Le « zéro » mort d’Abass Bonfoh

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Injure, mépris, ou lâcheté, les mots manquent pour décrire le président de l’Assemblée d’une République qui se veut respectable. L’Onu a compté 500 morts au Togo. Joseph Kofigoh a compté 106 morts et pense que le nombre serait plus élevé jusqu’à atteindre 150 morts. La Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) en a compté 1000 morts. Quand on fait la moyenne, au moins 333 personnes seraient mortes pour rien! Pire Faure dans son discours à Atakpamé reconnaissait que les Togolais étaient morts et invitait au « Plus jamais ça » dans son pays.

Le discours distillé par les Rpétistes

Abass Bonfoh n’est pas le seul au RPT a avoir du mépris pour les Togolais. Solitoki Esso , sécrétaire du parti RPT, voulait les noms et le lieu où  les cadavres ont été enterrés lors de son débat avec le confrère Africa 24. Des cadres Rpétistes au Togo comme en Europe ne cessaient de dire que c’était un gros montage de l’ONU. On se rappelle de l’ambassadeur du Togo à Bruxelles, Félix Sagbo, qui a réussi magistralement à prouver aux Européens que les urnes étaient prises pour être sécurisées des bandits et que les militaires togolais avaient fait preuve d’un professionnalisme très remarquable. On n’imagine Brejnev se targuant n’avoir pas liquidé Sakharov !

Le coup de gueule d’Abass Bonfoh n’est pas anodin!

Au RPT, les feux sont au rouge. La confiance a quitté la maison. On s’épie. On se soupçonne. On ne sait plus qui fait quoi et qui a dit quoi. On se susurre que demain il se passera quelque chose…  C’est dans cette atmosphère délétère de méfiance que Abass Bonfoh dirige le parlement, où il a 50 députés et petits amis du RPT qu’il doit gérer. Les pro-Kpatcha plus nombreux sont tapis dans l’ombre et les pro-Faure plus puissants y veillent au grain et gare au premier traître. Il fragilise son institution en ne disant rien quand on arrête un députe élu. Faure menaçait de dissoudre toute l’Assemblée si on devrait lui mettre les bâtons dans les roues après qu’il ait arrêté son demi-frère député. Le ventre, sinon leurs gros ventre, à défendre d’abord, les plus « remuants » et proches de Kpatcha ont rangé eux aussi leurs cartables et se sont murés dans un silence révoltant. Pour être assis comme représentants du peuple, les 2/3 ont eu le soutien financier de Kpatcha. D’ailleurs, quand lesdites élections législatives s’approchaient, Kpatcha a réclamé 1 milliard cash et en liquide au ministre de l’économie d’alors Payadowa Boukpessi. Le ministre l’envoya 800 millions. Quand Faure demande à voire clair dans l’affaire, Payadowa a parlé de 1,5 milliards qu’il aurait remis à Kpatcha. Le Lynx reviendra de long en large sur l’affaire Payadowa Boukpessi. Inutile comme fait, mais à prendre acte. Pour étouffer l’affaire, un marabout sénégalais qui vivait plus en Côte d’Ivoire et dont les enfants sont en Italie, a été ameuté  par le ministre Boukpessi pour « cadenasser » l’histoire afin qu’elle ne rejaillisse sur son avenir. Le Lynx tient aussi à dire au ministre Boukpessi que son marabout est finalement décédé d’un accident de voiture entre la Côte d’ivoire et le Ghana. S’il tenait à lui refaire encore appel, c’est un peu trop tard. La vie de nos ministres et présidents se résume aussi à ne voir que les sorciers et à utiliser ces faux marabouts pour les besoins de leur cause. C’est cette sombre affaire de 800 millions, ajoutée à sa gestion calamiteuse des emprunts obligatoires qui ont précipité le départ de Payadowa Boukpessi. Il sera récompensé instantanément et fait « président du groupe parlementaire  France-Togo », autre ramification de la Françafrique au Togo. Heureux sont ceux qui militent pour le RPT !

Revenons à Abass Bonfoh. Le Bassari n’est pas bête, et encore moins naïf. Il a en encore bonne mémoire et sait que les Gnassingbé ont utilisé son frère le général Bassabi Bonfoh et l’ont jeté après dans la poubelle. Il sait que les Gnassingbé ont humilié les centaines de Bonfoh qui grugent dans l’armée togolaise, sans parler de sa petite personne. Il sait que tous les officiers Bassar ont été effacés des grandes sphères décisionnelles. Seul contre tous au RPT, on se susurre qu’il va se passer quelque chose avec celui qui était au pouvoir en 2005 quand Faure démissionnât. Et enfin, il sait qu’il na plus rien à perdre. En bon Bassar, la dignité à défendre avec hargne aura été vendu pour des clopinettes, sinon pour quelques petits délices de quelques mois de pouvoir. Fait tout petit, devenu la risée dans le tout Bassar, et au Togo, Abass Bonfoh, a préféré, pour la postérité, blanchir ses enfants et lui même. Il avait bien préparé la riposte quand il déclare :

« Tenez-le bien pour dit: j’assume, et j’insiste sur le mot. Je n’ai jamais donné l’ordre à personne de tirer sur qui que ce soit ; je peux le démontrer. J’ai encore tous mes discours que j’ai prononcés aussi bien à la radio qu’à la télévision, et tous les documents que j’ai signés. Celui qui était proche de moi, mon aide de camp, est encore là, il pourra témoigner. Je ne me reproche absolument rien. Il y a pourtant un fait qui ne devrait pas vous échapper. Lors des manifestations marquant le cinquantenaire de l’indépendance, je n’ai pas été cité parmi les présidents du Togo ; avez-vous cherché à en connaître les raisons? Et pourquoi venez-vous vers moi aujourd’hui? »

Pour ce nombre d’innocents togolais qu’il refuse de voir les pleurs de familles entières, Bonfoh vous prie de vous rappeler de cette phrase de Mobutu quand il était  entre le marteau des zaïrois mécontents et l’enclume des morts qu’il a occasionnés: « On m’a poignardé dans le dos au RPT. Comprenez mon émotion chers Togolais ». Le Bassari aurait selon toutes les organisations des droits de l’Homme un négationnisme proche du nazisme. Mais qui le lui  aurait inoculé ? Tous les témoins disent que c’est le RPT.

Camus Ali Lynx.info

 

 

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