Luc Michel avertit le président burundais : «Il ne faut pas aller à Arusha, c’est un piège des occidentaux»

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Le conseiller en communication du président de la République a procédé ce mercredi 4 mai à la présentation de ce ’’géopoliticien panafricaniste’’ belge comme un ’’ami du Burundi’’. C’était au cours d’une conférence publique.

Luc Michel : «Aller à Arusha, c’est aller à Canossa»Luc Michel : «Aller à Arusha, c’est aller à Canossa».

C’était une véritable grand-messe avec un officiant, Luc Michel et un maître des cérémonies, Willy Nyamitwe, le conseiller en communication du chef de l’Etat, pour la mise en scène. Et comme servants d’autel: Joseph Manirafasha, ’’représentant la société civile’’, proche du pouvoir, et Jean de Dieu Mutabazi, président du parti Radebu de la mouvance présidentielle.

Il y avait également deux proches du parti présidentiel : la Sénatrice Emérance Ahishakiye, une ’’Tutsi du Cndd-Fdd’’ et Juma Léonard Nduwayo, directeur de la radio nationale, un uproniste fidèle à Concilie Nibigira.

Et pour terminer le décor, en arrière-fond, des parlementaires et des cadres, pour la plupart militants ou sympathisants du parti au pouvoir. Ils n’ont pas hésité à applaudir ce nouvel ’’ami du Burundi’’ pour ses phrases incisives confortant le régime dans ses prises de positions.

D’après Luc Michel qui affirme, non sans fierté, avoir été initié au panafricanisme par le leader de la Jamahiriya arabe libyenne qu’il a servi pendant 25 ans’’, le dialogue inclusif d’Arusha est un piège diplomatique mené par les occidentaux.

«Le dialogue comme cela s’est fait dans d’autres pays africains doit se dérouler au pays, pas avec des partis fantoches, pas avec un gouvernement convoqué à la dernière minute alors que les autres ont été convoqués longtemps avant».

Selon ce ’’panafricaniste blanc’’, ce serait comme aller à Canossa à l’image de cet Empereur allemand parti s’humilier devant le Pape. «Ce n’est pas acceptable et cela ne va pas vous apporter la paix. Cette paix passera par la fin du terrorisme, le contrôle de la frontière avec le Rwanda, et c’est là qu’il faut une force d’interposition », a-t-il conseillé.

D’après lui, Il faut des conditions d’un dialogue national. «N’attendez pas trop des Nations Unies, elles ont échoué un peu partout. Depuis le Congo de Lumumba, je ne vois pas beaucoup de réussite. Le paix est entre les mains des citoyens», a-t-il martelé sous une salve d’applaudissements.

Derrière le Burundi, a-t-il conforté, il y a une immense opinion panafricaine qui vous soutient massivement. «Il y a, en coulisses, des chefs d’Etat gagnés au panafricanisme qui sont pour le Burundi. Ils sont contre cette histoire ubuesque d’envoi de troupes africaines à la demande de l’Union européenne», a-t-il révélé.

«L’UE ne fait que du chantage»

Il a tiré à boulets rouges sur cette organisation : «L’Union européenne tient l’Union africaine comme la corde soutient le pendu.» Dans pas mal de pays, tente-t-il de convaincre, l’UE paye le budget des fonctionnaires, soutient les élections.

Mais ce qui est scandaleux, s’insurge-t-il, elle impose des logiciels, des manuels et de missions de monitoring pour avaliser de fausses élections. «Arrêtons de faire du ramdam. Faites la paix entre les citoyens du Burundi, pour le reste, faites un mur vis-à-vis de l’extérieur, vous n’êtes pas seuls», a-t-il rassuré.

Et de faire un appel : «Il faut rejoindre le panafricanisme qui est la réponse au néocolonialisme, l’indépendance national, le respect du continent africain, il signifie un monde égal de nations multipolaires, pas un Léviathan qui vous domine de loin».

Ce nouvel ’’ambassadeur du Burundi’’ prévient : «N’attendez rien du bloc américano occidental, il n’apporte pas de solutions, il est le problème. Ce que vous vivez, c’est une déstabilisation venue de Washington, de Paris et Bruxelles. Les troupes d’interposition n’apportent rien de bon dans un pays, il n’y a dans leur sillage que des scandales, allez voir le bilan !»

Pour ce nouveau ’’conseiller’’ de Bujumbura, il faut plutôt consolider ces sessions de discussions pour faire la paix: «Je ne vois pas pourquoi aller chercher dans une ville étrangère sous une supervision de gens qui vous font du chantage économique, des solutions aux problèmes du Burundi.»

Désormais, conclut Willy Nyamitwe, Luc Michel est notre ’’ambassadeur’’. «Nous avons bien reçu ses conseils, nous allons les analyser, ce qu’on en fera, c’est à la discrétion du décideur», a-t-il confié avant de superviser la séance photo. Chaque cadre venu à cette conférence publique insistera pour avoir un ’’selfie’’ avec leur nouvel ’’maître à penser’’.

A l’issue de sa visite au Burundi, ce ’’géopoliticien panafricaniste’’ belge a rencontré le président de la République, Pierre Nkurunziza, une occasion de prodiguer ses conseils et de réaffirmer ses convictions.

Iwacu

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