Le cocktail maléfique du 13 janvier 2013

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Il y a cinquante ans, le Père de l’indépendance du Togo, Sylvanus OLYMPIO, fut abattu dans des circonstances encore non élucidées. Le matin de ce 13 janvier 1963, la dépouille fut enterrée en catimini par la famille et ses amis au Dahomey (actuel Bénin), dans un cimetière anonyme, dans une tombe anonyme ! On réservera le même enterrement, dans le même cimetière, à  Dyna OLYMPIO, la Première Dame, disparue un an après son mari !

Je suis l’un des nombreux togolais qui ont proposé, avec insistance, aux autorités de notre pays et à la famille, de faire rapatrier les dépouilles du couple au Togo, pour que des funérailles dignes leur soient réservées. Le Président de la République avait  donné son feu vert, dans un discours officiel à la Nation, à cette approche du problème… Je suis l’un des rares togolais qui avaient proposé la construction d’un Cimetière National à Lomé, genre ARLINGTON, à Washington, où se reposeront tous nos héros, nos Présidents décédés et tous ceux qui ont rendu d’énormes services à la Nation togolaise…

Si nos propositions ont rencontré un écho plus que favorable de la part du Pouvoir, ni les nombreuses Organisations de Défense des  Droits de l’Homme (ODDH), ni les leaders politiques, ni la société civile…n’ont manifesté aucun intérêt à ces propositions ! D’autres, intellectuellement malhonnêtes, ont argumenté que la tombe de Sylvanus OLYMPIO pourrait être profanée, comme si ce n’était pas plus facile de profaner une tombe, dans un cimetière anonyme, non clôturé, à AGOE, au Bénin !

Dans la nuit  du 9 au 10 janvier 2013, le grand marché de KARA  fut entièrement brûlé, avec une perte financière estimée à plusieurs  centaines de milliards…

Dan la nuit du 11 au 12 janvier 2013, c’est au tour du grand marché d’ADAWLATO  de Lomé de brûler, avec plusieurs  milliers de milliards, partis en fumée…

Les 10, 11 et 12 janvier  2013, le « Collectif Sauvons le Togo » a appelé la population à faire une marche et  sit-in à Dekon, malgré l’interdiction du pouvoir ; les manifestations  ont été baptisées : « Les derniers tours de Jéricho ».

Il y a quelques semaines, ISABELLE AMEGANVI avait appelé les femmes à marcher, vêtues de rouge, dans les rues de Lomé. Elles l’ont fait à deux reprises. Elles ont failli  défiler, nues, toujours à l’appel de la militante de l’ANC, si le clergé ne l’en n’avait pas dissuadée…

Avant d’analyser les causes, les conséquences et les responsabilités des uns et des autres, dans tout ce qui s’est passé au Togo, les 10, 11 et 12 janvier 2013 (les 3 jours précédant le 13 janvier), rappelons à nos compatriotes, ce que c’est que les murs et les tours de JERICHO  dans la Bible. Portez vous  à JOSUE, chap. 6, verset 20 et 21 :

« Alors le peuple cria, quand ils se mirent à sonner le cor et voici ce qui se passa : dès que le peuple entendit le son du cor et que le peuple se mit à pousser un grand cri de guerre, alors la muraille tomba sur place. Puis le peuple monta dans la ville, chacun droit devant soi, et ils s’emparèrent  de la ville. Puis,  ils vouèrent à la destruction, par le tranchant de l’épée, tout ce qui était  dans la ville, depuis l’homme jusqu’à la femme, depuis le jeune homme jusqu’au vieillard, et jusqu’au taureau, au mouton et à l’âne ».

Le verset 24 de ce chapitre 6 de Josué donne froid  dans le dos (eu égard à ce qui s’est passé à KARA  et à Lomé !)… :

« Et on brûla la ville par le feu, ainsi que tout ce qui s’y trouvait… »

1- La responsabilité du Pouvoir

Tous les marchés des villes sont gérés par les municipalités. C’est le maire de Lomé, l’Amiral Adegnon, qui est le grand responsable de la gestion des marchés de Lomé, et est en première ligne dans le tragédie du marché de Lomé ; et le maire de Kara est le grand responsable de la gestion des marchés de KARA et c’est lui qui doit être en première ligne dans la tragédie de KARA.

