Jamais ?

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Ça fait désordre, mais surtout froid dans le dos. Ces attaques à répétition, ces morts, ces blessés, ces armes évanouies dans la nature, ces assaillants invisibles, imprévisibles, ces Frci surexcités, à chaque coin de rue de notre pays, ce langage et ce ton vaniteux du régime d’Abidjan.

Un nouvel évènement après ceux de Yopougon, Abengourou et Akouédo: des personnes non identifiées ont encore attaqué. Cette fois, le corridor Frci de la ville d’Agboville, puis ont disparu. Branle-bas au sein du régime d’Abidjan. La tension est montée d’un cran. Quelle sera leur prochaine cible ? Qui sont-ils ?

Monsieur Hamed Bakayoko, l’homme de main de monsieur Alassane Ouattara, semble avoir la réponse : « Ce sont les pro-Gbagbo ». Il a même donné des noms, des lieux, des dates, des indices. Normal, c’est lui qui est chargé de la sécurité intérieure. Au nom de l’impérieuse « obligation de résultats », pour son mentor très amer, parait-il. Pour les ivoiriens très inquiets. Du coup, le réseau de déstabilisateurs est démantelé, l’enquête est bouclée. Les ivoiriens peuvent dormir tranquille. « Super Ham Bak » veille désormais au grain, après la déculottée d’Akouédo. Sauf que…

Les ivoiriens savent. Ces attaques ont une allure de déjà-vu. Elles ressemblent fort étrangement au remake d’un film qu’on pourrait titrer : « Commando invisible, saison 2 ». Ces ivoiriens connaissent d’avance la fin tragique de ce film d’horreur. Eux qui ont souffert des bruits des armes, des corps putréfiés dans les rues. Eux qui ont encore en mémoire ces heures effroyables durant lesquelles, apeurés, ils se sont terrés chez eux, dans leurs cachettes, d’où ils ne cessaient de prier de toute leur âme, pour que tout cela s’arrête.

Ils croyaient pourtant, le temps des canons et des kalachnikovs passé, les revoilà aux mains de monsieur Alassane Ouattara, dressant le lit des évènements que nous vivons actuellement, à travers ses errements. Et ces errements ont des noms: justice sélective, impunité éhontée…

Avec toutes ces attaques, la psychose qui n’avait en réalité pas reculé, s’est bel et bien amplifiée, au sein de la population ivoirienne.

Comment rassurer les ivoiriens ?

Le régime d’Alassane Ouattara n’a pas cherché longtemps la réponse à cette question. Son ministre de l’intérieur, Hamed Bakayoko, toujours le même, croit avoir trouvé les mots qui rassurent: « (…) sur quoi je voudrais demander aux ivoiriens de ne pas douter, c’est qu’ils (les assaillants, ndlr) ne pourront jamais tenir une position de manière durable. C’est impossible. (…) C’est impossible que ces gens-là puissent prospérer dans la violence ». Ou il croit le régime de monsieur Ouattara invulnérable, ou il compte sur apparemment sur autre chose.

Les Frci ? Ces soudards qui ont fait étalage de leur nullité face aux assaillants ? Certainement pas. Leurs alliés d’hier ? L’Onuci ? La force française Licorne devenue subitement aphone et invisible ? Les services secrets étrangers ? Peut-être.

Mais peu importe. Un adage populaire prévient : « Il ne faut jamais dire ‘’jamais’’ ». Pour le rendre plus complet, nous ajouterons: « Car nul ne sait, les pensées les plus profondes de l’homme», à moins d’être une divinité. Les Etats-Unis, superpuissance mondiale, n’ont « jamais » imaginé, ni prévu, un seul instant qu’un coup leur serait porté sur leur propre sol. Pourtant, ils ont essuyé ce cinglant revers des attentats du 11 septembre. Evènement qu’ils ne sont près d’oublier de toute leur vie.

En Côte d’Ivoire, la propension qu’a le régime de monsieur Ouattara, à se croire invulnérable, si elle ne relève pas de la simple intimidation, est purement de l’orgueil. Or l’orgueil précède la chute. « Jamais », ont-ils dit ?

Marc Micael La Riposte

 

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