Mouammar Kadhafi : Vae victis*

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Malheur aux vaincus, épitaphe que l’Occident criminel grave métaphoriquement sur la pierre tombale de tous les leaders africains qui ont osé le défier.

Elle est également, depuis le jeudi 21 Octobre, la dernière phrase du grand livre retraçant la vie et l’œuvre de Mouammar Kadhafi.

A bien des égards, l’année 2011 restera une annus horribilis** pour les africains ne connaissant de la colonisation uniquement le récit qui peut en être fait dans les livres d’histoire et pour ceux, trop nombreux, qui espéraient en la possibilité de relations apaisées avec l’Occident criminel.

Il apparait clairement que rien n’a changé.

Oubliée la pathétique célébration du cinquantenaire des pseudo-indépendances octroyées par le bandit De Gaulle​. Cérémonie où se pressèrent les laquais nègres de la France, à tu-et-à-toi avec Nicolas Sarkozy, certainement avec le Général De Gaulle, le président de la Vème république le plus violent à l’endroit de l’homme africain.

Il fallait être bien sot ou bien naïf pour déceler, dans ces effusions factices, la promesse d’un rééquilibrage des relations existant entre la France et ses anciennes colonies. Les agressions menées par la France, la maudite, en Côte d’Ivoire et en Libye sonnent comme un rappel et un défi pour les africains.

Un rappel fait aux africains…

En cela le choix est clair, il n’existe pas d’alternative : la voie de la radicalité dans la définition des relations futures de l’Afrique avec l’Occident est une évidence, qui seule, revêt l’apparence du bon sens.

L’action des bandits occidentaux, rassemblés sous les bannières de l’ONU et de l’Otan en Afrique, est un rappel sans équivoque de la nature des rapports actuels : ils ne sont que liens de subordination et de domination renforcés par l’usage de la violence la plus aveugle et la plus barbare.

Afin de ménager ses opinions publiques et dissimuler ses velléités de recolonisation, l’Occident se dissimule derrière le paravent de la morale et des grands principes établissant les Droits de l’Homme pour justifier un interventionnisme qui n’aurait pas déparé au XIXème siècle.

Pour minimiser les pertes, il use de bombardements aériens qui n’ont rien de chirurgicaux. Frappant à l’aveugle selon la doctrine de l’Overwhelming Force développée en son temps par Colin Powell et appliquée à l’Irak, il transforme les villes-champs de bataille en cimetière à ciel ouvert, envoyant par la suite des ONG, n’ayant pour seule raison d’être que la persistance de sa barbarie, dispenser un réconfort superficiel. Au sol, il se contente de déléguer le sale boulot à des supplétifs autochtones, porteurs de valeurs telles que le viol et la purification ethnique (Les Dozos ouattaristes) ou l’épuration anti-nègre (les bandits en babouches du CNT).

Si le besoin se fait sentir, au regard de la nullité de ses comparses locaux, il parachute des forces spéciales au sol, dans le but avoué d’appuyer et diriger les manœuvres décisives que, les traitres autochtones armés par ses soins, seraient bien en peine d’effectuer par leur propres moyens (les prises de Tripoli et de Syrte en sont les exemples parfaits).

Le processus, quelles que soient ses variantes, rappelle dans sa cruauté que la volonté d’hégémonie de l’Occident criminel est toujours une réalité et une donnée intangible de l’expression de ses relations internationales.

L’africain, conscient et respectueux de ses droits, ne peut plus se permettre de se bercer d’illusions : l’Occident est son ennemi irréductible. Suivant cette constatation il doit accepter le rapport d’affrontement et de guerre permanente existant, entre lui et son adversaire multiséculaire.

L’accepter au sens où il devra, impérativement, mettre en œuvre les moyens de s’opposer et de répliquer à cet impérialisme d’un autre âge. De fait, il n’y aura pas de liberté pour l’homme noir, sans que celui-ci ne reconnaisse l’impérieuse nécessité de rentrer en guerre ouverte avec l’Occident.

Toute autre solution que la résistance et la confrontation frontale ne serait que l’acceptation d’une domination ne cessant d’être sophistiquée et puisant sa force dans les renoncements africains.

Le choix de la réaction, seul permettra à l’homme africain de recouvrer honneur et confiance en lui, il forcera mécaniquement l’Occident si ce n’est à le respecter, du moins à le craindre.

Mais ceci est un simple rappel de ce que l’Afrique sait déjà, l’innovation est dans la symbolique du défi, imposé sans ambiguïté à l’homme africain du XXI ème siècle par l’Occident criminel.

