Le CMDT veut un ministre de la diaspora pour « niquer » les Togolais de la diaspora

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Le Dr Amouzou sait placer les mots comme Faure et son pouvoir aiment : « La Diaspora togolaise existe donc elle veut qu’un ministère dédié lui soit attribué afin de créer réellement les conditions de la pleine participation de la Diaspora avec l’ensemble des Togolais, à la création de richesse et au développement du pays.». Autrement dit, sans un ministère de la diaspora, les Togolais ne pourront pas connaître aussi une participation entière dans la création de la richesse. Est-ce cela ? Autant demander aux islamistes Ennahdha en Tunisie comment ils ont fait pour tisser un réseau qui a finalement fait d’eux les grands vainqueurs des élections législatives, eux qui ont vécu à l’extérieur tout le temps que la dictature de Ben Ali flambait de tous les feux. Après six mois, loin des médias, le CMDT est de retour, chers Togolais. Et à force de faire du CMDT un « yoyo » ridicule, il faut s’attendre à ne plus entendre des mots qui galvanisent et font de ladite organisation une machine qui fait peur au pouvoir en place. Il fallait dire pour sa sortie des mots qui retiennent une attention particulière.  Amouzou et son équipe ne s’en sont pas privés. Tout de go, le CMDT liste trois doléances. Et la plus importante est celle d’un ministère pour la diaspora. Fallait-on s’attendre à autre chose dans un Togo où l’on nous a tous appris à ne rien faire, si ce n’est diriger les autres à tout faire ? Bien qu’au Lynx nous ayons attiré l’attention des esprits sur le fait qu’il n’y avait rien qui augure des lendemains meilleurs avec le CMDT, les temps semblent indubitablement nous donner raison. On se perd en conjectures de savoir qu’après trois ans d’existence et sans un travail qui ferait dire aux uns et aux autres que le « Club CMDT »,a fait un bout de chemin salutaire, que le comité de pilotage lance un appel retentissant pour un poste ministériel.

Le problème du CMDT.

Quand le Dr Amouzou, amis, et affiliés annoncent tambours battants qu’il faut un creuset dans lequel  les Togolais devraient se retrouver, la noblesse de l’idée avait gagné rapidement tous les Togolais du monde entier. Lors de son premier congrès à Bonn, les Togolais affluent de partout. Des Etats-Unis, de la Grande Bretagne, de la Suisse, de la France, et de toute l’Europe. Ils s’étaient réunis au grand complet avec une discipline des travaux qui faisait rêver. Des ministres de Faure étaient tous en état d’alerte maximale, et des coups de fil pleuvaient de partout  pour avoir le parfum de la grande rencontre. Si dans les faits, une base venait de naître, dans le fond, Faure et apparatchiks n’avaient pas à avoir peur. Et pour cause, les têtes qui devraient diriger la structure n’ont encore fait aucune preuve dans la direction des hommes. Si le Togolais de l’intérieur est médiocre sur le plan organisationnel, et stratégique, le togolais de l’extérieur l’est davantage, et c’est connu. Amouzou quitte l’ancienne capitale allemande Bonn, avec un cahier de charges. Il faut faire du CMDT, un « foutoir » incontournable pour les Togolais de la diaspora.

 Mais le rêve né à Bonn va virer au désespoir avec l’incapacité  d’Amouzou à faire entendre la voix du rassemblement des Togolais de l’extérieur au Togo. Le premier échec atterrit quand Faure va aux élections sans même chercher à savoir si près de deux millions qui vivent hors du Togo ont leur mot à dire. Le CMDT est affaibli plus que jamais. Pis, l’ami du Dr Amouzou qui n’est autre que le fonctionnaire du PNUD et premier ministre Gilbert Houngbo, le cloue au pilori en créant sa propre diaspora. Alors une diaspora dans la diaspora ? Entre l’argent de Houngbo, donc du contribuable investi pour l’autre diaspora et les cotisations que Amouzou doit attendre des Togolais pour faire émerger son travail sur le terrain, le choix est clair. Le troisième échec vient lors du recensement de 2011. Faure fait compter les Togolais de l’intérieur et oublie proprement le CMDT. La boucle va être bouclée quand pour le besoin de la cause, le prélat Nicodème Barrigah atterrit en Europe et « contourne » la diaspora.

