Le camp militaire occupé par le RSP libéré, Diendéré introuvable. Bilan de sa folie : 11 morts et 50 milliards de francs CFA perdus par l’Etat

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Il a ajouté qu’il ne se « trouvait plus » sur cette base militaire, sans donner davantage de précisions.

Communiqué

Peuple du Burkina Faso

Malgré les gages de bonne foi donnés par le Gouvernement de la Transition et les Forces de Défense et de Sécurité, les éléments putschistes de l’ex RSP sont restés inflexibles dans leur volonté de défier le Peuple burkinabè, en refusant de désarmer depuis le dimanche 27 septembre 2015 conformément aux engagements pris devant Sa Majesté le Mogho Naaba et la communauté internationale.

Usant de manœuvres dilatoires dans l’attente de renforts extérieurs et dans l’optique d’une remobilisation éventuelle de soutiens internes, ces éléments putschistes entourés d’une poignée d’irréductibles ont ainsi pris en otage la vie quotidienne de millions de Burkinabè.

Face à cette situation qui était devenue intolérable pour notre Peuple, déterminé à tourner cette page sombre de notre histoire commune, nos patriotiques Forces de Défense et de Sécurité ont pris leurs responsabilités avec succès.

Ainsi, tour à tour, les places ou camps occupés par l’ex RSP, notamment le camp Naaba Koom, ont été libérés par nos vaillantes Forces de Défense et de Sécurité.
Le bilan des opérations sera ultérieurement établi.

Le Gouvernement de la Transition félicite le peuple burkinabè pour sa mobilisation sans faille depuis le début de cette crise et les Forces de Défense et de Sécurité pour leur professionnalisme et comportement républicain.

Il réitère son appel à la tolérance et au bon accueil de nos frères de l’ex RSP. Il lance un appel au renforcement de la réconciliation et de l’unité nationale, et exhorte tout un chacun à œuvrer dans ce sens.

Le Service d’information du gouvernement

Burkina: l’armée reprend la caserne des ex-putschistes, tourne la page du coup d’Etat
En reprenant la caserne où étaient retranchés des ex-putschistes, l’armée loyaliste semble avoir repris le contrôle de la situation dans le pays, et tourné la page du coup d’Etat qui a ébranlé le Burkina depuis le 17 septembre.

A l’issue d’un bras de fer entre anciens putschistes et autorités légales, l’armée du Burkina a lancé un assaut pour reprendre la caserne Naaba Koom II. Des soldats du RSP (ancienne garde prétorienne de l’ex-président Blaise Compaoré) qui rechignaient à désarmer pour conserver des moyens de pression, y étaient retranchés.

« La situation est calme. Un assaut a été donné. Il n’y a pas eu d’affrontement. Ils (le RSP) ont quitté la caserne », qui jouxte le palais présidentiel à Ouagadougou, a déclaré le chef d’état-major des armées du Burkina, le général Pingrenoma Zagre.

Avant ce dénouement, l’armée qui affichait une volonté claire d’en finir avec ces irréductibles, avait tiré à quatre reprises avec des armes lourdes sur la caserne, suivis par des tirs nourris, selon un journaliste de l’AFP.

Auteur du coup d’Etat avorté, le général Gilbert Diendéré — un très proche de l’ex-président Compaoré renversé en 2014 par la rue après 27 ans de pouvoir –, a déclaré mardi soir à l’AFP qu’il se « mettrait à la disposition de la justice » de son pays.

Il a ajouté qu’il ne se « trouvait plus » sur cette base militaire, sans donner davantage de précisions.

Auparavant, l’ex-chef putschiste avait appelé sur une radio burkinabè ses hommes à « déposer les armes pour éviter un bain de sang ».

La médiation régionale avait proposé une amnistie pour les putschistes, immédiatement rejetée par la société civile, qui n’a cessé de rappeler que le putsch avait fait une dizaine de morts et une centaine de blessés.

Augmentant d’un cran la pression, l’armée avait annoncé leur avoir donné « encore une chance » aux putschistes retranchés de « se rendre pour éviter » un « affrontement ».

Cinq jours après sa dissolution officielle par le Conseil des ministres de vendredi, le RSP, les auteurs du putsch tentaient encore mardi de ralentir leur désarmement pour pouvoir mieux négocier.

Mais l’armée a encerclé mardi matin toute la zone autour de la caserne, plaçant véhicules blindés, pick-up et hommes armés de mitrailleuses et de RPG aux carrefours, a constaté l’AFP.

La circulation était interdite dans ce secteur et le chef d’état-major Pingrenoma Zagré avait « pour des raisons de sécurité, invité les populations à éviter tout mouvement dans la zone de Ouaga2000, quartier sud où se trouvent le Palais présidentiel Kosyam et la caserne ».

