Interview:«… l’on ne sait pas d’où il prend tous ces milliards FCFA pour financer sa précampagne électorale »

0

« De plus, l’on ne sait pas d’où il prend tous ces milliards FCFA pour financer sa précampagne électorale, qui s’apparente à un achat des consciences ! Et alors même que le CODE ELECTORAL n’autorise que 50 cinquante millions FCFA de dépenses par candidat aux élections présidentielles et alors même qu’il dispose déjà, de façon abusive, de tous les moyens d’Etat qui faussent la concurrence régulière entre les divers candidats et alors même que la TVT ne cesse parler de ses bienfaits aux enseignants, infirmiers, artisans, paysans, hommes d’affaires,…etc!  Et alors même que son ministre de l’Intérieur, à travers ses préfets, interdit au candidat KOFI de se présenter aux chefs de village qu’il visite… ! »

Lynx.info : qu’est-ce que la « réconciliation » pour M. Kalife ?

NMK : Le geste de rapatriement des restes du Sylvanus Olympio devrait être la consécration suprême de la Réconciliation nationale. Mais pour y parvenir, il faudrait, au préalable, éliminer ce qui divise et oppose les Togolais : ce sont les inégalités et les injustices qui les briment en entretenant, en leur for intérieur, une animosité envers les privilégiés qui exploitent leur pays à leur détriment, et ces crimes économiques ont été fortement mis en service au cours de ces 5 dernières années où FAURE a gouverné. Il a beaucoup déçu tous ceux qui avaient osé espérer voir en lui le changement radical tant attendu par rapport aux anciennes méthodes de son père, Feu Eyadema.

C’est pourquoi la Commission « Vérité, Justice, Réconciliation », qui a pour mission de réconcilier les Togolais meurtris par les 20 dernières années de troubles socio-politiques générant la misère aggravée et l’injustice, aurait dû faire changer de cap à la politique de Faure, au lieu de se contenter de dire à répétition des « messes » d’appel à l’apaisement, en pensant qu’il y aurait des violences à nouveau en 2010, comme s’il allait y avoir à nouveau des tricheries dans les urnes comme en 2005 !

C’est quand même bizarre que le Togo soit le seul pays de notre sous-région à devoir faire appel à l’apaisement en période pré-électorale, à plus de 6 mois de l’échéance électorale, comme si l’on était certain qu’une répression grave aurait lieu encore : pourquoi donc cela ?

Or, les autres pays n’en jamais eu besoin de cela ! Pourquoi seul le Togo connaît des répressions meurtrières, si ce n’est à cause des truquages prémédités dans l’organisation des élections ou dans les déclarations des résultats ? Il est sûr que les citoyens, se sentant frustrés d’avoir été volés de leurs voix déposées dans les urnes, finiront par se révolter ! Alors que s’il n’y a pas de tricherie, rien ne sera à craindre, comme dans les autres pays voisins !

Pourquoi voulez-vous que le Togolais soit plus violents que les peuples voisins, alors même que le monde entier reconnaît que le Togolais est le plus gentil et le plus accueillant des peuples d’Afrique ?

Faisons appel à un psychosociologue et il vous le confirmera bien, sans hésitation !

En conséquence de quoi, il est à conclure que cette Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » ne fait pas correctement son boulot. D’ailleurs, il suffirait de constater que dans sa composition trinitaire, son Vice-président, Mme Tchangaï-Walla n’est autre que l’ancien Président de la CENI des élections présidentielles d’avril 2005, que le monde entier reconnaît avoir été très mal organisées, et dont elle avait elle-même déclaré les résultats que le monde entier a reconnu comme douteux… Alors, l’on est en droit de douter de l’efficacité de cette Commission dont le Président évêque semble tout gentil comme un bonbon.

Lynx.info:  Mais comment, M. Kalife, envisagez vous donc le travail de cette Commission de Réconciliation ?