Amouzou est fait petit mais ne se demande pas pourquoi le CMDT est foulé au pied par Faure et apparatchiks. Dans le fond, comme dans les faits, le pouvoir de Lomé sait que le Dr Amouzou doit glaner ici et là pour réunir les Togolais au sein d’un même idéal. Sans aucun budget, le pouvoir sait aussi que la bataille est perdue d’avance faute du nerf de la guerre : l’argent.  Et pour terminer, les mêmes qui veulent une diaspora forte, sont les mêmes qui veulent une dictature forte et se frottent avec une dictature ubuesque. Les connivences (filiales et amicales) entre les pères du CMDT et le pouvoir de Lomé fait mal au dos et le RPT et Faure ne le savent que trop bien. Et tout ce mic-mac ne reste pas sans conséquences….

Le Togolais de la diaspora est plus prompt à laisser une ardoise salée dans un restaurant huppé que de mettre quelques euros dans des mains obscures qui ne savent mêmes pas qu’on part de la base en remontant. Amouzou ne sait pas par exemple que le nombre de ses compatriotes en Europe sont au 3/4 analphabètes. Le Dr Amouzou et son équipe ne savent pas que c’est vers ces Togolais qu’il faut faire un travail d’information, de sensibilisation et avoir une écoute particulière.

C’est avec amertume que nous remarquons qu’il faut être d’une posture « intello-intellectuelle » larvée de belles vestes pour être de la messe du CMDT. Amouzou n’avait-il pas laissé entendre qu’il préférait un petit nombre qui fait un travail de fond qu’un grand nombre qui viendra remplir la salle pour rien ? Le grand nombre étant pour la plupart le petit peuple, il faut dire qu’Amouzou éprouve toutes les difficultés à faire passer son message. Et pourtant, c’est ce petit peuple qui a le plus besoin des services des cadres de la diaspora. Tous les recoupements du Lynx font du patron du CMDT l’un des gros financiers. Résultat, Amouzou n’a pas tellement besoin d’être bousculé pour qu’il bouscule à son tour le pouvoir de Faure. Depuis sa création, le CMDT n’a pu créer aucun réseau, aucun Think Thank. Et pourtant, si les idées ne manquent point, ceux chargés de diriger la diaspora sont plus animés par « l’esprit de critiques » que de regarder la réalité sur le terrain et de prendre le taureau par les cornes. Le mouvement voulait un lutteur chevronné. Il accouche d’un homme qui semble être dépassé par les évènements !

Un ministère de la diaspora au service de la dictature !

Quand  le Pr Léopold Gnininivi de la CDPA est rentré pour changer quelque chose en travaillant avec Faure, il est ressorti avec quelques kilos qui ont eu raison de son petit corps, hier émacié et ses joues qui parlent d’elles mêmes. Quand Agboyibor est rentré, on raconte que son cabinet a fait peau neuve en un délai record. Alors est-ce le tour de la diaspora d’aller au bal ? On se tord les pectoraux de savoir qu’après un travail biaisé, ridicule du CMDT,  que l’organisation lorgne déjà un poste ministériel. On se pose la question, pour servir quelle diaspora ? Quand dans le même temps les Togolais qui, en grand nombre, ne savent rien de leur existence. Mais, diantre ! Avec quelle alchimie, le CMDT peut dire qu’il mérite un ministère au Togo ?  Quand nous avions proposé au CMDT, lors d’une téléconférence d’aller droit au but et de demander de « droit » un fonds pour l’organisation des travaux de Lille, Amouzou et ses amis nous ont répondu que le CMDT voulait faire sa mue sinon sa lutte tout seul. Mais quelle différence y a-t-il entre faire les pieds et les mains pour demander un « ministère de la diaspora » et un « fonds pour soutenir une messe de la diaspora? ».  Seules les logorrhées, qui pensent qu’on peut bâtir une nation en cherchant les arguments avec une lampe en plein jour, pourront nous répondre et justifier leurs petits calculs. La lutte, si elle prend du plomb dans l’aile, tire son échec dans cette incapacité des Togolais à ne jamais tirer leçons du passé. Dans toutes les réunions du CMDT, tous les apparatchiks du RPT sont logés, nourris et leurs transports payés par le contribuable Togolais. Que pouvait-on nous reprocher quand on évoqua qu’il faille la même démarche  qui consistait à faire une demande officielle et qui devrait être relayée par la presse pour ne pas donner l’idée d’une diaspora  qui basculait dans les escarcelles du pouvoir.

