Les Tems ne sont pas contents de Kao Victoire :  » La Dépêche est une mille collines »

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 » La Dépêche » un journal  « mille collines » avec la bénédiction de l’autorité ?

 

Kao Victoire, tel est le nom de plume qui a signé dans la dépêche N°575 du 16 Juin dernier un article titré  » Togo : La difficile cohabitation entre les Kabyè et les Kotocoli « . A la lecture de
l’auteur de l’article, parlant des Kotocoli et des kabyè, elle a estimé que ce sont deux peuples qui ne s’aiment pas et que  » le désamour serait parti de l’avènement du président Eyadema (un kabyè)au pouvoir. A tort, les kotocoli ont perçu dans l’arrivée d’un kabyè au pouvoir la perte de leur présumée suprématie dans le nord. En réalité,  si déclin des kotocoli il y a eu, cela résulterait à notre avis de la déscolarisation en pays kotocoli où les enfants dès le jeune âge sont orientés vers le coran alors que les jeunes kabyè se dirigent vers l’école. Résultat le pays kabyè a produit de nombreux cadres alors qu’à l’opposé, les cousins kotocoli fatigués par la lecture du coran ne trouvent mieux qu’à embrasser le métier de chauffeur. …. Le clivage  dans la scolarisation a fini par créer un malaise entre les deux groupes ethniques qui ne cachent plus leur animosité réciproque. C’est ainsi qu’aux insultes de kabyè mangeurs de chiens, ces derniers répondirent par kotocoli fainéants bavards « .

Très limité dans sa démarche, la consœur, s’il faut ainsi la désigner,a fait preuve non seulement d’une myopie intellectuelle mais aussi d’une insuffisance professionnelle. Sans recoupement, elle a avancé que c’est parce que  » l’imam Koubadja  » Touré, qu’elle assimile à un imam Koudou de la Côte d’Ivoire et qu’elle dit être de Bafilo, a déclaré à la conférence nationale souveraine que  » la préfecture d’Assoli s’étant jusqu’au fleuve Kara  » que les kotocoli et les Kabyè en sont venus aux affrontements physiques à Sotouboua et à Blitta. Des évènements qu’elle se plait à rappeler comme l’anniversaire d’une gloire.  D’après notre scribe, le seul fait que les kotocoli d’Assoli achètent les terrains auprès des kabyè de Lama est la preuve que la terre dans la partie sud du fleuve Kara appartient aux kabyè. C’est,en ramassis, ce que  »La Dépêche » a servi  a ses lecteurs.

On n’aurait pu ignorer ce balbutiement d’une autre époque car plusieurs réactions sont déjà parvenues à l’intéressée. Mais apparemment l’auteur de ces écrits n’a pas compris la teneur des réactions qui lui sont parvenues, notamment celle d’Ali Akondo et d’Ayéva Bassirou d’Allemagne sans oublier les nombreuses autres réactions qui l’ont poussée à refaire un autre article. Dans ce second article  publié le 06 juillet dernier, entre excuses et contre attaques,  elle a poursuivi dans un langage qui dénote ses limites malgré qu’elle se compte fièrement parmi ceux qui d’après elle, sont prédisposés à être intelligents. Aussi, faut-il remarquer que ce journal est réputé maître dans l’art de publier des écrits aux élans tribalistes et régionalistes voire xénophobes.

D’après nos informations, cette consœur qui se veut une demoiselle du nom de Kao Victoire n’est en réalité que le fondateur de  »la dépêche ». Pour des articles similaires, la HAAC l’a plusieurs fois interpelée. Mais puisque toute personne est incarnée par son nom, Kao ne retient rien des nombreuses réprimandes de la HAAC. En effet, KAO en kabyè signifiela roche. Heureusement que nous connaissons des KAO qui sont lucides. A chaque fois que la Haute Autorité l’appelle, elle fait semblant d’avoir compris mais après elle reprend du service. Pour ses prochains articles, qu’il plaise à Kao de retenir que le Koubadja dont elle parle est en réalité Feu Kougbadja Touré dit Messouna Malam  (paix à son âme). Un monsieur très respecté et que Kao assimile à  » l’imam Koudou « . Feu Kougbadja Touré était effectivement à la conférence mais il n’est pas de Bafilo, il est de Sokodé et il n’a jamais parlé delitige foncier entre Bafilo et Kara à cette Conférence.

