La Riposte. A qui profite sa chute ?

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Dans ce que l’on pourrait désormais appeler la crise de la gestion calamiteuse de monsieur Dramane Ouattara, il y a une confusion stupide que font, trop souvent d’ailleurs, les tenants actuels du régime ivoirien. En fait, comment arrivent-ils à tenir le Fpi et les pro-Gbagbo, pour seuls responsables de tous les mouvements et humeurs « anti-Ouattara » ?

Et ce, dans un pays où la société reste encore et profondément divisée ; les libertés individuelles et collectives menacées ; le peuple wê génocidé, exproprié de ses terres ; les principes élémentaires de la démocratie bafoués ; lorsque le régime licencie abusivement, sur la base de critères strictement ethno-religieux ; quand la cherté de la vie frappe tous les foyers ; quand le citoyen, quel qu’il soit est angoissé à l’idée de se faire agresser à tout moment et en tout lieu par des voyous, des dozos, baptisés Frci par Ouattara et déversés  partout dans nos villes et villages ; quand ces mêmes dirigeants soufflent le chaud et le froid en parlant de « dialogue républicain » ou de « réconciliation nationale » et que dans le même temps ils menacent d’amener au cimetière tous ceux qui se dresseront sur leur chemin…

Il faut donc, naturellement se faire à cette triste réalité : la misère et l’angoisse, actuellement entretenues par Ouattara et sa bande, n’épargnent personne. Les mécontentements, les grognes, les indignations ne sont pas manifestés que par le seul parti ou les partisans de Laurent Gbagbo. Les agents de Sotra, abusivement licenciés, le bureau politique du Pdci critiquant violemment son allié du Rdr, le peuple Wê, victime de massacres, le commerçant, la ménagère au panier vide, l’étudiant oisif, les policiers grugés, les fonctionnaires floués dans leurs revendications, les exilés affamés…, sont-ils tous membres du Fpi ou mordus de Laurent Gbagbo ?

De même, quand ce régime, à travers sa gestion approximative des affaires de l’Etat, contribue chaque jour à augmenter les tensions sociales et la misère des populations, à qui pourrait bien profiter la fin immédiate d’un tel régime ? Une fin qui correspondrait, bien évidemment, à la cessation des souffrances et angoisses infligées aux ivoiriens. Notez donc qu’il s’agit bien des ivoiriens et non du Fpi ou des seuls proches de Laurent Gbagbo – A moins que tous ces ivoiriens ne soient assimilables aux militants du Fpi, donc aux partisans de Laurent Gbagbo. Ce qui donne une réponse claire et sans appel du véritable résultat de l’élection présidentielle qui s’est déroulée en 2010 – Partant de ce fait, la nature ayant horreur du vide, la Côte d’Ivoire pourrait ainsi être prise en main par d’autres ivoiriens, cette fois, plus responsables et véritablement soucieux de l’intérêt supérieur des ivoiriens.

En tout état de cause, que Ouattara et son équipe ne s’y méprennent plus. Le sentiment « anti-Ouattara » gagne du terrain et prend de l’ampleur. Il ne s’agit pas que du Fpi ou des patriotes résistants. Il s’agit des ivoiriens, dans leur ensemble, qui dans un instinct de survie, se retrouvent pour dire non au régime dictato-tribal d’Abidjan.

Sur ce fondement légitime, peut-on encore se demander à qui profite la chute du monarque des rattrapés?

Marc Micael

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