Mathias Hlomador: Le syndicaliste espion au service de Faure

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Il peut être considéré comme le plus chanceux des Togolais. Avant d’atterrir dans le monde syndical, il ne faisait que se promener pour noyer ses soucis dans les verres de sodabi (boisson locale) en compagnie de son sauveur feu Assima Gnoukouya, l’homme qui l’a amené au syndicalisme. Lui, c’est Mathias Hlomador, actuel patron de l’Union Syndicale des Conducteurs Routiers du Togo (USYCORT) et secrétaire général de l’Union générale des syndicats libres (UGSL), que lui a laissé en héritage son ami Assima Gnoukouya. Mathias Hlomador pour ceux qui ne le savent pas, n’était qu’un chômeur dans tous les sens du terme avant de croiser la route de sieur Assima Gnoukouya enseignant à l’époque. Les deux amis devenus inséparables se rencontraient souvent autour de verres et de pots pour partager les difficultés. Entre-temps, le pouvoir de Lomé qui est acculé sur le front syndical, suscite la création de l’UGSL. Un machin pour amoindrir la pression des centrales proches de l’opposition. Pour diriger cette UGSL, Eyadema accepte que l’homme qui avait apporté beaucoup dans l’affaire Donou, Kokou Tozoun en soit le secrétaire général. Pour la petite parenthèse, Donou avait été recommandé à feu président nigérien Seyni Kountché qui était à la recherche d’un architecte de renom à qui confier des travaux dans son pays. Donou prend langue avec le numéro 1 nigérien et commence à offrir ses services. L’architecte togolais amasse une petite fortune et commence à inquiéter son bienfaiteur, feu Eyadema avec ses fréquentations. Plusieurs rapports sur ses accointances avec les adversaires redoutables du régime étaient sur la table du général. Donou était accusé d’être de comploter avec ceux qui voulaient abattre Eyadema à partir de leur base du Ghana. A l’époque, c’était un crime de lèse-général. Après cette parenthèse, poursuivons avec notre ami Mathias Hlomador qui, comme un chien de garde, n’était pas loin de son maître Assima Gnoukouya. Les deux échafaudaient des plans pour apporter plus de soutien à Tozoun lorsque par la volonté du général et pour services rendus, ce dernier fut nommé ministre.

 

Kokou Tozoun abandonna son poste de secrétaire général de l’UGSL au profit de son ami Assima Gnoukouya. Dieu soit loué selon Mathias Hlomador qui voit son heure enfin arrivée de gouter aux délices. Assima Gnoukouya fait feu de tout bois et introduit son pote chez les chauffeurs dont la majorité pour ne pas dire tous, sont analphabètes. Hlomador qui n’est ni chauffeur ni propriétaire de véhicule finit par être élu à la tête du syndicat des conducteurs et réussi grâce au soutien de qui on sait, à s’offrir le secrétariat général de l’USYCORT chapeautée par un certain Emmanuel Gnassingbé. L’homme propose et Dieu dispose, Assima Gnoukouya casse la pipe et laisse son siège à la tête de l’UGSL vacant. Un semblant de congrès est convoqué et par fidélité à la mémoire du défunt Assima, son ami Mathias Hlomador est élu haut les mains. Mathias Hlomador, l’homme sans emploi qui ne broyait que du noir à la maison devient secrétaire général de l’union générale des syndicats libres regroupant quelques syndicats de deux à trois membres proches du pouvoir. En tant que SG de l’UGSL, il siège au sein du conseil national du dialogue social et se permet d’être le porte-parole de l’intersyndicale devant des syndicalistes chevronnés. Si ce n’est au Togo, dans quel autre pays, un homme qui n’a jamais été employé ni dans l’administration publique ni dans le privé peut-il parler au nom des travailleurs ? Que sait-il exactement des conditions de vie et de travail des agents ? Avant d’être coopté par son ami feu Assima Gnoukouya, Mathias Hlomador n’avait ni qualification ni emploi. Mais aujourd’hui, l’homme est partout où les syndicalistes se retrouvent. Il enfile des costumes qui le dépassent au point de parler au nom de tous les travailleurs du Togo. Heureusement que la Synergie des Travailleurs du Togo (STT) a vite compris et a mis fin à la comédie qui n’a que trop duré. Bravo à la STT ! A l’heure où vous lisez ces lignes, Mathias Hlomador et ses potes sont en train de définir une ultime stratégie visant à saboter les efforts de la STT. Et ce, à travers une soi-disant coordination de six centrales pour « une unicité d’action ». Quelle unicité d’action encore quand la STT fait déjà du  bon boulot ?

Mathias Hlomador n’est pas un syndicaliste mais un espion dans le monde syndical dont les services sont rémunérés par le pouvoir. Il ne roule que pour lui et ses amis. Le reste n’est qu’une comédie. Des cas comme celui de Mathias Hlomador se retrouvent dans d’autres secteurs où d’aucuns par chance, l’aide des djoudjous et talismans réussissent à « formater les esprits » de leurs semblables qui ne leur refusent rien. Beaucoup ont réussi à faire passer leurs ambitions comme une lettre à la poste en usant de ces méthodes obscures répandues sur le continent. Ceci nous rappelle le monde des médias où certains qui ne savent même pas écrire leurs noms et prénoms s’affublent du titre de journaliste et se prennent pour le nombril de la presse au Togo.  Entre nous, comment peut-on être journaliste sans savoir lire, écrire en français correct et surtout sans mesurer la portée de ce qui est écrit dans son canard? Dire que dans le lot de ces journalistes pas comme les autres, il y en a qui sont tout à la fois sauf rien, militant, huissier, pasteur, journaliste, docteur, prêtre vaudou, vendeur de pièces détachées, géomètre, … Sans blague, on aura tout vu au Togo!

Taffa Biassi Lynx.info

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