Laissez…

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À un homme qui demandait à Jésus la permission d’aller d’abord enterrer son père avant de venir le suivre, le Maître avait répondu : «  Laisse les morts enterrer leurs morts. Et toi, viens et suis-moi. ».

 Voilà le pasteur Zinsou encore pris en flagrant délit ( puisque c’en est un! ) de prédication. De quoi s’agit-il? Eh bien, je me demande pourquoi nos opposants s’agitent çà et là après la nomination de Ahoomey-Zunu par Gnassingbé, comme s’il y avait un véritable évènement, alors qu’il n’y en a pas. Un pouvoir mort quant aux valeurs républicaines, quant à la vision de la nation togolaise, nomme un homme depuis longtemps mort  lui-même pour le peuple. Y a-t-il là de quoi  perdre son temps, sa salive et son encre?  Je me serais inquiété si Gnassingbé  avait trouvé à nommer  un opposant d’un parti encore vivant ( vous savez ce que c’est).

Je voudrais que nous examinions la deuxième proposition de l’ordre donné par le  Maître, dans le sens de ce que nous avons réellement à faire, immédiatement : j’entends des voix ça et là, aux propos rébarbatifs : réformes constitutionnelles et institutionnelles, dialogue, apaisement etc. comme s’il s’agissait de concepts nouveaux au Togo, généralement exprimés ou considérés comme des vœux pieux. Or, la réalité est de savoir où on est, à qui on parle, avec qui on veut faire ces réformes, ce dialogue,on peut rendre effectif l’apaisement. En ce qui me concerne, je le dis humblement, mais je suis sûr de ne pas me tromper en le disant: ce n’est pas au cours du règne Gnassingbé, avec Gnassingbé que tout cela va se réaliser. Encore moins avec Ahoomey-Zunu qui n’a, comme tous les premiers ministres depuis la fin de Koffigoh 1 ( celui, élu par la Conférence Nationale Souveraine et non celui nommé par Eyadema ) aucun pouvoir réel. La feuille de route remise à Ahoomey-Zunu est, si l’intéressé était lui-même sincère, il l’avouerait, lettre morte.

Ce qu’il faut faire? Vous le savez, Messieurs les opposants-en-chefs. Je vous entends parler du CST, puis de OBUTS, puis du CAR, puis de la CDPA, puis de quoi? De « moi…moi… »peut-être. Avant, vous parliez joliment du FRAC et même de Sursaut-Togo. Or, le sursaut se fait attendre à l’heure où précisément on en a besoin pour sortir des petitesses de nos ego, pour bondir hors des étroitesses de nos partis  et groupements et réaliser quelque chose de grand, à la taille du grand rêve que nourrit le peuple togolais.

Si donc ce qui caractérise et ce qui tue aussi le système Gnassingbé, c’est l’étroitesse de sa vision de la nation ( pas de salut sans Gnassingbé! ), que faites-vous d’extraordinaire en l’imitant sans l’avouer?

Pendant bien des années, certains comme moi ont prêché, dans le désert peut-être, l’unité, rien que l’unité à toute l’opposition. Chaque fois qu’elle nous a paru aller dans ce sens, nous nous sommes  réjouis, avons applaudi. Mais, la nature du Togolais est-elle ainsi que pour un pas en avant, il lui en  faut faire deux autres en arrière ou  marcher de guingois, comme un crabe, quand il poursuit un but inavoué, sournois?

Vous qui n’êtes pas partisans de cette façon de marcher comme un crabe, laissez donc Ahoomey-Zunu et tous ceux qui vont comme lui servir le pouvoir Gnassingbé à leur vision étroite. Mais vous, véritables opposants, ayez-la, large, si c’est aux aspirations du peuple togolais que vous voulez répondre.

Sénouvo Agbota ZINSOU

 

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