Le vide (À propos d’un « Programme de la Diaspora ».)

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Le vide existe déjà, ou il faut créer le vide. Tel doit être l’axiome des tenants du régime. Sur le « terrain », comme on dit, n’en déplaise à ceux qui se complaisent dans les marches hebdomadaires en attendant la prochaine échéance électorale, ce vide est en train de se faire, petit à petit, mais sûrement, surtout que certains opposants qui criaient haut et fort que « Faure Gnassingbé doit partir ! » sont entrés dans la prétendue assemblée nationale. Et quel est leur slogan actuel ? Alternance? Présidentielle de 2015 ? Slogans (puisque nous sommes réduits à cela) éparpillés, presque inaudibles, forcément perdus, donc sans effet, dans la confusion des « JE SUIS LE MEILLEUR  CANDIDAT ! ADMIREZ-MOI» , en attendant la fin de la  guerre des « meilleurs » qu’est-ce qu’il y a sur le « terrain »?   Le vide », que le vacarme, le tohu-bohu des slogans est loin de remplir. Et ce vide, le RPT-UNIR qui sait ce qu’il veut,  l’occupe largement.

Reste la diaspora. Est-ce une nouveauté de dire que l’absence de force équivaut au vide ? Nous nageons dans le vide parce que nous ne sommes pas parvenus à constituer une force. C’est triste de le constater, mais c’est la réalité. Il y a quelques mois, Mgr. Barrigah, dans le cadre de sa tournée de la Commission Vérité-Justice-Réconciliation a parcouru l’Europe et l’Amérique sans rencontrer personne, je veux dire sans rencontrer une force susceptible de lui dire comment les Togolais de l’étranger conçoivent la réconciliation (car nous la voulons tous), ce qu’ils pensent d’une vérité et d’une justice dont le but est de servir le pouvoir en place. Ce n’est pas que les Togolais en général, et ceux de la diaspora en particulier, soient dupes du jeu de cette commission. Mais, au moins, Mgr. Barrigah aurait eu en face de lui une force qu’il soit obligé de respecter, donc d’écouter et dont les avis peuvent être pris en compte, peut-être. Sa tournée aurait ainsi eu un sens, aurait servi à quelque chose pour le bien des Togolais. Mais, il a rencontré le vide, et il est retourné « vide » à sa commission…vide.

Et que croyez-vous que les représentants du régime aient rencontré au cours de leur tournée ? Pourquoi ces gens n’étaient-ils pas venus nous rencontrer au moment où nous réclamions le droit de vote pour les citoyens de l’étranger? Ils n’avaient peut-être pas encore  leur « Programme de la Diaspora ». Maintenant, ils l’ont. Ils ont presque tout sous la main. Sauf ce qui leur échappe. Et ils n’aiment pas que quoi que ce soit leur échappe. Ce qui leur échappe menace leur confortable quiétude.  C’est leur droit de venir créer un RPT-UNIR en Europe, en Amérique…, même si la chose ne dit pas son nom (leur mission serait remplie,  en ce  sens). Mais nous n’avons pas à nous en occuper. Notre problème n’est pas là.

Notre problème est de savoir si nous allons continuer à voguer dans le vide, malgré réunions, forums de mouvements existants, création de nouvelles associations, réflexions, déclarations et autre tohu-bohu …ou si nous voulons constituer une FORCE.

Sénouvo Agbota ZINSOU

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