Les vérités de Maître AMEGANVI Isabelle, 3ème Vice Présidente de l’UFC

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LIBERTE : L’UFC a suspendu la participation de son candidat au processus électoral en cours, la campagne vient de démarrer. Est-ce que l’UFC participera au scrutin du 5 Mars 2010 ?

A M I : Faisant suite aux différents courriers, restés sans effet, adressés par notre parti à la CENI et relatifs aux innombrables problèmes qui minent le processus électoral, l’UFC a dû suspendre la participation de ses membres aux travaux de la CENI dans un premier temps puis ensuite celle de son candidat au processus électoral en cours. En effet :

1 – les opérations de révision de la liste électorale dans les Trois zones se sont déroulées dans une atmosphère d’impréparation, de confusion, de désordre, de sabotage et d’enrôlement systématique de mineurs et d’étrangers, savamment orchestrés avec la complicité active de certains chefs traditionnels, préfets et autres autorités publiques.

Lesdites opérations ont en outre été effectuées avec le concours d’un personnel généralement mal formé entre les mains de qui des matériels inadaptés et notoirement défaillants ont été mis.

De ce fait la liste électorale, entre autre, gonflée de mineurs et d’étrangers reste profondément contestable surtout qu’à la date prévue pour l’ouverture de la campagne électorale elle n’était même pas disponible pour affichage dans les centres de vote aux fins d’exercice par les citoyens des recours y afférents prévus par les dispositions du code électoral.

2 – Le problème de la traçabilité du bulletin de vote qui concourt à la transparence du scrutin n’a pas trouvé de solution face au refus injustifié des représentants du RPT présents à la CENI.

3 – Le refus des membres du RPT d’adopter des mesures consensuelles d’authentification du bulletin de vote constitue une source d’inquiétude quant à la crédibilité du scrutin.

4 -Le pouvoir RPT refuse systématiquement et de façon injustifiée de reconnaître et d’accepter la publication par les médias des résultats provisoires publiquement affichés dans les bureaux de vote.

5 – Les représentants du RPT à la CENI refusent obstinément d’adopter les textes, actes et procédures devant assurer et garantir la régularité, la sécurité, la transparence du scrutin et le libre exercice par les électeurs de leur droit.

6 – la suppression du vote anticipé n’a également pas été réglée.

Pour corriger toutes ses anomalies qui ne sont pas de nature à garantir la transparence du scrutin, l’UFC a en vain, sollicité le report d’un (1) mois du scrutin afin de permettre d’une part la reprise de la révision de la liste électorale, la résolution des points inhérents aux mesures de traçabilité et d’authentification des bulletins de vote, l’adoption par la CENI des textes, actes et procédures inhérents à la centralisation et la transmission des résultats du scrutin, la résolution consensuelle des problèmes relatifs à la suppression du vote anticipé, à la publication par les médias des résultats provisoires publiquement affichés dans les bureaux de vote, à la formation conséquente des personnels électoraux.

Face au refus du pouvoir RPT d’accéder à la demande légitime de l’UFC, elle a dû suspendre la participation de son candidat au processus électoral car elle n’entend point entraîner les populations qui ont tant souffert dans une aventure périlleuse aux conséquences calamiteuses.

LIBERTE : Il existe depuis deux semaines une confusion totale dans votre parti. Que se passe t-il exactement ?

Je tiens d’abord à affirmer de manière solennelle à l’attention de tout le peuple Togolais qu’il n’existe en réalité aucune confusion dans l’UFC.

C’est vrai que pour des raisons inavouées qui leur sont personnelles, quelques Trois ou Quatre personnes en mal de sensation, dans un « one man show » puéril et ridicule, s’agitent inutilement depuis quelques temps pour faire croire qu’elles ont une quelconque compétence pour remettre en cause des décisions régulièrement prises par les instances dirigeantes du Parti.

Je rappelle avant toute chose que l’UFC est un grand parti politique régulièrement structuré qui statutairement tient son Congrès tous les trois (3) ans. Entre deux congrès (le dernier congrès a eu lieu en 2008), c’est le Bureau National composé de Soixante Dix Sept (77) responsables qui demeure l’instance dirigeante compétente pour prendre les grandes décisions engageant tout le Parti.

Voici en très bref résumé le film des événements :

Le 13 janvier dernier, seulement deux (2) jours avant la clôture du dépôt des candidatures à l’élection présidentielle de 2010, le bureau national a été informé de l’accident dont a été victime à Washington le Président National, Monsieur Gilchrist OLYMPIO candidat de l’UFC, lequel accident lui a occasionné un mal de dos l’empêchant de revenir dans le délai imparti à Lomé pour accomplir les formalités restantes de dépôt de signature à la Cour Constitutionnelle et de visite médicale auprès des Trois (3) médecins assermentés.