Celui qui en a fait cas est feu ATTI Atcha Ayènè, un des deux délégués d’Assoli à la conférence. En cas de besoin nous pouvons mettre une copie de sa communication à la disposition de la prétendue  Kao. Le litige dont parle Kao concerne les surfaces comprises entre Bafilo et Kara.
A supposer même que le Koubadja de Kao Victoire ait tenu les propos qu’on veut lui attribuer, et que ces propos devaient être à l’origine d’un affrontement, comment cela entrainerait une lutte entre Kabyè et kotocoli à Sotouboua alors que les même Kabyè et kotocoli, les vrais
concernés par le litige, continuent par cohabiter  en paix sur les terres sujettes à conflit ? N’est-ce pas entre kabyè et kotocoli, occupant les terres au sud du fleuve Kara que l’affrontement allait commencer ? Alors, les raisons de l’affrontement à Sotouboua entre les ethnies sont ailleurs, nous allions lui en faire un petit rappel.

Rappel

 »La dépêche » étant connue comme proche du pouvoir en place, nous estimons que la fameuse Kao Victoire, rédactrice dudit journal  devait avoir une notion, ne serait-ce qu’embryonnaire, de l’avènement d’Eyadema au pouvoir. Ceci aurait permis à Victoire de savoir qui étaient les premiers  cadres intellectuels qui entouraient Eyadema dès ses premiers pas en politique, combien étaient kabyè et combien étaient kotocoli. Plus poignant encore, malgré ses limites, feu Eyadema, grâce à qui Kao vente maladroitement son appartenance, cet homme politique qui fut et restera encore longtemps une référence malgré l’image qu’il a voulu donner à son pays, avait quel niveau d’étude?

Mais la consœur Kao a une logique qui ne lui permet pas de regarder plus loin que son nez et alors elle estime que les kotocoli sont  » des fainéants  » qui ne sont pas allés à l’école et qui se rabattent à être des chauffeurs après qu’ils soient fatigués par la lecture du coran. Nous n’avons pas grand-chose à dire. Mais tout le monde est témoin de l’image actuelle de notre pays. Du moins ceux qui voyagent un peu, non pas en Europe mais juste dans la sous région, peuvent comparer notre pays aux autres. Puisque ceux qui sont allés à l’école au Togo ne sont à sa lecture que des Kabyè, et que les autres sont des fainéants, il va sans dire que c’est la raison pour laquelle les kabyè occupent les postes clés et juteux,  ils gèrent donc le pays, ainsi jouent-ils le premier rôle dans la construction. Mais s’ilfaille former des cadres pour qu’ils produisent, comme résultat, un pays comme le nôtre après plus de 40 ans de gestion, nous estimons que ça ne vaut pas la peine et donc les kotocoli ont fait le bon choix ens’investissant dans la lecture du coran. Et contrairement à ce que Kao croit, on ne se fatigue pas dans la lecture du saint coran.La vie est un choix, à supposer même qu’on s’en tienne à la logique de celle qui se veut une rédactrice, si un peuple choisit l’école occidentale pour construire un pays poubelle et que l’autre peuple préfère se fatiguer dans la théologie musulmane, en quoi cela peut être source d’animosité ?  C’est vrai que les Kotocoli sont nombreux dans le transport, dans les professions libérales et l’aventure. Mais en quoi cela fait d’euxdes sous hommes si on sait que les nouveaux riches que Kao connait mieux, ont aussi investi dans le transport, mieux ils ont présentementravi la vedette aux traditionnels transporteurs. C’est dire que le transport était un métier noble que les gens enviaient mais dont ils ne pouvaient pas s’approcher faute de moyens. Combien de fainéants qui n’ont trouvé mieux que de devenir chauffeurs se sont déjà transportés chez Kao Victoire pour se faire servir à manger parce qu’ils ne sont pas allés à l’école? Ce même peuple que Kao tente d’insulter est un peuple  très tôt organisé. Au tour d’un chef suprême détenteur du pouvoir central il est stratifié.