NMK : Pour répondre à cette grave question, il faudrait d’abord déchiffrer ce qui divise les Togolais dans le fond de leur existence quotidienne où ils souffrent ?

Ce qui les divise, c’est d’abord la corruption. Pourquoi ? Parce qu’elle permet l’accaparement des richesses nationales par une petite minorité constituée d’un petit groupe d’individus entourés de 2 milliers de personnes, au détriment de la très grande majorité constituée de 99% de la population dont les conditions de vie se détériorent depuis 20 ans et dépérissent depuis 5 ans que Faure est au pouvoir. Le pouvoir d’achat du Peuple togolais a été divisé par trois depuis 1982. C’est cela qui divise fondamentalement  les Togolais qui se sentent meurtris dans leurs conditions de vie  quotidienne ; c’est leur appauvrissement grandissant qui les désole et les fâche contre la minorité au pouvoir, alors qu’il y a une petite minorité proche du pouvoir qui s’approprie des milliards et des milliards FCFA grâce à des opérations illicites dont les revenus devraient plutôt alimenter le Budget social de la Nation de façon à améliorer les conditions de vie des populations démunies.

D’ailleurs, une étude commandée par le PNUD auprès du Patronat  togolais en 2007 avait montré qu’il y a avait 25 milliards FCFA par mois de manque à gagner au budget de l’Etat, soit 300 milliards FCFA sur l’année 2007, et cela était attribué aux malversations au niveau des Douanes, Impôts et Caisse de Sécurité Sociale. Ces malversations concernent des droits de douanes non payés sur l’entrée des marchandises, des TVA non déclarées, d’impôts sur les bénéfices non déclarés par les bénéficiaires de ces profits illicites ainsi que de diverses autres taxes non payées, de cotisations salariales non déclarées à la CNSS,… etc.  Il faut aussi remettre sur pied droit notre Justice, où des jugements iniques dégoûtent les justiciables qui se sentent brimés par une justice non sereine et partisane.

C’est justement tout cela qui divise, à la base et d’abord, les Togolais.

Ils sont privés des bienfaits de ces recettes budgétaires manquantes, de plus de 300 milliards FCFA : en effet, ces recettes  pourraient être dépensées au niveau des centres de santé, des écoles, des collèges et lycées et des 2 Universités de Lomé et Kara, du doublement de la rémunération des fonctionnaires et surtout des enseignants, du corps médical et des ingénieurs et de tous corps de métiers dont le Togo a besoin pour sa reconstruction et son développement, alors que nos cadres efficaces, mal payés, partent travailler à l’étranger où ils sont mieux payés et où l’on reconnaît leurs mérites, sans discrimination aucune.

C’est donc de cela dont devrait s’occuper la Commission « Vérité, Justice et Réconciliation » pour remettre à plat le terrain de vie des Togolais, aujourd’hui, avant même d’aborder les réparations du passé.

Pour comprendre mon point de vue d’humaniste proche du Peuple et du Citoyen, il faut savoir que les Togolais regardent avec suspicion tous ces gens enrichis, sans mérite personnel, comment ils construisent des grands bâtiments de plusieurs centaines de millions FCFA, comment ils achètent des grands domaines, comment ils gèrent de grosses fortunes, sans parler  de toutes les fuites de capitaux illicites qui sont acheminés par avion vers Dubaï (Zone franche où l’on ne demande pas de justifier l’origine des fonds déposés dans leurs banques, où un correspondant spécial les accueille…). Par ailleurs, l’on sait aussi, grâce à des études financières internationales, qu’il y a d’importants fonds qui se placent à l’étranger au lieu d’être investis dans le pays, où ils pourraient créer des dizaines de milliers d’emplois pour la jeunesse au chômage, cela aussi fâche les Togolais avec leurs gouvernants.

Quand cette minorité de privilégiés s’accapare de toutes les richesses du pays sans aucun mérite personnel, comment voulez vous, dans ces conditions, que les Togolais puissent se réconcilier ?