Dès que l’incendie du marché de KARA est  annoncé, le  maire de Lomé devrait se réunir avec ses collaborateurs (d’urgence) pour apporter une réponse à cette question :

« Est-ce que le même incendie peut se déclarer au marché d’Adawlato de Lomé ? ».

Et des mesures immédiates devraient être prises pour qu’on ne connaisse pas cette nouvelle tragédie. Mais rien n’a été fait et l’incendie a  tout détruit ! La question que moi je me pose  est la suivante :

« Est-ce-que l’Amiral, Directeur du Port Autonome de Lomé, a le temps de s’occuper d’une autre charge  aussi lourde, comme la gestion de la mairie de LOME? ».

Et la Directrice ou le Directeur du marché de Lomé ? Qu’a-t– elle fait, quand elle a appris que le marché de KARA a pris feu ? A-t-elle fait ce qu’elle devait faire pour que son marché ne prenne pas feu ?

La même question se pose pour la Mairie de KARA. Je ne connais pas le maire de KARA. Est-il compétent ? A-t-il le temps ? Autant de questions dont je ne trouve pas les réponses.  Des marchés comme ceux de KARA et de Lomé génèrent des revenus  colossaux dont une grande partie devait être consacrée à la sécurisation des installations, des marchandises, et des utilisateurs et utilisatrices de ces lieux. Nous attendons tous les conclusions  des deux enquêtes diligentées à propos des ces deux drames…

2- La responsabilité des acteurs politiques

La démocratie commence par la base, dans tous les pays du monde. Cela devait être la même chose au Togo. Les élections municipales et locales devaient être la priorité des priorités. Je l’ai répété cent fois. J’ai répété cent fois aussi, que le Togo avait une piètre classe politique. Aujourd’hui, elle est plus piètre que jamais. Depuis les élections législatives de 2007, les municipales devaient avoir lieu, et le plus tôt possible. Je l’ai crié sous les toits, de nuit, comme de jour. Mais hélas, au Togo, tout le monde veut être Président de la République d’abord, avant toute chose ! Même aujourd’hui, les politiciens Togolais, surtout de l’opposition, ne lorgnent que sur la présidentielle de 2015 ! Le gouvernement veut organiser des législatives et des municipales, et c’est l’opposition qui freine tout, de tous les fers, et propose un dialogue farfelu, avant toute élection ! Dodzi APEVON, Jean Pierre FABRE, Brigitte ADJAMAGBO, AGBEYOME Kodjo, Aimé GOGUE,  et compagnie, ne pensent qu’à des marches et des sit-in. Ces prématurés de la politique, qui sont pourtant presque tous des juristes, feignent d’ignorer que c’est le gouvernement qui fixe la date des élections et non l’opposition, et  que c’est le Parlement qui vote les lois relatives au découpage électoral et non la rue…

Pour ne rien arranger, ce sont de « faux sauveurs du Togo » qui entrent dans la danse ! Eux, ils comprennent encore moins bien  les textes de la République. Ils comprennent moins bien encore les textes Bibliques, et ayant survolé la lecture de la Bible, prennent l’Ancien Testament, et baptisent leur nième marche, le dernier tour de Jéricho. Et, par coincidence, ou par complicité ( ?), voilà que les deux principaux marchés flambent les 10 et 12 janvier, presque à la même heure  (une à 2 heures du matin) ! En tous les cas, l’enquête en cours nous édifiera. Les murs de KARA-marché et Lom-marché sont tombés ! Heureusement que Me Zeus AJAVON et ses amis ne sont pas rentrés dans les marchés pour trancher la tête des jeunes, des femmes, des vieux et des enfants comme à JERICHO ! Il faut être un peu intelligent quand on veut faire référence à des passages bibliques, et avoir peur d’offenser Dieu !

Pire encore, Zeus AJAVON  Gil-Benoit AFANGBEDJI, Raphaël KPANDE-ADZARE, les principaux animateurs du « Collectif Sauvons le Togo » (sic) font une fixation sur le carrefour DEKON, comme point de chute des marches du CST et de leurs sit-in… Il n’est jamais venu à l’idée de ces brillants (sic) avocats, que si c’était dans un autre pays, ou si c’était un autre  Président de la République que Faure GNASSIGBE, on aurait pu leur dire :

« Ok, allez faire votre sit-in à DEKON » …

Et le Chef de l’Etat prend son avion et s’envole pour  l’Etranger. Pendant  le sit-in, une voiture  banalisée  piégée explose, avec un bilan de 100 morts et trois cent blessés !

