Le Cmdt Dadja Maganewe : Il se fanatise au nom de Faure

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Comme récemment encore la presse a rapporté les méthodes musclées de celui qui se prend décidément pour Rambo et qui terrorise les populations au nom de Faure Gnassingbé, notre petit préfet a décidé de frapper encore plus fort.

En effet, à la suite de nos dénonciations parues sur les sites internet togolais et étrangers, il entre littéralement en furie et se rend dans le quartier Nada de Kouka où il accuse, sans aucune preuve, les populations de l’avoir livré à la vindicte médiatique pour salir son nom. Il désigne les coupables dont l’auteur de l’article incriminé et à qui il promet l’enfer…et dans la foulée, les deux pauvres paysans Kofi et Timolibe.

Pour comprendre le mobile réel de l’arrestation de deux des leurs, les sages du quartier Nada se rendent auprès du président du tribunal de première instance de Guérin Kouka, M. Toitre. Ce dernier leur dit sans ambiguïté que lui-même ne comprend pas le comportement du préfet Manganawè dans cette affaire. Il ajoute que selon lui et au vu de la loi, il n’y a pas lieu d’arrêter et faire détenir sans motif et sans aucune charge des citoyens libres et innocents de la République qui n’ont demandé que des droits de propriété terrienne. Il leur conseille alors d’aller voir le préfet pour le faire revenir à la raison et à la justice. Sachant pertinemment que rien ne pouvait justifier son comportement, le préfet face aux délégués la seule réponse dont il est capable : « Allez donc voir Kofi Yamgnane et Targone, opposants anti RPT pour lesquels vous votez ! ». Ainsi donc, le mobile est strictement et exclusivement politique !

La Communauté internationale doit donc comprendre ce que les Togolais savent et dénoncent depuis toujours : « Quand on est opposant au Togo, on finit en prison ! ». Et en faisant cela, le petit préfet applique les instructions de Faure-le-démocrate-apaisé.
La suite de l’affaire est bien triste. Les deux pauvres gars sont arbitrairement condamnés par « la justice » togolaise à 2 ans et 6 mois d’emprisonnement ferme et à des amendes de 250 000 CFA chacun. Pour quelles raisons ? Que leur reproche le préfet ? Personne d’autre que lui-même ne le sait aujourd’hui ; mais un jour viendra où nous le saurons tous et où les vrais coupables devront répondre de leurs injustices faites à nos frères chez nous.

En citoyens républicains honnêtes et confiants dans la justice de leur pays, les « condamnés » décident de faire appel de ce jugement inique. Ils ignorent qu’en république togolaise sous le règne de Faure Gnassingbé et de son caricatural préfet de Dankpen, la séparation des pouvoirs est une illustre inconnue : ici n’existe qu’un seul et unique pouvoir, celui qui fait la loi, rend la « justice » et « gouverne » le pays. Il s’appelle Faure Gnassingbé, porté à bouts de bras par une armée surpuissante.
Ils vont donc l’apprendre à leurs dépens : ils tombent de charybde en Sylla. Le juge Toitre qui en arrivant, souhaitait appliquer la loi, est broyé par l’autoritarisme du préfet et réduit en laquais. Ayant appris les leçons des traitements infligés à son prédécesseur, le juge Bruno Toké, M. le juge Toitre comprend qu’il doit appliquer à la lettre les directives du petit préfet. Il décide tout à la fois de faire obstruction à la justice et de balader, humilier et ruiner les justiciables. Ainsi, il les envoie à Bassar (70 km) près du régisseur qui ne tient ses audiences que dans l’enceinte de la prison civile de cette ville ; lequel les renvoie à Kouka auprès du Greffier qui doit renseigner le formulaire qu’il leur a délivré avant de revenir à Bassar puis de déplacer les détenus de Bassar à Kouka à fin de signer l’appel…
Que recherche exactement notre magistrat dans cette série procédurale qu’il met en place ?
Clairement, il poursuit trois objectifs non avoués :
• humilier et ruiner les victimes qui malgré tout continuent à croire en la justice ; les faire dépenser de l’argent dans des déplacements nombreux et coûteux en frais de taxis.
• jouer sur les délais légaux pour l’appel d’un jugement, afin que ceux-ci soient expirés avant même l’aboutissement de la procédure. Aujourd’hui les victimes sont définitivement bloquées car elles ne peuvent faire déplacer par leurs propres moyens un prisonnier détenu.
• un procès en appel est déjà en cours à Kara dans une affaire de faux complot qui vise de pauvres opposants que le petit préfet veut absolument faire embastiller. Malheureusement, le procès a mal tourné pour notre préfet Rambo…et le juge Toitre doit à tout prix éviter à son commandant une nouvelle humiliation…il ne faut donc pas qu’ait lieu ce nouveau procès de tous les dangers.
Tous ceux qui ne connaissent pas MANGANAWE et qui de plus, ne suivent pas l’actualité de Guérin- Kouka, pourraient aller s’imaginer que le préfet est décidément notre « tête de turc » et se poser la question : pourquoi ?