Le mal c’est qu’il n’y a pas d’égalité entre les citoyens, ceux qui sont proches du régime et ceux qui travaillent seuls sans compromission ! Comment voulez vous réconcilier cette minorité de moins de 1% de la population avec les 40% de la population active qui n’ont pas d’emploi et qui souffrent de malnutrition et d’incapacité à s’acheter des médicaments, en mourant sans soins?

Une solution qu’aurait pu proposer cette Commission « Vérité, Justice, Réconciliation », c’est que cet argent-là accaparé illicitement par ces privilégiés, même s’il est pillé dans le pays, puisse revenir au Togo moyennant une amnistie fiscale, mais à la condition qu’il soit intégralement réinvesti dans le pays, pour y créer des emplois, notamment dans des investissements gelés au moins 5 ans dans des usines ou dans l’agriculture et les services, de façon à consoler tout le monde, notamment en donnant du travail aux jeunes sans emploi, pour leur permettre de vivre par leur travail et recouvrer leur dignité.

En résumé, la réconciliation doit partir de:

– l’arrêt de la corruption à la douane, aux Impôts, aux Domaines, à la Police, à la Justice,…etc

– l’ouverture de l’administration à la compétence de ses recrutements par concours anonymes, qui ne doivent plus être faits sur des critères discriminatoires, de façon à faire sentir l’égalité entre tous les Togolais à présent que l’équilibre de formation scolaire entre le Nord et le Sud a été réalisé jusqu’en 1990 

– nommer des responsables de société qui soient compétents et dignes de leur poste, de façon à ce qu’il n’y ait plus de clientélisme (en favorisant les militants d’un parti) ni de népotisme (en favorisant les cousins et les frères du village).

Lynx.info: M . Kalife, vous qui êtes en dehors des Partis, que reprochez vous á  Faure ?

NMK : Ce qui m’apparaît à présent le plus regrettable de la part de notre jeune  Faure, c’est que nous tous, membres de la société civile, non embrigadés par un parti politique, nous avions crû au départ, malgré qu’il fût mal élu en avril 2005, qu’il serait moderne et loyal envers le Peuple, à la différence de son père qui n’avait pas été à l’école. Or, malgré ses soi-disant diplômes universitaires, notamment de l’université de Paris-Dauphine où mon propre fils enseigne, nous constatons que, depuis son arrivée au pouvoir, rien n’a vraiment changé pour les conditions de vie des populations, par rapport aux pratiques de son prédécesseur, son feu père Eyadema, à tel point que les gens disent avec amertume : « tel père tel fils ».

Et surtout, malgré ses promesses aux bailleurs de fonds, Faure ne nous a pas montrés à nous, les contribuables togolais, la moindre transparence dans la gestion des fonds publics depuis 2005, alors que c’était déjà la grande tare du régime Eyadema : or, c’est par là qu’avait pêché son père dictateur !

Et l’on ne sait guère s’il n’en a pas eu le courage, ou bien s’il n’en a pas la capacité ni la volonté, en tant que Président, de changer cet état des choses si regrettable pour tout un Peuple qui souffre et gémit depuis si longtemps… depuis 1982, soit depuis 28 ans, en ayant subi la division par TROIS de son niveau de vie!

Quel autre Peuple aurait accepté un tel dénivellement de ses conditions de vie sans se révolter ?
Mal élu en 2005, Faure aurait dû se racheter en gouvernant bien, en faisant appel à des membres compétents de la société civile, comme moi-même qui était prêt à servir le redressement de ce pays sans même être rémunéré comme je le lui avais écrit, et nous l’aurions amené à  redistribuer les richesses du pays au profit du Peuple et non pas les laisser piller par cette minorité nuisible qui divise les Togolais en les privant du minimum de bien-être.