Quand arrivent les grandsrassemblements et autres manifestations publiques le Kotocoli sait où doit s’asseoir le grand et où doit être les hommes ordinaires. Il sait distinguer le grand jour d’un jour ordinaire, une organisation quicombat l’anarchie populaire. Bref une organisation sociale séduisante avant même l’arrivée du colon. Encore faut-il rappeler à Kao que les kotocoli étaient des transporteurs bien avant l’avènement d’Eyadema.Tout le monde est d’accord que c’est avec le colon que nos pays ontconnu la voiture. A l’arrivé du colon ce ne sont pas tous les peuples qui étaient suffisamment éveillés pour maitriser l’art de conduire une voiture. C’est depuis ce temps que remonte le fait que les kotocoli soient nombreux dans le transport. Les documents d’archives sont là.Alors si à un moment donné le même peuple, malgré que les gens refusent de voire ses nombreux cadres qui sont forcés à l’exil ou aupire des cas à un chômage à vie,  est devenu ce qu’on veut faire de lui, ceci n’est qu’une partie de la roue de l’histoire.

N’empêche que c’est un peuple qui assume ses choix et qui est fier de son identité. A moins d’être un hybride, il n y a pas un authentique kotocoli qui ait honte d’être Kotocoli, bien au contraire. Si les Vieux Kotocoli peuvent être tentés d’écrire l’histoire en leur faveur, les vieux kabyè sont là, tout le monde n’est pas aveuglé par les bouleversements et donc certains  vieux kabyè peuvent honnêtement dire à l’auteur de ces écris haineux, comment la courbe de l’histoire a évolué entre les deux peuples dont elle parle. Un kabyè qui se permet de ces écrits ne peut être qu’un mauvais kabyè,  on se demande donc s’il peut même approcher les authentiques vieux kabyè pour avoir la vraie copie de l’histoire. D’ailleurs, qu’est-ce que Kao désigne par déclin des kotocoli ? S’il parle de déclin des uns c’est qu’il y a apogée desautres. Où se cache l’apogée de ceux dont Kao croit venter les mérites ? Est-ce dans les recrutements aux élans ethniques dans la fonction publique ?

En tout état de cause, à notre connaissance, aussi bien  »les génies nés intelligents » qui sont partout dans la fonction publique que les fainéants laissés pour compte partagent tous le même quotidien. Nous partageons tous les mêmes réalités; celles d’un peuple misérable, qui se cherche entre les rues mal faites, les infrastructures en délabrement, et un pouvoir d’achat inexistant dans un pays que les gens n’ont pas pu construire malgré un demi-siècle de règne sans partage.  A l’état actuel, il n’existe pas un peuple ou une région heureuse au Togo. Nous sommes tous les mêmes aussi bien dans les campagnes avec les moyens de subsistance rudimentaires, la
paupérisation grandissante, la faim, les mêmes huttes que dans les villes avec une urbanisation qui n’a rien à envier à un territoire à la sortie d’une guerre, un  »no man’s land ».

