tête devant des milliards soustraits des caisses de l’Etat sans état d’âme, ivresse tout court d’un homme qui croyait que la fortune donnait un supplément de charisme. Mais « in vino veritas » ; le disent si bien les latins. Parce qu’en effet, « la Vérité se trouve dans le vin ».

Ce BEDIE que je ne regrette pas d’avoir connu, voulait cracher du feu comme un dragon. Il voulait inspirer la crainte plus qu’Houphouët, sans pourtant s’offrir un champ de lucidité. C’est ce qu’on appelle faire le petit malin. OUATTARA l’a frappé et il ne s’est pas relevé. Il ne s’est non plus réveillé de l’ivresse.

Une douzaine d’années plus tard, il semble finalement avoir trouvé sa »gloire » dans un certain rôle de parrain malgré lui. Le parrain du Voltaïque. Et il comprit que l’orgueil précède toujours la chute. Parce que sans cet orgueil, il aurait pris le soin d’écouter les Patrons du MOSSAD qui ont pourtant fait mains et pieds en vain pour le rencontrer, pour lui annoncer que OUATTARA voulait le renverser et qu’il y avait des dispositions à prendre. Il aurait aussi écouté un certain Bombet, alors ministre, qui lui avait pourtant révélé que feu le Général GUEI les avait réunis pour leur annoncer que OUATTARA lui avait demandé de prendre le pouvoir mais qu’il n’allait pas laisser le Voltaïque diriger la Côte d’Ivoire, parce qu’il croyait dur comme fer que l’heure était venue pour que les Six Cercles de Man, qui ont aidé Houphouët à vaincre les Progressistes, dirigent enfin la Côte d’Ivoire.

Je n’ai pas compris le BEDIE vindicatif contre Laurent GBAGBO

Ce BEDIE-ci, reprocherait à GBAGBO d’avoir soutenu OUATTARA, de lui avoir mis les bâtons dans les roues, lorsqu’il avait été de 1998 à 1999, sur le point de neutraliser ce Voltaïque à qui il avait offert en son temps, gîtes et couverts aux Etats-Unis et qui contre toute attente, veut lui contester sa légitimité d’héritier. Il reprocherait notamment à GBAGBO d’avoir qualifié le coup d’Etat qui l’a emporté, de « coup d’Etat salutaire ».

Il se sait fatigué par l’usure du temps. Il sait que la façon dont il a perdu le pouvoir sans même offrir des signes d’une capacité de résistance comme un vrai Chef Akan, n’a pas plu à certains de ses caciques supporters qui ont vu en lui, la stature d’un petit chef qui ne mérite pas leur confiance. Mais il voulait tenir son agenda de revanchard. Il aurait laissé la place à un autre cadre du PDCI que ce parti aurait peut-être pu revenir au pouvoir. Mais que non. Il fallait qu’il se mesure à Laurent GBAGBO, à Dramane OUATTARA et batte à la régulière, ces deux hommes qui lui ont mené la vie dure, chacun à sa manière. GBAGBO avec les outils démocratiques. OUATTARA avec les armes. Comme toujours, il a sous-estimé la capacité de nuisance de Dramane OUATTARA. Faux en tout, il lui piqua sous la menace de ses bandits armés, toutes les voix électorales dans les régions du Nord. Puis deux jours après sa débâcle électorale, il vit OUATTARA revenir de Dakar. Avec la caution personnelle de Wade, il avait pu bénéficier d’un appui financier de la Mafia Russe à travers une banque islamique pour un montant de quarante deux milliards de francs CFA. Cet imposteur qui prospère dans la pègre internationale lui aurait alors remboursé la somme de quatre milliards de francs CFA, que ce BEDIE manipulé et vindicatif prétend avoir dépensée durant la campagne pour les Présidentielles de 2010. En retour, sans même consulter le Bureau politique de son parti, cet autre BEDIE appela à voter le Voltaïque au second Tour du 28 novembre 2011. Ouai ! C’est ça. « Hic ! » Et encore « hic ! » La vérité était dans le vin.

Je m’interroge sur les agissements du BEDIE devenu le Gourou préparant le suicide collectif

L’homme sait qu’il est fini politiquement. Il sait aussi qu’il tire lentement sa révérence de cette terre qui lui aura tout donné. Donc il n’a plus rien à perdre.
Cependant, il veut s’en aller avec tout. La Côte d’Ivoire paisible qu’il a connue et qui a fait la fierté de ses compatriotes. Il veut que tout soit détruit pendant qu’il tire sa révérence. Un tas de ruine, un peuple martyrisé, des vies brisées, des jeunes sans avenir. Le Voltaïque a sa bénédiction pour faire ce qu’il veut de la Côte d’Ivoire. Parce qu’il est rentré dans ses fonds lorsque OUATTARA lui a remboursé ses impenses lui ayant permis d’entretenir de faux espoirs au PDCI.

Même le parti d’Houphouët Boigny peut aller au diable. Comme cette Côte d’Ivoire qui ne s’est pas mobilisée pour sauver son pouvoir et qui se mobilise pour GBAGBO Laurent. Qu’a-t-il apporté de plus à la Côte d’Ivoire que lui BEDIE n’aurait pas apporté en dizaines de fois. A un peuple ingrat, un héritage d’ingratitude doit être offert. De toutes les façons, l’ingratitude est la chose la mieux partagée de nos jours. Alors « Basta ! Et débrouillez-vous avec mon Voltaïque ! »

Ainsi semble se résumer l’héritage que BEDIE entend laisser à la Côte d’Ivoire qui lui aura pourtant tout donné. J’espère que je me trompe. Sinon, je dirai que le Peuple ivoirien qui comprend un peu mieux chaque jour qu’il a été mis à prix, doit prendre, sans délai, son destin en main. A cette fin, la Révolution Permanente lui offre une opportunité unique et historique.

Quant à ce BEDIE en passe de finir en fils irrémédiablement indignes de la Côte d’Ivoire, je voudrais rappeler que le Voltaïque n’a aucun avenir en terre ivoirienne. Et si c’est lui qu’il a trouvé comme héritage pour la Côte d’Ivoire, permettez-moi d’insister auprès de lui : la terre ivoirienne ne fait pas pousser du Voltaïque. Elle ne fait pousser que de l’Ivoirien. Pour le reste, dites-lui de ma part que : Heureusement que tout se paie sur terre !


A très bientôt.

Hassane Magued

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