Rien de bon n’a été réalisé par le Faure, sauf depuis 8 mois qu’il bat campagne avant l’heure autorisée, au cours desquels il a distribué des milliards et des milliards FCFA en faveur de certains enseignants du privé, des artisans, des paysans, des infirmières, revendeuses en tous produits …etc…etc,, et cela sans arrêt, à travers diverses associations du genre « SHARE » ou autres, jour après jour, que l’on voyait à la TVT, et jusqu’aux 500.000 sacs de riz thaïlandais dont la vente à 2010 FCFA a ruiné les commerçants qui vendent leurs propres sacs de riz à 8.000FCFA.

De plus, l’on ne sait pas d’où il prend tous ces milliards FCFA pour financer sa précampagne électorale, qui s’apparente à un achat des consciences ! Et alors même que le CODE ELECTORAL n’autorise que 50 cinquante millions FCFA de dépenses par candidat aux élections présidentielles et alors même qu’il dispose déjà, de façon abusive, de tous les moyens d’tat qui faussent la concurrence réglière entre les divers candidats et alors même que la TVT ne cesse parler de ses bienfaits aux enseignants, infirmiers, artisans, paysans, hommes d’affaires,…etc!  Et alors même que son ministre de l’Intérieur, à travers ses préfets, interdit au candidat KOFI de se présenter aux chefs de village qu’il visite… !

Face à tout cela, la communauté internationale se tait, alors que toute cette façon d’agir est contraire à l’esprit des 22 conditionnalités conclues entre lui ou son père et la Commission Européenne pour rétablir en 2006 la coopération interrompue en 1993. Certains observateurs vont jusqu’à déduire que Faure a des alliés parmi les Chefs d’Etat de la CEDEAO et les hauts responsables de la Commission Européenne, qui ferment leurs yeux sur ce qu’il fait … 

Et tout cela ne contribue guère à améliorer son image de marque auprès des Démocrates togolais, ni d’ailleurs à l’étranger chez les observateurs objectifs. Alors même qu’en bon citoyen togolais que je suis, j’aurais aimé que mon Président soit le plus beau, le plus démocrate et le plus juste parmi tous les Chefs d’Etat africains, à l’instar de l’admirable ATT du Mali, dont il aurait pu s’inspirer pour réconcilier tous les Togolais !

Lynx.info: Comment comprendre qu’après 50 ans d’indépendance, qu’on retrouve le fils de l’ancien président et le fils de son présumé assassin, tous deux comme principaux candidats à la présidentielle ?

NMK : C’est une lutte sans fin. C’est comme dans les histoires des royautés au Moyen âge européen, où il y avait des luttes héréditaires entre les prétendants au trône, entre 2 familles. Cela est mémorable dans l’histoire du Duché de Florence en Italie entre le XII° et le XV° siècle, jusqu’à l’avènement de la famille Médicis en 1430. L’histoire du Togo depuis le 13 janvier 1963 revient à cela en quelque sorte. En effet, depuis l’assassinat du  Sylvanus Olympio, il y a eu  des tentatives de la part de son fils aîné Bonito, pour éliminer Eyadema ou reprendre le pouvoir. Il en est ainsi de Gilchrist Olympio qui a pris le relais de son frère aîné, malade puis décédé. Et ce n’est qu’en avril 1991, sur la menace de révolte de la jeunesse menée par Me Degli principalement, qu’Eyadema publiera la loi d’amnistie permettant à Gilchrist de rentrer au Togo en toute Liberté… et encore…, faut il se rappeler qu’il y eut la tentative d’assassinat de Gil en décembre 1991 à Soudou, signifiant bien que la guéguerre n’était pas finie entre eux!

Lynx.info: Comment  sortir de ce piège électoral où les électeurs hésitent encore entre FAURE et Gilchrist?

NMK: Il faut donc les Togolais comprennent bien que, tant qu’il y aura la lutte entre ces deux dynasties, Olympio et Gnassingbé, ils n’auront jamais la paix. Qu’on se le dise, pour toujours ! C’est de la vendetta que les Italiens connaissent bien depuis mille ans.