Le litige foncier en question

Si elle l’ignore encore, que Kao victoire sache qu’entre les kabyè de Lama et les Kotocoli de Bafilo, il n’y a pas débat autour du foncier.Si débat il y a, c’est plutôt entre Lama et Pya. Les uns construisent,les autres démolissent, les plus forts envoient les moins forts en
prison. Et d’après nos recoupements, originaire de Lama, Mlle Kao a une fois été éclaboussée par la fougue du camp adverse dans ces affrontements autour du foncier.  C’est dans ce méli mélo entre Pya et Lama que feu El Hadj Souley, (paix à son âme), ancien chef canton de Lama, a laissé sa peau. En plein conflit foncier sur les terres de Kara-Sud, malgré les pressions et la torture, ce brave chef a refusé de signer un papier reconnaissant que la grande superficie
actuellement retenue pour la zone industrielle de Kara, en face de la direction générale des douanes de Kara, appartenait aux gens de Pya. Mieux, imprégné de son histoire, il a osée déclaré que les terres au sud de la Kara pour lesquelles on lui force à signer au profit de Pya alors que Lama dit en être propriétaire, ne sont en réalité ni à Lama moins encore à Pya, mais à Bafilo.

Cette audace, le chef l’a payée au prix de son trône et dans la foulée il laissera sa peau.  Si Kao ne le sait pas c’est dans ce contexte que le défunt chef de son propre canton a commencé sa descente aux enfers jusqu’à ce que mort s’en suive.  Ce sont des réalités que les vrais fils de Lama savent.  Mais si à un moment donné tout est réuni pour faire la part belle à certains et que parmi eux les uns restent tout de même sages alors que les autres y trouvent une occasion pour tout s’accaparer par la force,que voulez vous que les moins forts disent? Beaucoup de familles se
réclament propriétaires terriens à Kara-Sud, mais ce ne sont pas toutes  qui  se permettent la vente des terres. Des vieux  honnêtes ont souvent demandé à leurs progénitures  de ne jamais y vendre de terrains car ils n’en sont pas propriétaires. C’est ainsi que présentement à Kara-Sud, certains ont construit sur des terres vendues pendant que  d’autres ont construit sur des terres qui leur ont été donné. Ces litiges étaient un dossier tabou dont personne ne pouvait
parler, mais le chef canton d’Awandjaleo a donné le ton et nous invitons Kao à lire nos éditions N°157 du 3  mars et 158 du 28 mars 2011. Et c’est en toute connaissance de cause que nous n’avons pas
voulu revenir sur ce sujet après le passage du Ministre  Bodjona Pascal.  Mais si les gens trouvent en la sortie du Ministre de l’Administration territoriale une occasion pour agresser une ethnie,sans doute ils ne rendent pas service à l’autorité. A moins qu’elles aient un double langage, ce  n’est pas ce discours que les hommespolitiques ont tenu lors de leur visite sur les lieux.

Blitta et Sotouboua

Pèle mêle, parlant des litiges fonciers qui en réalité étaient le premier objet del’article,   »la  dépêche » a parlé de Sotouboua et de Blitta. C’est un autre débat. Il faut aider notre camarade à revenir sur la piste puisqu’elle raffole de dossiers touchant aux
appartenances ethniques. Les communautés ethniques de Sotouboua et Blitta ont leurs réalités,celles de Bafilo et Lama ont les leurs.

Les faits sont en effet têtus, il faut les caser dans l’histoire tels qu’ils se présentent, mais quand on veut les déformer au gré des époques on se casse le nez.  Nous voudrions donc rafraichir la mémoire à ceux qui dépêchent  »la dépêche » par quelques pages d’histoire. La tragédie qui s’est jouée à Sotouboua et Blitta, et dont les kotocoli garderont toujours un très sombre souvenir, est liée aux terres dans ces régions et non à une quelconque déclaration au sujet de Bafilo.