Le Bureau National, passées l’émotion et la consternation et après avoir pris à l’unanimité des membres présents la résolution de tout mettre en œuvre pour que le Parti soit obligatoirement représenté par un candidat à l’élection présidentielle en cours, a dû prendre sans désemparer plusieurs décisions notamment la saisine de la CENI pour demander une dérogation aux fins de donner un délai supplémentaire au Président National pour l’accomplissement des formalités restantes et, le cas échéant, trouver un candidat de recours au cas où la CENI rejetterait la demande de dérogation. Le Bureau National sur ce dernier point a mandaté le Comité Politique composé de (23) membres pour trouver un candidat de recours.

A la suite des discussions et suite aux choix opérés par chacun des membres du Comité Politique présents à la séance de ce même jour, Six (6) noms avaient été proposés. Il s’agit de Monsieur Patrick LAWSON 1er Vice Président , Maître Isabelle Manavi AMEGANVI 3ème Vice Présidente, Monsieur Jean Pierre FABRE Secrétaire Général, Maître Georges Latévi LAWSON Conseiller Spécial du Président National, Maître Ruben Adama DOE Bruce Conseiller du Bureau National et Maître Jean Claude HOMAWOO Conseiller du Bureau National qui a proposé lui-même sa propre candidature.

Les personnes ainsi proposées ont à tour de rôle pris la parole pour se désister, y compris Maître Jean Claude HOMAWOO, au profit de Monsieur Jean Pierre FABRE dont la candidature fut portée par la suite à la connaissance du Bureau National qui l’a entérinée.

Par lettre datée du 14 Janvier 2010, la CENI saisie ainsi que convenu par le Bureau National signifia au Parti son refus d’accorder au Président National la dérogation sollicitée.

Le 15 Janvier 2010, une réunion du Comité Politique du Parti fut convoquée à 17 heures en vue de faire le point des diverses formalités accomplies les 13 et 14 Janvier 2010. C’est à cette réunion que le Comité Politique a appris que Maître HOMAWOO a pris sur lui sans en avertir ni le Comité politique ni le Bureau National de rencontrer le Chef de l’Etat, le Premier Ministre, le Président de la Cour Constitutionnelle, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et le Garde des Sceaux Ministre de la Justice pour, dit-il leur demander de trouver une solution politique au problème lié au dossier de candidature du Président National.

A la suite des échanges très houleux qui ont suivi cette curieuse information et des mouvements de colère et de protestation des militants qui commençaient à envahir le siège du parti, le Comité Politique a mandaté Monsieur Eric DUPUY qui a déposé en fin de compte à la CENI le dossier incomplet du Président National ce 15 janvier 2010 à 21 heures 45 minutes.

Ainsi que l’atteste le rapport établi et publié par la CENI ce dossier a été rejeté pour défaut de certificat médical et de signature du Président National à la Cour Constitutionnelle.

Le Comité Politique ne devrait prendre à l’unanimité (y compris Maître Jean Claude HOMAWWOO) la décision de déposer le dossier du candidat Jean Pierre FABRE qu’à 22 heures.

Ce n’est qu’à 22 heures 16 minutes que Maître Ruben Adama DOE BRUCE mandataire du Candidat Jean Pierre FABRE, accompagné, entre autres, de Maître Jean Claude HOMAWOO, a déposé à la CENI le dossier de candidature de Monsieur Jean Pierre FABRE.

Aux alentours de 23 heures 15mn Maître HOMAWOO Jean-Claude a commencé à réclamer avec insistance le dossier du Président National aux motifs que les membres de la CENI, le Ministre d’Etat, Ministre de l’Administration Territoriale et des Collectivités Locales et le Colonel MASSINA réclament ledit dossier, des instructions fermes ayant été données pour que ledit dossier soit accepté par la CENI, dans le cadre de sa prétendue « solution politique ».

Tout le monde réalise aujourd’hui qu’il s’agit d’un mensonge puisque plusieurs jours après la clôture du dépôt, Maître Jean Claude HOMAWOO et ses comparses se sont entêtés à aller déposer ledit dossier qui rejeté de nouveau, leur a été retourné ainsi qu’il fallait s’y attendre.

Je précise que j’ai fait ce bref résumé du film des événements du 13 au 15 Janvier 2010 sous la foi de mon serment d’Avocat et mets au défi Maître Jean Claude HOMAWOO également Avocat de son état d’apporter la preuve contraire des affirmations que je viens ainsi de développer.