C’est pourquoi je pense que le clan Gnassingbé, disposant des moyens de répression, ne laissera jamais la dynastie Olympio lui reprendre le pouvoir, par crainte des règlements de compte,à moins que leurs enfants ne se marient entre eux, pour éteindre le feu, comme le faisaient les dynasties concurrentes au Moyen Âge. 

Aujourd’hui, il faut savoir que même si Olympio arrivait à gagner les élections, on aurait des lendemains très douloureux, comme cela s’était passé en avril 2005 avec un millier de morts et des milliers de blessés ;  et s’il arrivait, par hasard, que Gilchrist remporte officiellement les élections, le clan adverse cherchera toujours à le faire partir d’une façon ou d’une autre….car ils craindront toujours des jugements qui leur seront punitifs et les dépossèderont de leurs biens. D’ailleurs, n’est-ce pas pour cela que tout le clan au pouvoir cache ses richesses à l’étranger ?.

Et c’est bien pourquoi je vous prie tous, chers compatriotes, de changer de logique électorale, et d’exclure ces 2 candidats de vos choix présidentiels, pour avoir la paix et avoir enfin des élections paisibles et transparentes.
Pour sortir de ce cercle vicieux, il faudrait voter pour un opposant autre qu’Olympio ou son représentant désigné par l’UFC comme cela s’était passé avec Bob Akitani qui n’avait servi à rien. Il faut que le candidat soit hors de cette logique vicieuse des 2 familles, étant capable de fédérer la majorité de l’opposition en respectant toutes ses composantes dans un gouvernement de réconciliation nationale où seront présents des membres compétents de tous les partis, à commencer même par ceux du RPT, qui auraient le quart des ministres à eux seuls puisqu’ils représenteraient seuls toute la nouvelle opposition, et ceci afin de leur faire sentir qu’ils ne sont pas exclus du gouvernement du Togo et qu’ils sont pleinement associés à la reconstruction du pays.

En outre, comme autre condition complémentaire, il faudrait que le candidat d’union de l’opposition n’ait pas de règlements de compte avec aucun des autres chefs de Parti, de telle sorte que la confiance règne entre eux tous, sans vengeance.

Et ce candidat commun de l’Opposition pourrait alors agir comme « arbitre », et non comme dictateur, laissant le 1er Ministre désigné par la nouvelle majorité parlementaire issue des nouvelles élections législatives à faire aussitôt après l’élection du nouveau Président, diriger l’action gouvernementale, sur une base commune, contenue dans le « programme commun de gouvernement »  ou « feuille de route », auquel toutes les parties prenantes auront souscrit durant la campagne, et que le nouveau Président sera chargé d’en suivre l’exécution par le gouvernement.  

En effet, il faut éviter de répéter ce qui s’était passé durant la Transition de 1991/93 où tous les chefs de parti s’étaient tirés dans les pattes en désignant un premier ministre médiocre, et il en reste aujourd’hui  beaucoup  d’animosités des uns envers les autres, ce qui explique la mésentente et la division actuelle de l’opposition.

Lynx.info: Quels sont vos critères pour le choix du nouveau Président ?

NMK : C’est pourquoi il nous faut un homme neuf, qui n’ait pas trempé dans tous ces déboires de la Transition et qui n’a donc pas de règlements de compte à rendre à quiconque !

Il faut en outre que le nouveau Président ait les qualités de bonne gestion publique.

C’est pour tout cela que  j’ai proposé Kofi Yamgnane. Je ne l’ai pas choisi par hasard, croyez moi…

Je l’ai choisi aussi, parce qu’il n’a pas créé de parti politique, et qu’il n’a pas une histoire avec nos problèmes de personnes concurrentes au cours de la Transition de 1990/94.

