Chronique-Espace CEDEAO : La folie des mandats à vie [Par Anani Sossou]

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Alors qu’il avait à plusieurs reprises déclaré, que ce soit sur les médias internationaux, devant son parti le RHDP et ses militants, de ‘transmettre le pouvoir à la jeune génération » le « Boulanger » du pays Kong, une ethnie disséminée entre le sud du Burkina et le nord de la Côte-d’Ivoire, le champion de la fourberie et du non respect de la parole donnée, Alassane Dramane Ouattara, lors d’ une adresse à la nation à l’occasion de la fête nationale de son pays, se déclare officiellement candidat à l’élection présidentielle du 31 octobre 2020.

Le président français Emmanuel Macron qui avait salué la décision de son sous-préfet françafricain de ne plus se représenter, doit se faire maintenant tout petit et se dire que les pays francophones africains, du moins les « gouverneurs français » qui règnent à la tête de ces États, sont un amas de problèmes, une source de d’instabilité politique et de déficit démocratique.

4è mandat au #Togo avec Faure Gnassingbé, 3è mandat en #Guinée avec un octogénaire devenu fou du pouvoir, un 2è mandat puis des élections législatives truquées au #Mali mettant le pays dans le chaos avec déjà une guerre qui n’ en finit pas, la dictature féroce qui règne au #Congo Brazza depuis le retour du tiran Sassou Nguesso en 1999 après une guerre civile, le règne à vie du tétraplégique au #Gabon Ali Bongo, le règne sans fin du président touristique du #Cameroun Paul Biya ayant sa résidence à Genève en Suisse d’où il pilote son pays, l’indéboulonable dictateur du #Tchad Idriss Deby Itno dont le pays est dans un gouffre profond, jamais le maître colon français, le véritable Chef d’État des 14 pays francophones africains n’a pas compris que le danger des guerres fratricides qui pointe dans ces pays, reste l’accaparement du pouvoir par un clan et des collabo vautours qui ont toutes les richesses, qui décident de tout, de qui doit rester dans son pays et de qui doit fuir et rester en exil, de qui doit être en taule pour ses opinions ou mieux encore de qui doit être candidat dans une course au suffrage universel et de qui ne doit pas l’être, tout ceci au détriment de la grande masse silencieuse qui n’a rien, qui crève dans la misère, qui se lève tôt mais se couche tard à la recherche d’une pitance. Cette masse silencieuse qui couve sa colère, retient ses mécontentements, lorsqu’elle s’identifie à un leader brimé qui, nonobstant les obstacles, trouve des moyens matériels, financiers et logistiques, rentre clandestinement au pays, il va sans nul doute qu’on pourra dire adieu au semblant de paix et de stabilité dont se gargarisent les dictateurs pour se maintenir au pouvoir.

Le plus délirant hier à #Abidjan est de voir des Ivoiriens à qui promesse avait été faite de ne pas briguer un troisième mandat, envahir les rues de la capitale pour soutenir une décision scélérate qui pourrait une nouvelle fois transformée leur pays en un brasier après le sanglant épisode de fin 2010 à avril 2011. Car tous les ingrédients sont rassemblés pour que la Côte-d’Ivoire plonge à nouveau dans le chaos, avec un Konan Bédié au discours teigneux et décidé à prendre sa revanche sur son ancien allié d’hier, un Soro Guillaume contraint à l’exil par son ex mentor et dont l’ambition de le dégager de la présidence ne souffre d’aucun doute, le FPI de Laurent Gbagbo qui réclame le retour de son patron au pays et dont le parti le porte comme candidat pour fin octobre, les défections au sein même du RHDP avec Mabri Toikeuse… Alassane Ouattara creuse déjà la fondation de ce qui sera le cimetière de l’instabilité de ce grand pays d’Houohouët Boigny. Le décès du poulain Amadou Gon Coulibaly, qui devrait servir de pantin à la tête du pays et laisser Dramane continuer à être le véritable maître à bord, n’a servi que de prétexte à ce désir caché.

Qu’on se le dise, les actes terroristes qui plongent déjà la sous-région dans le deuil, certaines parties de la Côte-d’Ivoire dans le terrorisme avec la complicité passive de la #CEDEAO et de son syndicat de Chefs d’États se soutenant mutuellement dans la violations des règles constitutionnelles, les rébellions iront crescendo tant que les peuples se sentiront opprimés, leurs droits bafoués et leur désir d’alternance au pouvoir sacrifié.

Anani Sossou

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