Avant ce dernier coup de pression de l’armée sur les ex-putschistes retranchés, les deux parties étaient entrées ces derniers jours dans une bataille de communication avec des annonces contradictoires successives sur l’état du désarmement notamment.

Le régime de transition a parallèlement procédé à l’arrestation, « en lien avec le putsch », de Djibrill Bassolé, ex-ministre des Affaires étrangères de Compaoré, qui souhaitait se présenter à l’élection présidentielle prévue le 11 octobre, selon des sources sécuritaires concordantes.

Il fait partie, avec le général Diendéré et sa femme Fatou Diallo Diendéré, des 14 personnes dont les avoirs ont été gelés samedi par la justice, qui a aussi bloqué ceux de quatre partis, dont le Congrès pour la Démocratie et le Progrès (CDP), le parti de Compaoré.

L’Union africaine a levé la suspension du Burkina Faso de l’organisation panafricaine et annulé, dans l’immédiat, la mise en oeuvre des sanctions contre les instigateurs du coup d’Etat, tout en prévenant que « ces sanctions peuvent être réactivées à tout moment, au cas où les éléments du RSP (…) tenteraient d’entraver la conduite de la Transition et d’en compromettre l’aboutissement ».

Perpétré le 17 septembre par le RSP, le putsch a finalement échoué une semaine plus tard.

La crise a coûté environ 50 milliards de francs CFA (75 millions d’euros), selon le conseil des ministres lundi.

Le général burkinabé Diendéré demande au RSP de rendre les armes
OUAGADOUGOU (Reuters) – Le général Gilbert Diendéré, auteur d’un putsch manqué à la mi-septembre au Burkina Faso, a demandé mardi soir à la garde présidentielle qui l’avait soutenu de déposer les armes.

Selon un officier de l’armée gouvernementale, les soldats ont pu pénétrer dans la caserne du Régiment de sécurité présidentielle (RSP) à Ouagadougou « sans rencontrer beaucoup de résistance ».

Peu auparavant, des coups de feu avaient été entendus près de la caserne, devant laquelle les soldats burkinabés loyalistes avaient pris position.

Le général Diendéré a lancé son appel lors d’une interview à Radio Oméga, précise le compte Twitter de la station.

« Aujourd’hui, vu la dégradation de la situation sécuritaire, je demande aux éléments de l’ex-RSP d’accepter le désarmement, d’accepter de déposer les armes pour ne pas envenimer la situation », a-t-il dit. « Je demande à tous les éléments de rentrer dans les rangs et de laisser tomber, de baisser les armes et de revenir au niveau de la caserne ou au niveau de leur lieu d’affectation. »

Le RSP a été dissous vendredi à la suite de l’éphémère coup d’Etat de Diendéré mais refusait de déposer les armes.

« J’entends des tirs, ils sont espacés et pas réguliers », a déclaré un habitant du quartier Ouaga 2000 de la capitale burkinabée.

Dans un communiqué, l’armée a recommandé dans la journée à la population d’éviter le secteur de Ouaga 2000, proche de la présidence et où se trouve la caserne du RSP, et aux habitants de se calfeutrer chez eux.

Elle a également demandé aux journalistes de se tenir à l’écart et de ne rien révéler sur les positions des soldats « afin de ne pas compromettre les opérations en cours ».

Lundi, le chef d’état-major des forces armées a déclaré que les membres de l’ex-garde prétorienne refusaient de rendre les armes. Il a accusé le général Gilbert Diendéré, de chercher l’appui de forces étrangères et de activistes islamistes.

La gendarmerie a par ailleurs arrêté mardi Djibril Bassolé, ancien ministre des Affaires étrangères de l’ex-président Blaise Compaoré, chassé du pouvoir l’an dernier sous la pression de la rue.

La candidature de Bassolé à l’élection présidentielle prévue le 11 octobre prochain a été rejetée au début du mois par le Conseil constitutionnel. Le général Diendéré avait cité ce rejet de candidature comme l’une des raisons du putsch du 17 septembre.

Les violences liées à la tentative de coup d’Etat ont fait au moins onze morts et 271 blessés.

Le RSP, qui appuyait le général Diendéré, a été dissous vendredi par décret lors du premier conseil des ministres qui a suivi le rétablissement dans ses fonctions du président de transition, Michel Kafando.

Dans une interview accordée lundi à la chaîne de télévision France 24, le général Diendéré a pour sa part assuré que le désarmement se poursuivrait en dépit des menaces et des arrestations visant des membres de l’ancienne garde présidentielle.

Après avoir suivi un traitement médical au Maroc, l’ancien président Compaoré devait regagner ce mardi la Côte d’Ivoire, où il vit en exil depuis un an.

(Mathieu Bonkoungou avec Makini Brice et Nadoun Coulibaly; Henri-Pierre André et Guy Kerivel pour le service français)

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