Les conseils du Dr Ihou à l’opposition togolaise pour gagner les élections législatives

0

Sauver le Togo, c’est obtenir la majorité absolue pour l’opposition, aux prochaines législatives ».

On m’a commandé deux études, l’une concernant l’opposition (Opposition : mode d’emploi pour gagner les prochaines législatives au Togo), l’autre concernant le Pouvoir et sur le même thème (Pouvoir : mode d’emploi pour gagner les prochaines législatives au Togo).

Après un tirage au sort, et sur autorisation, nous vous proposons cette semaine, l’ étude sur l’opposition, la semaine prochaine, nous vous proposerons, celle sur le  pouvoir (ce n’est qu’une résumé pour les deux cas).

I- Remarques préliminaires

Les soubresauts observés ces derniers temps et provoqués par le Collectifs « Sauvons le Togo » de Me Zeus AJAVON, est un épiphénomène malheureux et maladroit, selon notre analyse et qui n’a pas d’issues viables.

Tout d’abord « La plate forme citoyenne pour un Togo démocratique », que le Collectif a pondu, est un document qui ne tient pas la route pour plusieurs raisons :

« Le retour à la Constitution du 14 octobre 1992 » est « constitutionnellement irréalisable », au regard de la composition actuelle du Parlement togolais (50 députés du Pouvoir, contre au maximum 31 députés pour l’opposition) et même si le Président de la République soumet au référendum un projet de loi constitutionnelle dans ce domaine. Nos grands savants du Collectif « Sauvons le Togo » auraient dû lire et relire l’Article 144 de notre Constitution avant décrire  ce qu’un étudiant de  première année de droit n’aurait pas écrit.

« La mise en œuvre effective des recommandations du rapport de la CNDH sur la torture » devait être une mission des  ODDH et non du gouvernement. Les avocats de ceux qui se disent torturés devraient, s’ils sont sérieux, assister les plaignants qui devaient porter plainte contre les tortionnaires présumés, et c’est quand ces derniers seront condamnés par un tribunal, que le  gouvernement peut sévir. Ici, les avocats sont proprement « baisés » par leur propre légèreté. C’est d’ailleurs, parce que ces avocats, qui sont par ailleurs défenseurs des Droits de l’Homme, n’ont jamais fait correctement leur boulot, que c’est maintenant qu’ils s’égosillent sur la torture au Togo. Depuis les camps d’OTADI, d’AGBOMBIO, et d’ailleurs, la torture a été un arsenal utilisé à tout va par la dictature d’Eyadema. Me AJAVON et ses compères le savent. Et les torturés et les tortionnaires d’aujourd’hui (qui sont peut-être copains dans un passé récent), le savent aussi. Est-ce parce que les avocats de Kpatcha GNASSINGBE sont peut-être grassement payés pour défendre leurs clients qu’ils crient si fort haro sur la torture  aujourd’hui, et ne disent presque rien sur les tortures antérieures à l’affaire Kpatcha GNASSINGBE ?

« L’abrogation immédiate et sans conditions des deux lois relatives au code électoral et au découpage électoral ».

Messieurs les avocats du collectifs «  Sauvons le Togo », un étudiant sérieux de première année de droit aurait pu, se basant sur les articles 83 et 84 de notre constitution, vous dire que « l’initiative des lois appartient concurremment aux députés et au gouvernement », et que « la loi fixe les règles concernant … le régime électoral de l’Assemblée Nationale et des Assemblées locales … »

Ce n’est donc pas une affaire d’associations, de collectifs ou d’équipes de football !

« L’application effective et de bonne foi par le gouvernement des décisions de l’Union Interparlementaire et de la Cour de justice de la CEDEAO dans l’affaire des neuf députés ANC ». Ici, nous vous confions de lire et de relire l’article 106 de notre loi Fondamentale qui stipule que :

« Les décisions de la Cour Constitutionnelle ne sont susceptibles d’aucun recours. Elles s’imposent aux pouvoirs publics et à toutes les autorités civiles, militaires et juridictionnelles »

Nous vous convions à vous appesantir sur le mot « juridictionnelles ».