Aussi, quand KOFI s’est présenté, j’ai trouvé que c’était une chance pour le Togo : je l’ai rencontré, je l’ai écouté et j’ai apprécié sa capacité de riposte et de souplesse, et surtout qu’il n’est pas régionaliste, et aussi qu’il a une pensée d’homme d’Etat. Il sait élever la solution des problèmes à leur plus haut niveau. Il n’est mesquin ni roublard et il tient sa parole. Il a le souci principal de réer des emplois, de donner l’assurance maladie à tout le monde et d’envoyer tous les Togolais à l’école jusqu’à 16 ans. Cela m’a plu. On voit bien qu’il a été à l’Ecole de la République !

Ce personnage m’a marqué: il change de tout ce que j’ai connu jusqu’ici.

En plus, il n’aura aucune tendance à devenir dictateur car un président ne peut se transformer en dictateur que s’il a une majorité de Députés à l’Assemblée Nationale. Or KOFI n’a même pas de parti, et il s’engage à ne pas créer de parti. Donc aucun risque de dérive despotique ou dictatoriale !

Ainsi KOFI est-il l’homme idoine qu’il nous faut pour résoudre nos problèmes, aujourd’hui ! Et puis demain, nous verrons avec l’évolution démocratique, qui d’autre pourra être élu avec la majorité des 2 tours…

Tout d’abord, KOFI va dissoudre l’assemblée nationale, organiser de nouvelles élections législatives, et ce sera la nouvelle majorité parlementaire, sortie des urnes, qui va désigner le nouveau premier ministre. Et ce sera ce Premier Ministre qui dirigera l’action gouvernementale, pendant que le nouveau Président agira en arbitre des institutions, pour trouver une solution aux problèmes
insolubles et pour veiller au respect du « Programme Commun » signé par tous les Partis associés à son élection.
Kofi prévoit un gouvernement de  40 ministres dont 20 désignés par les Partis composant la majorité parlementaire, 10 par le Président et 10 par l’Opposition parlementaire qui se voit ainsi reconnaître son statut très respectable.

Ainsi, il y aura donc un partage des pouvoirs entre le Président désignant 10 ministres, la Majorité parlementaire désignant le Premier Ministre et 20 ministres, et l’Opposition parlementaire désignant 10 ministres.

J’ai trouvé ce projet de KOFI très équilibré et républicain. il nous apportera une vraie réconciliation entre tous les Partis, lui-même n’ayant pas de Parti, et l’on sera débarrassé des deux clans Olympio et Gnassingbé.  OUF ! Enfin la PAIX !!!

Lynx.info: Que fera KOFI Yamgnane ?

NMK : Il va essayer de faire ce qu’il faut pour aboutir à cette réconciliation et à cette paix ! Faites lui confiance, c’est un  vrai professionnel de la Politique, qui a fait ses classes dans le pays républicain par excellence, la France. De même que nos meilleurs médecins, nos meilleurs Professeurs, nos meilleurs Ingénieurs sont ceux qui ont fait leur formation en France, il faudrait que chaque Parti togolais envoie ses cadres suivre une formation supérieure auprès des Partis Européens où ils apprendront comment faire de la Politique sans ruiner ni diviser leur pays. Sur ce point, KOFI est en avance sur eux tous et c’est pourquoi il faut le choisir !!!.

Son expérience à la Présidence togolaise servira ainsi d’exemple à nos nouvelles générations d’hommes politiques togolais et aussi africains,  qui devraient désormais faire quelques années de stage et de perfectionnement auprès de Partis européens amis, ce qui amènerait nos partis togolais à raisonner autrement que par attachement aveugle à une personne, cause de nos malheurs !

Lynx.info: Comment faire pour assurer la transparence dans les élections, alors même que les conditions de sécurité et de sûreté ne sont pas encore garanties. A qui imputer la responsabilité des dérapages électoraux dont l’opposition se plaint, sans arriver à sortir un texte commun ?


