L’AFP annonce pour la 1ère fois que Ouattara n’est pas éligible

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La vérité, c’est que le président Ouattara est inéligible au titre de l’article 35, au même titre que d’autres Ivoiriens dont moi-même

Abidjan – Une ancienne ministre de l’ex-président Laurent Gbagbo a réclamé jeudi le report de la présidentielle d’octobre en Côte d’Ivoire, dénonçant de « mauvaises » conditions de préparation malgré les promesses du chef de l’Etat Alassane Ouattara de garantir un scrutin « totalement apaisé ».

« Le niveau de préparation des futures élections est loin de rassurer les acteurs politiques de l’opposition », a affirmé Danièle Boni-Claverie, ex-ministre de la Femme dans le dernier gouvernement Gbagbo (décembre 2010-avril 2011).

L’URD (Union républicaine pour la démocratie), le petit parti d’opposition qu’elle dirige, « exige le report des élections sur une durée à étudier de façon consensuelle », a lancé Mme Boni-Claverie lors d’une conférence de presse.

Emprisonnée durant plusieurs mois à l’issue de la crise postélectorale puis remise en liberté au nom de la réconciliation, elle a dénoncé la révision en cours des listes électorales qui, selon elle, laisse présager « une importante fraude » et fait peser de « réelles menaces » sur la présidentielle.

Elle a également critiqué « l’échec du dialogue politique » entre opposition et pouvoir et le fait que « 18.000 ex-combattants » armés n’aient pas été réintégrés, « menaçant la paix sociale ».

Plus de 3.000 personnes ont péri durant la crise postélectorale de 2010-2011, née du refus de M. Gbagbo de reconnaître la victoire de M. Ouattara à la présidentielle de novembre 2010, après une décennie troublée.

Candidat à un second mandat, le président Ouattara est le grand favori du scrutin de 2015, un rendez-vous crucial pour la stabilisation du pays.

Il a promis mardi des « élections totalement apaisées » qui « permettront de tourner la page ».

« Il semble qu’il y ait deux Côte d’Ivoire », a ironisé Danièle Boni-Claverie.
Cette figure de la vie politique ivoirienne s’est en outre prononcée pour
une révision constitutionnelle.

Voté en 2000, l’article 35 de la Loi fondamentale, qui stipule qu’un candidat à la présidentielle « doit être Ivoirien d’origine, né de père et de mère eux-mêmes Ivoiriens d’origine », est abondamment commenté ces derniers mois en Côte d’Ivoire.

Les détracteurs de M. Ouattara ont toujours affirmé qu’il était inéligible, l’accusant d’être d’origine burkinabè.

« La vérité, c’est que le président Ouattara est inéligible au titre de l’article 35, au même titre que d’autres Ivoiriens dont moi-même », a assuré Mme Boni-Claverie, métisse ivoiro-française.

Du côté du pouvoir, on estime que M. Ouattara « ayant exercé la fonction présidentielle, il est rééligible de plein droit ».

AFP
 

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