La diaspora malienne a fait un travail de fond. Elle a pu avec l’aide de ses patrons savoir leur nombre en France. Elle s’est rapprochée de chaque malien. Elle a fait un travail de génie en recensant leurs doléances, leurs souffrances… Mais Amouzou dites-nous ce que vous avez fait de tout cela pour qu’un ministère tombe comme un fruit mûr dans les escarcelles du CMDT ? Mais combien de Togolais souffrent de la cherté du prix du passeport sans que vous ne soyez au courant ? On se rappelle qu’au congrès de Bruxelles, c’est encore avec les mêmes trémolos dignes de Pangloss que des Togolais ont louvoyé que le CMDT devrait aller à la rescousse du compatriote et gardien de but des Eperviers Kossivi Obilalé. Qu’en avez-vous fait  de cette initiative au CMDT? Auriez-vous une petite idée sur la difficulté que traverse ce grand patriote. Et quand, on bâti une organisation sur des menteries, il faut s’attendre à voir l’organisation chuter de 100 personnes à 50 pour terminer avec 30 personnes. Et le CMDT semble évoluer de cette manière, en décrescendo.

Revenir aux fondamentaux !

Il ne faut pas aller par quatre chemins pour découvrir le secret. Tant qu’on va se réunir en cravates et binocles aux yeux comme entre ces étudiants africains dans « Ville Cruelle » de Mongo Beti, il n’y aura pas un consensus, mieux la mayonnaise ne prendra pas entre le Togolais, qui travaille en Europe comme ouvrier et le Togolais, qui a reçu une bourse d’études ou qui est arrivé pour faire des études parce que ses parents avaient des  moyens – d’ailleurs prélevés sur les deniers publics dans la plupart des cas, et qui travaille comme médecin, cadre de banque ou ingénieur. L’ONG allemand CARITAS comptait plus de 12.000 Togolais en Allemagne. Mais le Dr Amouzou a-t-il pris sur lui de faire un travail sociologique et de savoir les différents étages de cette société togolaise en Europe ? Apparemment non !

 Si les peuples des pays du sahel au-delà des diplômes restent attachés à leur culture, le Togolais est plus enclin à singer comme l’occidental. Ici se pose clairement le problème du « donner et du recevoir ». Dans la plupart des cas, les cadres togolais sont en déphasage avec l’immigré. On refuse de voir au maçon, au cuisinier, au peintre, à l’ouvrier le droit de venir s’asseoir et d’avancer ses idées. A Bonn, à Bruxelles comme à Lille, le décor était plus calqué sur le modèle de la Conférence Nationale Souveraine des années 1990. Et pourtant, l’intellectuel togolais a depuis montré sa fougue de « corrompu » notoir.

 Pour trouver des solutions idoines qui rassemblent, il faut que le Dr Amouzou quitte son piédestal en expérimentant la politique du « Home to Home ». Ça paie. Une équipe chargée de venir vers les Togolais de la base en Europe devrait être constituée. Je m’explique. Au lieu de faire des démonstrations de vol des élections par Faure entre intellectuels tous les cinq ans, le mieux serait de profiter des occasions festives des Togolais pour faire passer le message. Il faut cibler tous les Togolais qui dirigent dans toute l’Europe une association afin d’élargir le champ d’action.  Il vaut mieux avoir un ouvrier qui est plus respecté au milieu des siens que d’avoir un intellectuel complexé qui a du mépris pour les siens. Et dans la diaspora togolaise, il y a ces Togolais qui ont fait leur preuve dans la conduite les hommes. Un Think Tank entre l’intellectuel, l’analphabète, l’ouvrier et le chômeur s’impose à nous. C’est seulement dans ce cadre qu’on pourra s’attaquer aux maux dont souffrent les Togolais. Et c’est seulement par ce travail de fond qu’on pourra devenir une force. La démocratie s’installera et la diaspora ne demandera plus qu’on lui attribue un poste ministériel qui dans les faits lui revient de droit si elle est organisée et sincère. Tout le reste, n’est qu’une fuite en avant, et saupoudrage indolore aux yeux.

Demander un ministère de la diaspora reviendrait à choisir quelqu’un qui serait chargé de nous « niquer » nous tous avec notre propre bénédiction…. Pour la simple raison qu’aucun Togolais de la diaspora n’a encore dégagé le consensus par sa manière d’être, plus proche des siens, par sa manière de rassembler, par sa manière d’accoucher les idées, qui hissent le Togolais de la diaspora et ne le fait plus de lui un sous-homme devant les ambassades de son pays comme devant l’autorité du pays hôte.

Camus Ali Lynx.info

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