Libye : Comment la bande à Sarkozy à détourné le mandat Onusien pour tuer Kadhafi (Mediapart)

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Mediapart ne lâche pas l’affaire ! Sur la lancée de la quête de la vérité sur les manœuvres -franco-onuso-otaniennes- ayant abouti à la mise à sac longue durée de la Libye et le meurtre spectaculaire en octobre 2011 de l’ancien dictateur Mouammar Kadhafi, le site a publié dimanche un autre dossier, « La guerre : l’autre dossier libyen de Sarkozy ».

Un dossier explosif qui met à nu le détournement du mandat de l’ONU par une coalition internationale placée sous l’égide de l’Otan, avec pour chef de file la France, tombeuse quelques mois auparavant de Laurent Gbagbo en Côte d’Ivoire. Et pour une fois, dans le rôle d’accompagnateurs, les Etats-Unis de Barack Obama et la Grande Bretagne de David Cameron. A noter que les deux derniers quidams qui ne sont plus aux affaires, dans leurs pays parlent aujourd’hui de leur implication dans cette sale guerre qui n’a rien résolu, comme d’une erreur monumentale dans laquelle les aurait précipités le tout aussi ancien nabab de la France, Nicolas Sarkozy, poursuivi aujourd’hui par le fantôme de celui qui l’a aidé financièrement à prendre les rênes de la France, mais qu’il a par la suite massacré par méchanceté gratuite.

Le mandat de l’ONU était clair : les pays membres de l’OTAN devaient uniquement protéger les populations, face à la furie du dictateur qui entendait utiliser la manière forte pour réduire les auteurs de la brèche ouverte dans la discipline de fer qui prévalait en Libye depuis la protestation en février des parentes (mères, épouses, filles et autres parentes…) des 1200 prisonniers de la prison d’Abou Salim exécutés le 29 juin 1996 à la mitrailleuse et à la grenade à la suite d’un soulèvement).

La protection des populations de la Cyrénaïque, notamment celles de Benghazi, ne signifiait nullement le renversement du régime ou l’entrée en guerre de l’Otan contre les dirigeants libyens. Mais Nicolas sarkozy et son conseiller technique faussement philosophe, Bernard Henri Levy, avec en appoint d’autres puissances occidentales, firent semblant de ne pas saisir les nuances du mandat onusien et s’acharnèrent sur un régime qui était finalement revenu à la raison et demandait même à l’ONU d’inviter la rébellion à observer un cessez-le feu, autrement dit, de se constituer en solution (et non en problème) de la crise libyenne.

L’ancien ministre français des Affaires étrangères, Jean Pierre Chevènement, le vit bien, lui qui déclara : « Nous avons détruit la Libye ».

«La Libye avait beaucoup de défauts à l’époque Mouammar Kadhafi mais la Libye exerçait un contrôle sur ses frontières. Nous avons détruit la Lybie. Il faut le dire. La France, l’Angleterre, sous l’impulsion de M. Sarkozy et de M. Bernard Henry Levy ont décidé qu’il fallait aller faire le ménage », dira plus tard cet ancien ministre de Mitterand puis de Chirac (parenthèse Jospin) qui avait déjà démissionné du gouvernement français en 1991 pour protester contre l’engagement de l’armée française dans la guerre en Irak, en expliquant « qu’il n’y avait pas de gloire à frapper un petit peuple qu’on a déjà ramené cinquante ans en arrière ».

Pour lui et pour de nombreux observateurs, le résultat de cette ingérence en violation totale de la résolution 1973 du conseil de sécurité des Nations unies du 17 mars 2011 qui ne faisait qu’autoriser la création d’une zone d’exclusion aérienne au-dessus de la Libye, le gel des avoirs de Mouammar Kadhafi, ainsi que « les mesures nécessaires » à la protection des civils, et qui excluait formellement l’occupation au sol, est le désordre dans lequel est installée la Libye sept ans après le renversement et l’assassinat de Kadhafi.

C’est ce que démontrent dans le dossier de Mediapart des diplomates arabisants et des spécialistes de la région, appelant au passage l’ouverture d’une enquête parlementaire en France pour faire la lumière sur les mobiles de l’implication néfaste de ce pays dans la haute et sanglante tragédie libyenne. Comme cela se fait dans les Etats qui ont la prétention d’être des démocraties. Car ce qu’il est convenu d’appeler le « Libyegate » ou « Sarkogate » est loin d’être seulement une affaire de corruption de haut fonctionnaire français par une puissance étrangère, et constitue par bon nombre de ses aspects, une affaire politique… de crime du sang !

Ndam Njoya Nzoméné

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