Alors présentons succinctement « le commandant-préfet-Rambo » :

Qui est exactement MANGANAWE ? Un militaire nommé pour « services » rendus au RPT, Préfet de Dankpen. Installé à Guérin Kouka il y a 10 ans, il se comporte comme le commandant de cercle au plus beau temps des colonies.
Rappelons que dès 2006, le commandant Manganawè, pour une histoire de pâturage opposant des peuls nomades à des paysans, avait fait déferler la troupe sur la préfecture pendant deux semaines entières et organisé une véritable chasse à l’homme visant les autochtones dans les cantons de Nawaré et de Nandouta. Plusieurs civils, les mains nues, avaient été froidement abattus par la soldatesque dans le canton de Nawaré. Manganawè s’était personnellement « contenté » de torturer des pauvres paysans qui en portent encore les stigmates aujourd’hui. « Bienfaiteur » des peuls, il leur avait soutiré quelques bœufs pour son compte personnel. C’est à cette époque qu’il a commencé à se constituer un troupeau constitué de bêtes volées et qu’il fait soigner dans la région de Blitta. Blitta, c’est aussi la circonscription électorale de…Faure Gnassingbé ! Peut-il ignorer que son protégé qu’il a nommé préfet en pays Bassar pour dompter les populations natives, fait conduire un troupeau de bêtes volées chez lui ?
Ayant le sens de la justice expéditive, se mêlant de tout, se considérant en pays conquis, Manganawè, c’est Rambo en tout petit, en miniature en quelque sorte : tous les juges qui sont passés par Kouka sous son règne peuvent en témoigner.
En 2005, c’était le juge Ajoda qui a trinqué. En 2008, ne fût-ce grâce à la population, le juge Toké aurait été massacré par les milices RPT sous la conduite de Manganawè lui-même, avec la complicité permanente de son acolyte, Noumabre, chef du canton de Kidjaboune. Il a toujours bloqué le fonctionnement normal de la justice dans notre préfecture, y compris même des mandats d’arrêt….surtout quand ils sont délivrés contre ses amis !
En 2011, prétendant punir les opposants de la préfecture, il fait fermer un collège en construction dans le canton de Nandouta après y avoir fermé l’école primaire du hameau de Kourkpon. Aujourd’hui, il terrorise la population du quartier Nada dans le canton de Kidjaboune.

Et pourquoi s’arrêterait-il de si tôt ? Puisque Faure et son régime qu’il sert l’encouragent, mettent à sa disposition l’armée pour mater toute voix discordante ! Voilà les contre valeurs de la démocratie dont nous exigeons la fin immédiate. Voilà la réalité du régime Faure dont nous demandons la démission volontaire. Pourquoi garder un officier de l’armée comme préfet, alors même qu’il est connu et reconnu pour sa brutalité abjecte et sa très grande « sensibilité » à la corruption? Quelle a pu être la faute de cette population qui de gré ou de force, a porté le RPT jusqu’ici, comme toutes les autres populations togolaises ?

Pourquoi les pleurs des populations ne touchent-ils pas celui qui se dit leur Président ? Et même sans route ni électricité ni eau potable, notre priorité est notre dignité qui passe par le départ de Dadja Manganawè de chez nous.
Et un Président démocrate devrait être capable d’entendre leurs propres moyens les supplications de son peuple.
Monsieur le Président, les populations de Dankpen sont désespérées par votre régime, si bien illustré chez nous par votre préfet! Que pouvons-nous attendre de vous ?

Derrick Tamandja

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