Le Silence avant l’orage [Par Jaurès Tchéou]

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Phénoménal Jaurès ! Le poète dans ce qu’il sait faire le mieux. Indexer sans appeler par le nom. Faire réfléchir le lecteur et l’amener à jouer avec son esprit pour savoir ce qui, se cache derrière ces vers qui nous glacent le corps. Ici, le poète annonce bien un orage. « Le silence avant l’orage », le titre de son poème. S’agit-il du silence de la mer ? Du peuple ? Des militaires ? De qui nous parle-t-il encore, le poète Jaurès Tchéou ? Lecture !

LE SILENCE AVANT L’ORAGE

Quand tout se tait sous nos nuages et que la routine reprend son cours, quand, la ferveur d’un renouveau s’estompe pour laisser place à la résignation affable d’un peuple sans âme et sans cri, la nature, témoin, observe et soupire.

Les nouvelles herbes repoussent déjà sur la terre martyrisée par les godillots des soldats. Les cailloux sur des casques lourds n’ont pu de leurs tintamarre sonner l’hallali. Et, à nouveau, l’obscurité s’etend au-dessus de nos chaumières, dans un calme épais, déchiré de temps en temps par les cris nocturne d’une gueuse à même de rendre l’âme à Dieu.

De sa tour d’ivoire le tyran ricane, fier d’avoir conjuré une nouvelle fois le destin implacable et irrésistible des fils des âges farouches de notre république.

Ses affidés, gauches et veules, s’érigent une fois encore au-dessus de leurs empires en papier, nargant de leurs bourses et de leurs cimeterres un peuple grugé dans son expression légitime

Mais, dans le silence apparant, le peuple s’éveille. Chaque jour, une âme de plus prend conscience du sens patriotique de la lutte pour l’alternance et le changement.

Les excès de tables, les désirs de la chair ou encore l’insolence des bâtisses et carrosses rutilants ne sauront pour longtemps aiguiser l’appétit des plus faibles. Encore moins, la violence d’État dompter le courage implacable d’un peuple qui n’a plus rien à perdre!

Chaque jour, quelque chose change.
Et pour le mieux!

Car les lois de la nature sont implacables et indiscutables! Elles relèvent d’un déterminisme à l’épreuve des âges!

Que les tenants de l’Ordre actuel, du haut de leurs chateaux de cartes sachent qu’ils demeurent partie intégrante de l’ordre naturel. Tôt ou tard ils se heurteront à la force des choses, d’une manière ou d’une autre, et quand ils s’y attendront le moins!

Et c’est là que les dires de l’Ecclésiaste selon lesquels, « La fin d’une chose vaut mieux que son commencement… » prendront tout leur sens!

Jaurès Tcheou

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