Ainsi voudrions-nous rappeler quelques évènements :

Primo, feu Eyadema, très attaché à la tradition, quand bien même sa toute puissance a encouragé des expropriations, il savait où se limite la force. Ainsi avait-il interdit en 1967 à ses frères occupant des terres dans la région centrale d’y célébrer quelques cérémonies que ce
soient. Cette injonction était consécutive à un grave et triste accident de circulation où notre pays a perdu des dizaines de valeureux citoyens lors de la cérémonie de Habyè à Sotouboua le 05
Décembre 1965. Deux ans après ce triste épisode, Eyadema est arrivé au pouvoir et il n’était pas dupe quand il  demandait aux populations concernées, kabyè, de ne plus faire de telles cérémonies sur ces territoires mais de rentrer en pays kabyè pour le faire. Au début les gens n’ont pas compris cette philosophie de feu Eyadema. Alors, quelques années après ils ont voulu défier ses injonctions et les bérets rouges ont été envoyés pour les disperser. Tout le monde a fini par comprendre et depuis, quand arrivent le moment des cérémonies initiatiques et autres, chacun connait d’où il vient, il y retourne.

Nous mettons au défit les occupants de ces lieux, s’ils peuvent y célébrer les cérémonies qu’ils célèbrent dans les montagnes kabyè. Nous serons très ravis alors de lire un reportage ronflant de la part de  »la Dépêche ».

Secundo, en 1979, la région centrale, précisément Sotouboua-Blitta,très propices à l’agriculture, a souffert d’une sécheresse sans précédent. 12 chefs cantons de la région, dont 10 kabyè et deux
kotocoli, accompagnés du préfet de la localité de l’époque, se sont rendus auprès de feu Eyadema afin de trouver solution. Il a été retenu que des cérémonies devaient être faites pour faire tomber dame pluie.

Feu Eyadema a débloqué 3 millions à cette fin. Dès que la délégation est retournée au bercail il s’est posée la question de savoir qui devait être le maître des cérémonies censées faire tomber la pluie.

Unanimement, les 10 chefs  canton kabyè  avec le chef Koudjo en tête,ont reconnu devant le préfet qu’ils ne sont pas habiletés à le faire et que ce sont plutôt les gens de Fazao qui en étaient les
propriétaires du milieu. C’est ainsi qu’un vieux kotocoli lépreux non voyant a été déniché à Fazao pour les cérémonies. Un bœuf de couleur noire a été transporté dans la rivière et le même jour au soir, une grande pluie précédée d’un vent violent a arrosé la région. Ce que nous avançons peut être vérifié.

Tertio, le colon, était à son  époque  »Tout Puissant ». Il avait le droit de vie ou de mort sur ses Administrés. Il pouvait faire occuper les terres par qui il veut, quand il veut, et comme il veut étant donné que la force de la baïonnette lui en donnait le pouvoir. Mais, il ne l’a pas fait ainsi. Quand il met pied sur un territoire donné il y cherche les premiers occupants. C’est ainsi que pour initier le déplacement des gens de la Kara à la région centrale, le Gouverneur et
ses Commandants de Cercle  ont demandé la permission au chef supérieur des Tem à Sokodé, Ouro Agnoro et au Chef de Fazao de l’époque. C’estavec leur accord que les gens sont installés. Les archives sont là,les personnes ressources ne sont pas toutes mortes. Le blanc n’a pas implanté les gens comme dans une jungle où le plus fort s’arroge tousles droits. Plus loin, à l’époque, quand les immigrés arrivent ils ont droit à une période de grâce sans payer d’impôts pour les permettre de s’installer. Quand ils ont commencé par verser les impôts, ils le faisaient à Sokodé. Une fois les impôts collectés, le Commandant de Cercle de Sokodé écrit à son collègue de Kara :  » Les populations kabyè et losso, dont voici la liste,… installées au sud de Sokodé en provenance de …. et ….,  villages de votre cercle, ont versé leurs droits civiques à mon cercle « . Ceci évite que les parents restés aux bercails soient harcelés pour le compte de leurs frères déplacés  dans le centre, car même absent, tout citoyen devait s’acquitter de son devoir civique par l’entremise de ses proches. Quand les premiers déplacés sont arrivés, ils avaient trouvé sur place, des localités déjà implantées, des champs, sans oublier que tous les sites naturels portaient clairement les noms qui reflètent l’ethnie des propriétaires terriens. C’est ainsi qu’il  y avait les villages de Djobo-Tawourè que les gens ont déformé en Djobotoré, le canton de Kpario qui est devenu Lama Tessi, la rivière Kazaboua, Yomaboua, Sotouboua, Kagnigaboua ont gardé leur nom.