NMK : Etant donné que Faure a été reconnu par l’APG comme Président du Togo, normalement il appartiendrait à l’APG de choisir le matériel électoral pour l’élection présidentielle, car elle joue le rôle de super Constitution!!. Donc, pour cette élection présidentielle, il aurait fallu commander de façon indépendante un nouveau matériel, pour la simple raison que l’ancien matériel a été conservé pendant 27 mois par le pouvoir RPT ou par une société amie, depuis octobre 2007. Cela laisse évidemment soupçonner par toute l’Opposition la possibilité de manœuvres frauduleuses visant à disposer de fausses cartes électorales, car il y a beaucoup de bruits qui courent là-dessus et c’est vraiment regrettable si c’est vrai.

Et iI faudrait vite lever le voile sur ces doutes, pour rassurer les électeurs qu’ils ne seront pas bernés ou floués… Il faudrait trouver les coupables et les punir définitivement, en les excluant du processus électoral en cours et à venir, si Faure ne veut pas être éclaboussé dans cette affaire douteuse

Car, à juste titre, et à plusieurs interviews internationales, le Président Faure lui-même s’est engagé pour la transparence des élections comme au Ghana voisin: alors qu’est-ce qu’il attend pour intervenir et lever tous les doutes sur les gonflements des listes électorales?

Et je pense que, pour éviter ces dérapages graves, l’APG aurait dû exiger que le matériel électoral soit commandé et conservé par les Nations Unies, afin de rassurer tout le monde.De cette façon, l’on aurait garanti la transparence du scrutin promise par Faure.

 Lynx.info : L’armée togolaise a  toujours pesé sur la crise togolaise depuis 1991. Pensez-vous que votre candidat pourra espérer la neutralité de l’armée ?


NMK : Vous savez  que pour Kofi l’armée n’est pas un problème. D’ailleurs, il le montre bien dans sa politique économique, où l’Armée jouera un rôle essentiel dans la reconstruction et le développement économique du pays ? C’est bien l’Armée qui nous permettra d’attirer 3 millions de touristes par an, grâce à la sécurité générale que l’Armée instaurera sur toutes les routes du Togo et dans tous les quartiers urbains, et dans tous les cantons du Togo, avec la collaboration des gendarmes et des policiers, 24H /24, et cela par des roulements permanents de 3 équipes de rotation à raison de 8 heures par jour, sur l’ensemble du territoire.

Et, grâce à cette sécurité générale qui rassurera tous les touristes, le Togo doublera son Revenu National en 5 ans, nous permettant de réaliser des performances de croissance économique supérieures à celles de la Chine.
En effet, grâce à l’aide de l’Armée venant en appui à la sécurité civile permanente,  Kofi Yamgnane fera du Togo la première place touristique de l’Afrique de l’Ouest, et cela grâce à la sécurisation des touristes. Kofi  compte déployer une force permanente de 16.000 hommes, composés de 2.000 gendarmes, 2.000 policiers, et 12.000 militaires, qui vont travailler ensemble pour assurer la sécurité sur tout le territoire. Et tous ceux qui contribueront à cette force de sécurité touristique recevront une prime augmentant de 50% leur salaire.

Grâce donc à notre Armée, le Togo gagnera 1.300 milliards FCFA de plus de revenu national par an, générés par le vaste programme touristique de Kofi nous attirant 3 millions de touristes par an qui dépenseront en moyenne 660 euros au cours de leur séjour au Togo.

Et c’est bien cela le génie de KOFI : il faut lui faire confiance et voter pour lui, surtout que lui n’a pas de clan ni de membres de parti politique à favoriser!  Avec KOFI ce sera le règne de la compétence qu’il trouvera dans tous les Partis et dans la société civile. Et je veillerai personnellement sur tout cela, à ses côtés, comme Conseiller Spécial permanent, chargé de veiller à la coordination économique.

Interview réalisée par Camus Ali  Lynx.info

 

 

Laisser une réponse