Le Président rentre précipitamment au pays et fait un discours de compassion au peuple et présente ses condoléances à tout le monde ! Messieurs les amateurs du CST, cela s’est déjà produit, dans le passé, dans deux ou trois pays ! Faites fonctionner vos méninges !…

Une autre possibilité est que les commerçants de Dekon, excédés par la nuisance que vous leurs causée, fassent le même coup ! Et vous ne trouverez jamais les coupables !

Vous alliez, penauds, présenter les condoléances aux familles éplorées, mais vous ne pouvez pas réveiller  les morts ! Alors, arrêtez vos conneries !

3- La responsabilité individuelle et collective

Dès connue la nouvelle de l’incendie de Kara, les femmes de Lomé devaient

retirer du marché de Lomé, tout  leur argent liquide et les bijoux, et les déposer dans les banques et les coffres des banques. Elles devraient se rendre en délégation chez le maire et lui poser la question suivante :

« Monsieur le Maire, avez-vous pris les précautions nécessaires pour que notre marché évite le sort de celui de KARA ? »

Et ce, dès le matin du 10 au du 11 janvier 2013 !

Monsieur le Maire de Lomé aussi, devait, lorsque le Président de la République lui avait  proposé ce poste, lui dire :

« Je vous remercie Monsieur le Président, mais mes charges de Directeur du Port Autonome de Lomé, ne me permettent pas d’assurer efficacement les charges de Maire de Lomé »…

Nous avions dit que la couleur rouge porte malheur à ceux et celles qui la porte en exhibition, et c’est ce que la  très peu au fait de l’Esotérisme, Isabelle AMEGANVI, ne savait pas en invitant les femmes à défiler, vêtue de rouge, dans les rues de Lomé. Celle que des femmes ont surnommé « ATOPANI » parle trop et se mélange les pinces  dans sa tête, en invitant même les femmes à défiler nues. Si elles l’avaient  fait, peut-être que l’incendie du marché aurait eu lieu en plein jour, et il y aurait eu de nombreuses pertes en vies humaines. La malédiction s’abat toujours sur celles qui montrent leur nudité à la face du monde …

Jean Pierre Fabre et Isabelle AMEGANVI connaissent bien nos marchés de Lomé pour y avoir fait des tours, pour inviter les femmes à suivre leurs marches, mais ils n’ont pas eu l’intelligence de proposer aux femmes, qu’elles prétendent « sauver », de contracter des assurances incendie sur leurs marchandises !

On ne peut faire l’impasse sur la coïncidence  de ces trois jours qui précèdent le 50ème anniversaire de l’assassinat de Sylvanus Olympio. C’est une très bonne chose que les offices religieux soient célébrés, avec Gilchrist Olympio et le Président Faure GNASSINGBE, côte à côte, sur l’esplanade du Palais des Congrès. Pendant ce temps, Jean Pierre FABRE et  Claude AMEGANVI font une marche à part, comme s’ils sont aussi  des descendants directs de Sylvanus OLYMPIO ! A partir du moment où le propre fils du Président assassiné, accepte la main tendue du Président actuel, il n’appartient pas à des despérados de faire de la diversion, à moins que, eux aussi, ne soient des enfants (peut-être naturels) du Président  OLYMPIO!…

Il faut transformer l’essai, en ramenant les dépouilles du couple présidentiel  OLYMPIO à Lomé…

Deux grandes questions, sans réponses, se posent ce jour, pour en revenir à l’incendie des deux marchés :

« Pourquoi nos pompiers ne peuvent –ils pas disposer de camions performants pour éteindre le feu, partout au Togo ? » ;

« N’avons-nous pas honte de toujours faire appel à des ghanéens pour éteindre nos feux, ou pour sauver de la noyade nos compatriotes, avec leurs zodiacs »?

Mes Propositions :

Former 150 pompiers togolais au GHANA, et recycler par rotation, nos pompiers actuels ;

Acquérir 15 nouveaux camions de pompiers, avec tous les accessoires indispensables ;

Revoir et actualiser le statut des pompiers ;

Recruter cinq médecins urgentistes, à rattacher au corps des  Sapeurs Pompiers ;

Faire contracter une Assurance INCENDIE et VOLS sur toutes les marchandises entreposées dans tous les marchés du Togo.

Dr IHOU David, Ancien Ministre de la Santé et de la Population, Consultant en Géopolitique et Stratégie Sécuritaire

 

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