L’histoire foisonne d’exemples qu’il serait fastidieux de vouloir énumérer. Si malgré que ce passé encore récent retient tous ces évènements, des individus ont choisi de faire parler la force pour un litige qui, en réalité, n’existe que parce que les forces sont disproportionnées, il ne faut pas que la sœur Kao  amuse la galerie endéformant les faits comme si tout le monde est au même niveau de réflexion qu’elle.

Des kabyè plus kotocoli que les kotocoli en terre kotocoli il  y en a et vice versa. Il y a des kabyè qui de toute leur vie ne pourront se sentir à l’aise qu’à Sokodé et des kotocoli qui ne se sentent chez eux qu’à Kara. On ne peut pas définir une préfecture ou une région par rapport à une ethnie. Est-ce que Kao sait ce que ressentent un kabyè de mère kotocoli, une  kabyè d’epoux kotocoli,  un kabyè qui épouse une kotocoli, quand ils lisent son écrit ? Il y a 50 ans, une telle logique pouvait trouver une béquille, mais le brassage actuel a dépassé ce stade. Si Kao n’a pas un demi-frère, il a un cousin, un neveu, au moins un être cher dans le rang de ceux qu’elle croit dénigrer. Les pays les plus construits sont ceux qui ont dépassé les appartenances pour se fondre dans un  »melting pot ». L’essentiel est que l’occupant sache qu’en mille ans d’occupation il  y a toujours quelqu’un qui a le dernier mot lorsqu’il est question de terre.

Même si les gens semblent venter les affrontements interethniques, Dieu sait que les Togolais ont connu une histoire déjà trop mouvementée pour que leur parcours se termine par des affrontements pour des motifs fonciers. Si le pays avait été bien géré le problème de terre ne se poserait pas. Ce qui est regrettable est que Kao Victoire publie ses chiffons de la haine tribale à un moment où le pauvre Barrigah de la CVJR se décarcasse comme un beau diable pour réconcilier le pays.

La HAAC et les autres instances qui régulent la presse ne doivent pas baisser la garde devant de tels écrits. Sur un terrain qui oppose des ethnies il faut répéter la leçon autant de fois que possible au risque de voir un jour des débiles mentaux envahir le monde des journalistes pour enflammer des peuples. Il s’emblerait que Kao ait fait ses études en Europe, vraiment s’il faille être un intelligent-né pour pousser jusqu’en Europe afin de revenir produire de tels articles, les
fainéants de Kao ont raison. Les générations futures ne nous pardonneront pas si nous n’avons pas pu oublier ce qui nous divise pour se servir de ce  qui nous unis dans la construction de notre
pays. Notre devise est Travail Liberté Patrie, et  pourtant. D’abords le Togolais ne travaille pas parce que la méritocratie a fait place aux favoritismes ethnico-politiques et les fruits du labeur collectif ne sont pas équitablement repartis. Ensuite, avec ces articles haineux, où se trouve la patrie quand le petit kabyè ne se sent pas chez lui à Aného et que le petit Mina ne se sent pas chez lui à Kara?

La notion de Nation n’existe que de nom.  Enfin la liberté, à vous de juger. Tout de même, il n’est pas trop tard pour changer de mentalité. De grâce, Apollinaire  Mawenemesse a raté une occasion de se taire.
A suivre

Abi-Alfa

 

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