Pour finir je voudrais en appeler à la sérénité de tout le peuple togolais et particulièrement de tous les militants de notre parti afin qu’ils gardent entière leur confiance aux responsables de l’UFC qui ne trahiront point cette confiance et mettront sans relâche tout en œuvre afin de venir à bout du noble combat pour la liberté, la justice et le développement socio économique de notre Pays, n’en déplaise aux agitateurs et autres perturbateurs contre qui le Parti ne manquera pas de prendre au moment opportun les sanctions qui s’imposent.

LIBERTE : Mais Jean Claude HOMAWOO n’est pas en phase avec le candidat FABRE encore moins avec la parti. Comprenez-vous ses motivations ?

Je tiens à affirmer haut et fort que l’UFC n’a point de problèmes avec Maître Jean Claude HOMAWOO et ses comparses, c’est ces derniers qui croient avoir des problèmes avec le parti.

De plus, sincèrement, croyez vous que les populations togolaises en général et les militants de l’UFC en particulier qui peinent et souffrent pendant plus de Quarante (40) des affres d’un régime réfractaire au changement et à l’alternance refuseront d’opérer le choix politique éclairé parce qu’un individu isolé refuse pour des raisons égoïstement personnelles d’être en phase avec tout un Parti qui drainent des millions de militants et de sympathisants ?

L’UFC reste sereine et mobilisée. Elle demeure un parti démocratique qui a pris ses responsabilités au moment opportun. Répondant à l’attente de ses militants l’UFC a réussi à trouver en un temps record, en la personne de Monsieur Jean Pierre FABRE un brave, courageux et téméraire militant de la première heure, la solution idoine au problème ponctuel auquel elle était confrontée.

Pour ce qui concerne les motivations de Maître Jean Claude HOMAWOO, je précise que je ne veux même pas me donner la peine de les comprendre parce que je me dois pour l’heure, en ma qualité de 3ème Vice Présidente du Parti, de m’occuper de choses hautement plus sérieuses.

Comment pouvez vous comprendre un homme, conseiller au Bureau National, membre de l’UFC à la CENI où il y est Vice Président, Avocat de profession qui ayant remis au titre du règlement de ses cotisations au Trésorier Général du parti un chèque revenu impayé faute de provision se permet quelques jours plus tard, d’adresser à ce même Trésorier Général l’injonction de ne décaisser jusqu’à nouvel ordre quelque fond que ce soit pour les activités du parti !!!

A moins d’être en service commandé, seul Maître Jean Claude HOMAWOO saura vous dire les raisons pour lesquelles il se comporte de la sorte.

LIBERTE : Se référant à la candidature de Monsieur Jean Pierre FABRE, Le Sieur HOMAWOO affirme que « Monsieur Gilchrist OLYMPIO est victime d’un hold-up ». Quelle appréciation faites-vous de cette déclaration ?

Si vous vous référez aux faits survenus entre le 13 et 15 Janvier 2010 tels exposés plus haut vous conviendrez avec moi que le hold -up dont parle Maître Jean Claude HOMAWOO n’existe assurément que dans son imagination.

Si pour Monsieur Jean Claude HOMAWOO l’accident dont a été victime le Président National et qui l’a empêché de revenir pour l’accomplissement des deux formalités restantes constitue un hold – up, alors les différents dictionnaires de la langue française et Monsieur HOMAWOO n’ont certainement pas la même définition du mot « hold – up ».

Enfin, si Monsieur Jean Claude HOMAWOO n’avait pas entre temps librement opté pour l’exil au moment où la répression des opposants au régime RPT sévissait de manière sanglante dans notre pays, il aurait peut être compris comme nous autres que les souffrances du peuple togolais ne devraient point être sacrifiées sur l’autel d’ambitions personnelles.

LIBERTE : Monsieur Jean Claude HOMAWOO continue de siéger à la CENI contre la décision du parti et affirme même que seul Monsieur Gilchrist OLYMPIO peut le faire partir de la CENI. Est-ce à dire que c’est Monsieur Gilchrist OLYMPIO lui-même qui est l’instigateur de cette rébellion ?

Moi je sais que Maître Jean Claude HOMAWOO a été désigné par le Bureau National du Parti pour être l’un des représentants de l’UFC à la CENI et que c’est le Premier Vice Président Monsieur Patrick LAWSON qui a signé pour le compte du parti la lettre de sa désignation.

C’est par cette même voie qu’il a été demandé aux Trois (3) membres du parti à la CENI de suspendre pour l’instant leur participation aux travaux de la CENI

Si  Maître Jean Claude avait véritablement de la sympathie et du respect pour le Président National de l’UFC, il ne s’emploiera pas systématiquement à mettre sur son dos les conséquences de ses propres turpitudes.

Maître Jean Claude HOMAWOO n’ignore pas la gravité des conséquences de l’accident dont a été victime le Président National qui mérite à mon sens que nos prières l’accompagnent pour un prompt rétablissement.

