Le diabète chez la Femme, facteur d’insatisfaction sexuelle

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Nouvelle association que celle identifiée, chez les femmes, par cette étude de l’Université de Californie San Francisco (UCSF) entre diabète et insatisfaction sexuelle.

Le diabète chez la Femme, facteur d’insatisfaction sexuelle

Car si les femmes atteintes de diabète sont tout aussi partantes pour s’engager dans l’activité sexuelle, elles seraient beaucoup plus nombreuses à déclarer un faible niveau de satisfaction sexuelle. De plus, l’insulinothérapie pourrait augmenter le risque de certaines complications comme la sècheresse vaginale et la difficulté à atteindre l’orgasme, selon cette étude publiée dans la revue Obstetrics and Gynecology.

«Alors que le diabète est un facteur de risque reconnu pour la dysfonction érectile chez les hommes, il n’y a que de données sur son impact sur la fonction sexuelle chez les femmes», explique l’auteur principal, le Dr Alison J. Huang, médecin en Santé de la Femme à l’UCSF.

L’étude a examiné la relation entre le diabète et la fonction sexuelle auprès d’un groupe ethniquement diversifié de femmes d’âge moyen et plus âgées. En fait, le diabète affecte la fonction sexuelle chez les femmes à travers toute une variété de mécanismes, des modifications vasculaires dans les tissus urogénitaux affectant la lubrification et la réponse à l’excitation génitale. La fonction sexuelle peut aussi être affectée par le traitement du diabète ou d’autres interventions visant à contrôler ou traiter la glycémie.

Les chercheurs ont interrogé par questionnaire 2.270 femmes âgées de 40 à 80 ans, diabétiques, traitées par insuline ou non, ou non diabétiques. Les auteurs ont comparé leur désir sexuel, la fréquence de leur activité sexuelle, leurs niveaux de satisfaction sexuelle globale, leurs éventuels troubles sexuels (sécheresse, absence de libido, d’orgasme, ou douleurs) et évalué les relations entre les comorbidités du diabète (maladies cardiaques, accidents vasculaires cérébraux, insuffisance rénale et la neuropathie périphérique) et la fonction sexuelle. Parmi ces 2.270 participantes, 21,4% étaient diabétiques, 6,1% prenaient de l’insuline. 63,7% ont déclaré une activité sexuelle au cours des trois derniers mois.

– Le risque de déclarer une faible satisfaction sexuelle globale s’avère plus de deux fois plus élevé chez les femmes diabétiques insulino-dépendantes, et de 40% accru chez les femmes diabétiques non-traitées par insuline vs les femmes non-diabétiques.

– Aucune différence significative dans le désir sexuel ou la fréquence de l’activité sexuelle n’est observée ave vs sans diabète, après ajustement avec les autres facteurs de risque.

Parmi les femmes sexuellement actives, les femmes diabétiques traitées par insuline ont un risque double de sècheresse vaginale et de 80% accru de difficultés à atteindre l’orgasme, vs les femmes non-diabétiques.

– Parmi les femmes diabétiques, les complications comme les maladies cardiaques, les AVC, l’insuffisance rénale et la neuropathie sont associées à une fonction sexuelle diminuée sur au moins l’un des critères.

– L’étude n’a pas fait de différence entre diabètes de type 1 ou 2, mais les chercheurs supposent (âge du diagnostic, début de l’insulinothérapie) que la majorité des participantes étaient atteintes de diabète de type 2.

Des études précédentes ont déjà suggéré que les facteurs psychologiques jouent un rôle dans la dysfonction sexuelle chez les femmes diabétiques. Cette étude n’a pas évalué l’impact de la dépression sur la fonction sexuelle mais constate, après ajustement, que l’association diabète et troubles de la fonction sexuelle est indépendante de la thérapie contre la dépression.

L’évaluation de la fonction sexuelle des femmes diabétiques, en particulier de celles qui prennent de l’insuline et la surveillance des complications du diabète, apparaissent donc essentielles dans la préservation de la qualité de vie et de l’équilibre de ces patientes, concluent les auteurs.

Source: Obstetrics and Gynecology August 2012

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