Les leucorrhées [ Le coin du Dr David IHOU, Dermatologue- Vénérologue]

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Les leucorrhées définissent un écoulement vaginal anormal, symptôme qui peut être la traduction d’une vaginite (inflammation du vagin), d’une vulvite (atteinte inflammatoire de la vulve) souvent associée, ou d’une cervicite (atteinte inflammatoire du col de l’utérus), et étant souvent d’étiologie commune…

On désigne fréquemment par « pertes blanches », une hypersécrétion de mucus, qui n’est pas pathologique en soi, sauf une abondance à degré variable. Il faut noter que le vagin de chaque femme abrite des bactéries, notamment les bacilles de DÖDERLEIN. Ces bactéries, sans caractères pathologiques, sont, en outre, importantes dans la défense contre les infections du vagin. Lorsque d’autres bactéries ou parasites colonisent le vagin, une inflammation se produit ; celle-ci provoque généralement une sécrétion d’odeur particulière, de couleur jaunâtre ou blanchâtre, d’aspect  variable en fonction des germes en cause…
La leucorrhée peut s’accompagner de prurit vaginal, vulvaire, d’œdème, de dysurie (douleur à la miction), de douleurs pelviennes etc.

Cette pathologie intéresse aussi bien le médecin généraliste, le dermato- vénérologue, que le gynécologue…

A) Les causes des leucorrhées

Elles sont nombreuses : Trichomonas vaginalis, Candida sp. , Gonocoque, Gardnarella vaginalis, Herpès simplex virus (cas de primo infection), Chlamydiae trachomatis, etc.
Elles peuvent être associées entre elles. En pratique, on ne dispose pas souvent des moyens voulus, notamment de laboratoires de pointe, pour l’identification des agents pathogènes, dans les pays tropicaux. On se contente parfois, et même souvent, d’appliquer des algorithmes décisionnels, en fonction de la présence ou non de microscope et de services de bactériologie et de parasitologie performants.

1)    Les leucorrhées à Trichomonas vaginalis

Les Trichomonas sont reconnaissables au microscope à leur grande mobilité. Cela facilite considérablement le diagnostic. Bien que tous les types de sécrétion vaginales excessives soient appelés leucorrhées ou  « flueurs blanches », la sécrétion n’est pas toujours blanche ;

Le Trichomonas provoque une sécrétion de couleur jaune-verdâtre et d’odeur nauséabonde, parfois mousseuse.
Démangeaisons, douleurs, sensation cuisante lors de l’acte sexuel, ainsi qu’une douleur à l’émission d’urine, avec, souvent les pourtours des lèvres vulvaires rouges et irritées.
Au spéculum, le vagin présente des traits rouges et une forte sécrétion couleur jaune-verdâtre contenant de petites bulles gazeuses.
Chez l’homme, le Trichomonas se rencontre dans la cavité sous le prépuce, dans la prostate, les vésicules séminales, les testicules et la vessie. L’homme ne se plaint, en général, de rien, mais il peut contaminer sa partenaire (Voir Photo No 1).

2)    Leucorrhée à Candida albicans

Cette infection à levure, n’est pas forcément transmise par contact sexuel ; elle est fréquemment le fait d’un affaiblissement de la résistance de l’organisme, d’une grossesse, du diabète, et parfois, de l’usage de la pilule contraceptive…
La démangeaison et la sensation cuisante sont caractéristiques de cette infection à levure, de même que la sécrétion jaune-blanchâtre, inodore, de la consistance d’une bouillie : aspect de lait caillé.
La rougeur s’étend fréquemment jusqu’à l’aine. De nombreux traits blancs sont présents dans le vagin, comme on le voit au spéculum. Après l’acte sexuel, il se produit souvent un prurit chez l’homme (Voir Photo No 2, ci-dessous).

3)    Leucorrhée à Herpès simplex virus
Il existe deux sortes de virus Herpès simplex :
    Le virus Herpès simplex, type 1, qui provoque surtout les boutons de  fièvre et la kératite ;
    Le virus Herpès simplex, type 2, qui est l’agent des atteintes génitales.
Ici l’infection se déroule de la même façon que pour les boutons de fièvre : il apparait d’abord des macules qui sont rouges, cuisantes et douloureuses ; puis il se forme de petites vésicules qui sèchent ou éclatent et laissent des  exulcérations qui sont recouvertes ensuite de croutes jaunâtres. Les partenaires se contaminent l’un et l’autre d’où la persistance des lésions si on ne traite pas les deux partenaires (Voir Photo No 3,ci-dessous).

4)    Les autres agents des leucorrhées

    Les infections à Chlamydia (microorganisme possédant les propriétés à la fois des virus et des bactéries) ;
    Les leucorrhées à Haemophilus vaginalis : sécrétion de couleur grise, d’odeur désagréable rappelant l’ail, avec rougeur vulvaire, irritation et sensation cuisante. La bactérie vit et se multiplie dans l’urètre de l’homme, qui n’éprouve généralement aucune gène.
    Les leucorrhées gonococciques : le col de l’utérus est enflammé avec un pus brunâtre observé au spéculum.

B)    Le diagnostic et le traitement des leucorrhées

    Le diagnostic repose sur l’aspect clinique des sécrétions vaginales et des symptômes qui les accompagnent, mais surtout c’est le laboratoire qui nous permet d’identifier les germes responsables.
    Le traitement fera appel individuellement à chaque espèces d’agents pathogènes que votre généraliste, dermatologue-vénérologue ou gynécologue vous aideront à éradiquer, par des antibiotiques, des antimycosiques, des antiparasitaires et des tonifiants et antioxydants pour tonifier l’immunité, en cas d’Herpès simplex virus.

Dr David IHOU, Dermatologue-Vénérologue.

 

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