En cette période déterminante de la vie de notre pays et de notre Parti, il sied plutôt aux responsables que nous sommes d’observer une certaine retenue, une décence exemplaire et un comportement digne afin que les énormes sacrifices accomplis par le Président National pour sauver notre Pays du gouffre ne soient pas portés en perte et profit, à la satisfaction de nos adversaires politiques.

C’est à cette retenue et à cette dignité qu’il faudrait inviter Maître Jean Claude HOMAWOO contre qui le parti vient de rendre public un communiqué dégageant sa responsabilité de tous les actes qu’il poserait dorénavant en attendant sa comparution prochaine devant le Conseil de discipline.

LIBERTE : Dans un communiqué, le candidat du CAR a déclaré qu’il s’est entretenu avec Monsieur Gilchrist OLYMPIO et que ce dernier lui aurait apporté son soutien. Comprenez-vous ce regain d’intérêt subit de Me AGBOYIBO pour Monsieur OLYMPIO ?

Je remarque et comprends tout simplement que pour le Candidat du CAR, le Président National de l’UFC a cessé d’être « arrogant », « égoïste » et que parce que victime d’un accident qui l’empêche de compétir à la présidentielle de 2010 il est devenu subitement « rassembleur ».

C’est une très bonne chose car dit on « il n’est jamais tard pour bien faire ». Il n’est donc pas tard pour le CAR de reconnaître l’intérêt que peut constituer l’homme d’envergure qu’a été et que demeurera à tout jamais Monsieur Gilchrist OLYMPIO dans l’histoire de notre pays.

LIBERTE : Pourquoi le Président National ne se prononce t il pas pour situer l’opinion ?

Compte tenue de la retenue, de la dignité et de la décence dont j’ai parlé tout à l’heure en ce qui concerne l’état de se santé du Président National, toutes mes pensées sont focalisées sur sa guérison afin que très rapidement il puisse nous rejoindre pour la poursuite de notre combat commun.

L’éducation que j’ai reçue ne me permet pas d’exiger d’un homme qui se bat pour recouvrer la santé, qu’il règle depuis Paris des problèmes créés de toutes pièces à Lomé par des personnes mal intentionnées.

LIBERTE : Agbéyomé KODJO a décidé de faire cavalier seul, est-ce à dire que le Front créé à Paris a vécu ?

Le Front créé à Paris dont je salue l’avènement a de beaux jours devant lui, j’en suis persuadée. Monsieur Agbéyomé KODJO a le droit de décider pour des raisons qui lui sont personnelles de faire cavalier seul, nous sommes en démocratie dans ce sens.

Seulement nous à l’UFC nous ne sommes guère partisans du suicide politique car les populations togolaises ont été claires dans leur message : c’est ensemble, unis et solidaires qu’elles veulent que les forces démocratiques mènent le combat pour l’alternance politique, arrachent la victoire qui est certaine et gouvernent demain le pays afin de relever les grands défis qui s’imposent à notre pays.

LIBERTE : Quelle est votre réaction au dernier message du Chef de l’Etat ?

Le Chef de l’Etat vient dans son message de se dédire. Il ne compte point offrir au peuple togolais une élection présidentielle démocratique, transparente et équitable à l’instar de celle du Ghana.

LIBERTE : Pour terminer, quels sont les atouts dont votre candidat pour conduire les forces démocratiques à la victoire le 4 Mars ?

Pour l’heure nous avons suspendu la participation de notre candidat au processus électoral en cours.

Le Front Républicain pour l’Alternance et le Changement (FRAC) créé à Paris le mercredi 10 février 2010 par les forces démocratiques vient de tenir sa première conférence de presse. L’UFC et SURSAUT – TOGO qui se sont accordés à Paris ont été rejoints à Lomé par l’ADDI, le PSR, et l’Alliance ainsi que plusieurs hautes personnalités de la société civile.

Il revient au Front dont le candidat est Monsieur Jean Pierre FABRE de prendre à partir de maintenant la décision qui s’impose en ce qui concerne cette suspension. Il est certain dans les jours qui viennent le Front donnera les directives à suivre.

Le candidat du FRAC Monsieur Jean Pierre FABRE dispose d’atouts certains liés à sa personnalité d’homme de conviction, d’homme de terrain maîtrisant parfaitement les problèmes dont souffre notre pays et ayant la capacité d’y apporter des solutions idoines.

Ces atouts seront renforcés par son ouverture d’esprit à l’égard des autres personnalités réunies au sein du FRAC, sa disponibilité, ses capacités de rassembleur. L’immense bonté que je lui connais et l’honnêteté qui le caractérise l’aideront certainement à faire son devoir, pour la satisfaction de tous les togolais

LOME Février 2010

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