Un défi à relever…

La doctrine occidentale qui sous-tend le redéploiement stratégique occidental en Afrique, la nouveauté de la position renforcée de l’ogre étasunien sur le continent, sonnent comme un défi jeté à la face de l’homme africain. En procédant de la sorte, au vu et au su des populations civiles autochtones et des diasporas vivant en Europe, l’Occident criminel pose le cadre d’un challenge qu’il est du devoir de l’homme noir de relever.

Seules les opinions publiques occidentales peuvent gober les fariboles humanistes et moralisantes qui sous-tendent le colonialisme “nouvelle mouture“, imposé par la «Communauté Internationale».

Le noir, lui, à part celui qui se trouve définitivement lobotomisé par la «magie blanche», est bien conscient du crachat au visage qui lui a été envoyé, à deux reprises cette année, par le gang de la «Communauté Internationale» blanche (est-il besoin de préciser).

Il est également conscient que son ennemi scrute sa réaction, pour mesurer la nature de l’engagement qu’il aura à fournir dans le futur, afin de maintenir ses positions en Afrique, son accès aux richesses du continent et faire pièce à une présence chinoise, se révélant chaque jour plus menaçante pour ses intérêts.

En un mot comme en cent, l’africain (homme ou femme) est-il prêt à payer le prix élevé de son émancipation?

La violence et la barbarie occidentale, déchainées sans retenue sur le continent noir, démontrent sans équivoque possible qu’aux yeux de l’impérialiste, la réaction de l’asservi sera la dérobade, la fuite face à ses responsabilités, le choix de la négociation à la place de celui de la riposte.

L’option de la violence, de la lutte par les armes se pose aujourd’hui avec une acuité que seuls les inconscients se refusent de considérer.

Ce défi de l’action, d’une libération par l’affirmation d’un antagonisme assumé, et/ou par les armes ne peut plus être éludé.

Les beaux discours sur le développement et les transferts de technologies bercent les africains depuis plus de cinquante ans. Il serait en effet bien pratique que l’on nous donne à nouveau notre indépendance, suivant la même dialectique qui avait vu le maitre blanc accorder au nègre dans les fers, une liberté toute relative et un statut d’homme de seconde catégorie au sortir du régime de la ségrégation raciale. Il serait bien commode que l’on nous apporte le développement, le bien-être et la paix au sein de nos sociétés, enrobés dans un paquet cadeaux.

Cela éviterait à l’africain de s’assumer, d’agir par lui-même, de sortir et de rejeter la position d’assisté, réelle ou symbolique, où il végète et se complait depuis trop longtemps.

Ce défi est de l’essence même du combat, il définit ce que l’homme africain du XXI ème siècle acceptera d’être : un sujet ou un acteur de sa propre destinée, un homme fier ou une bête dominée et exploitée.

L’Afrique aux africains…

Nous ne pouvions mettre un point final à cet état des lieux, à l’attention du monde noir, sans adresser la marque de notre mépris le plus total à la classe dirigeante africaine actuelle.

Cette coterie de fainéants pitoyables et misérables, se cachant derrière l’UA pour ne rien faire, au mieux pour gesticuler.

Ces hommes sans amour-propre, qui d’aucune façon ne favorisent le réveil du continent.

Ces hommes ignorant le terme de prospective, inutiles et nuisibles, obérant de façon drastique les perspectives d’avenir de notre jeunesse miséreuse.

N’attendons pas de ces hommes sans honneur l’impulsion entrainant le relèvement de notre continent. Pour la simple et bonne raison qu’ils sont la principale raison des impasses africaines.

L’exemple ne pouvant venir d’en haut, au regard de l’indigence des principes qui animent ces incapables, ce n’est que des peuples et des sociétés civiles africaines que le changement et l’opposition radicale naîtront et prospèreront.

Que nos ersatz de dirigeants prennent conscience de la fragilité de leur situation, entre les peuples mécontents et insatisfaits, et un Occident criminel et sans éthique, ils se retrouvent entre le marteau et l’enclume.

Mais qu’ils se rassurent, une nouvelle génération d’africains est décidée à impulser une nouvelle direction au continent.

Décomplexée et consciente des responsabilités qui lui incombent, du fait des menaces présentes et à venir pesant sur l’Afrique, elle a saisi le rappel et relèvera le défi lancé par l’Occident.

Du poids de son engagement, elle en accepte le prix sans hésiter.

Aucune bataille ne se remportant sans pertes, aucune bataille importante ne sera remportée sans pertes importantes.

Vae victis*

Ahouansou Séyivé

 

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