Aucune juridiction nationale ou  internationale n’est au dessus de la Cour Constitutionnelle ou du Conseil Constitutionnel d’un pays ! Sinon, le pays n’est pas indépendant !

Ainsi aux Etats –Unis d’Amérique par exemple, les décisions de la Cour Suprême ne souffre d’aucune contradiction, ni de l’ONU, ni de l’Organisation des Etats Américains, ni de l’OTAN etc.

Comme vous le voyez, votre « plateforme citoyenne pour un Togo démocratique «  ne vaut pas un Kopek ». Vous avez abusé de la naïveté de certains de nos compatriotes, comme si nous étions au Gondouana ! A moins que vous ne voulez en vérité, que provoquer une insurrection semblable au printemps arabe). Dans ce cas, lassez- moi vous faire les comptes, en vies humaines, en blessés et en réfugiés :

En Syrie, plus de quinze mille morts, plus de cinquante mille blessés et plus de deux cent mille réfugiés, et Bachar El ASSAD n’est plus encore parti…

En Egypte, plus de mille cinq cent morts, cinq mille blessés et l’Armée n’est pas prête à laisser une démocratie intégrale s’installer sur les bords du Nil…

En Libye , plus de dix mille morts, vingt mille blessés et cinq mille réfugiés et nous ne voyons pas encore une vraie démocratie s’installer au pays de feu KHADAFI, où les milices rivales se canardent tous les jours…

En Tunisie, plus de deux milles morts, cinq mille blessés et la Tunisie se débat dans une lutte à mort entre les islamistes et les dirigeants laïcs, tandis que le chômage n’a pas baissé d’un iota…

La leçon à retenir du printemps arabe, est qu’une insurrection peut aboutir au renversement d’un régime, mais, si le pays perd quinze mille de ses fils et filles, avant de « dégager » un dirigeant, comme en Syrie, c’est une victoire à la Pyrrhus ! Pire, si c’est une insurrection armée comme à Cuba, vous pouvez déboucher sur une dictature idéologique à la Cubaine, de plusieurs décennies, comme nous le montrent Fidel CASTRO et son frère RAOUL…

Au Togo, nous avons eu deux mille morts au moins, dix mille blessés et 500.000 réfugiés, depuis le 5 octobre 1990 à nos jours !

II- La Stratégie de la victoire

En 2007, des élections législatives sont organisées au Togo, dans des conditions transparentes, avec 31députés élus pour l’opposition et 50 pour le pouvoir. Ce score honorable de l’opposition togolaise, est meilleur que celui obtenu par le Parti socialiste français, il y a  cinq ans, avec moins de 170 députés sur 577 élus. Aux dernières législatives françaises, le Parti socialiste a raflé la majorité absolue, sans compter les élus de ses alliées, et obtenu en plus la majorité au SENAT !

Qu’elle est la stratégie à adopter par l’opposition pour obtenir 47 (quarante sept) députés aux prochaines législatives, qui verront 91 (quatre vingt onze) députés au parlement ?

Que le nombre de députés soit de 67, 81 ou de 91, la stratégie est la même.

Il y a trente cinq préfecture (circonscription électorales) actuellement au Togo et la loi électorale attribue deux (02) députés par préfecture, soit 70 députés (soixante dix) déjà. Reste 21 (vingt et un) sièges. Rappelons à tout le monde que c’est l’article 52, alinéa 5 de notre Constitution qui donne mandat aux députés et leur confère le pouvoir de fixer le nombre de députés à l’Assemblée Nationale. Les articles 83 et 84 de notre Constitution renforcent le Parlement dans sa démarche.

L’objectif premier pour l’opposition, est d’obtenir désormais, au moins la moitié des sièges des 35 préfectures, soit donc, 35 sièges. Il reste donc 13 (treize) sièges pour obtenir la majorité absolue de 47 députés.

Le deuxième objectif est de rafler tous les sièges dans les circonscriptions électorales de Lomé (commune de Lomé et ex préfecture du Golfe réunies désormais) et dans toute la région maritime soit au total, les 24 députés de cette région maritime, soit au total, les 24 députés de cette région.

Le troisième objectif est de glaner deux ou trois sièges dans les fiefs jugés imprenables de l’ex-RPT, dans la KOZA par exemple, qui compte 17 députés. Une fois des objectifs connus et bien compris, comme les réaliser en pratique ?

III- La réalisation pratique de l’exercice électoral

Tout d’abord, il faut une union sacrée de l’opposition, pour présenter, dans chaque préfecture, des candidats crédibles et en qui les populations locales ont confiance.

Par ailleurs, il faut présenter un programme crédible à ces populations, et ne pas aller vers ces populations seulement à l’approche des scrutins électoraux.

En pratique, si un candidat est bien placé dans une circonscription électorale, tous les partis de l’opposition doivent soutenir ce candidat, que ce candidat soit du CAR, de l’ANC, d’OBUTS, du PRR etc. Ceci veut dire qu’il doit y avoir une discussion préalable entre tous les partis de l’opposition pour positionner un candidat « gagnable ».

Mais, est-ce que les partis d’opposition  ont une plateforme politique commune pouvant positionner un candidat unique dans une circonscription électorale ?

Le deuxième scénario est le « parachutage » d’un candidat de l’opposition dans une circonscription électorale acquise dans le passé, au pouvoir. Dans cette optique, Me Zeus AJAVON, coordinateur du Collectif « Sauvons le Togo », avocat de Mr Kpatcha GNASSINGBE, peut, par exemple, se présenter dans la 1ere  ou 2e circonscription électorale de la KOZAH, comme candidat aux prochaines élections législatives. Si tous ceux qui sont sortis dans les rues les 12, 13 et 14 Juin dernier à Lomé, cotisent chacun et chacune, mille (1000) francs pour soutenir financièrement le candidat Zeus AJAVON, et font du porte à porte dans la Kozah pour faire connaître un programme crédible et avantageux du candidat, l’avocat peut être élu à Kara ! Le même scénario peut se répéter avec d’autres candidats à Atakpamé, Sokodé, Bassar, MANGO, Dapaong etc.

En pratique, il faut, pour les élections législatives de 2012, 24 (vingt quatre) députés pour la région maritime (6100km² et 2,2millions d’habitants), contre 21 (vingt et un) députés en 2007. L’Opposition togolaise doit absolue doit avoir 21 députés…

En pratique, il faut 12 (douze) députés à l’opposition pour la région des plateaux (16.975km² et 1,4millions d’habitants) pour un total de 26 députés en 2012, contre 22 en 2007…

En pratique  pour la région centrale (13.317 km² et 760.000 habitants) qui totalisent 12 députés en 2012 (contre 11 en 2007), il faut que l’opposition obtienne 6 députés au moins (six)

En pratique, pour la région de la Kozah (11,738 km² et 790 habitants) qui totalisent 17 députés en 2012 (contre 16 en 2007), l’opposition doit glaner au moins 4 députés (quatre)

En pratique pour la région des Savanes (8.470 km² et 560.000 habitants) qui totalisent 12 députés contre 11 en 2007), l’opposition doit glaner au moins 5 députés cinq.

L’opposition obtiendra donc : 21+12+6+4+5 =48 députés

Pour y arriver, tous les jeunes de l’opposition doivent aller de Lomé à CINKASSE, pour aller superviser les 6300 bureaux de vote du pays. Au lieu de brûler les pneus à Lomé, ils feraient mieux d’aller apprendre à dormir dans les villages, sans eau et sans électricité, pour vérifier la réalité des résultats du scrutin. C’est comme cela qu’ils peuvent espérer « sauver le TOGO » !

Voilà, à vos marques, Mesdames et Messieurs de l’opposition démocratique togolaise !

Dr David IHOU  Ancien Ministre de la Santé et de la Population, Consultant en géopolitique et stratégie sécuritaire.

 

Laisser une réponse