Inondations à Lomé : La fuite de responsabilité des autorités

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Cette année encore l’inondation a fait parler d’elle dans tout le pays surtout à Lomé, la Capitale du Togo : presque tous les quartiers, toutes les maisons sont inondées et du coup les occupants ont été  délogés. Les autorités togolaises, quant à elles, sont impuissantes devant le calvaire des populations. Et pourtant elles sont en partie responsables de cette situation que vivent ces populations par le manque de politique de canalisation, d’urbanisation et d’assainissement pour le pays.

Les quartiers Adamavo, comme à Kagomé, Kagnikopé, Bè, et ses environs sont transformés en un gros village lacustre où les habitants sont obligés de se déplacer à bord des barques ou pirogues pour vaquer à leurs activités quotidiennes. Aussi, les voies publiques qui facilitent l’afflux sont inondées à tel point que les populations ont pris des initiatives pour se permettre d’ériger des ponts de fortune à partir des planches.

Malheureusement, on ignore l’apport et l’assistance du gouvernement togolais. En clair, ces hommes et femmes sont abandonnés à leur sort. Cela s’appelle tout simplement une fuite de responsabilité si on sait que le pouvoir publique a une forte responsabilité dans tout ce qui arrive au Togo comme inondation.

Il est aussi aberrant de constater qu’aucune mesure idoine et pragmatique ne soit apportée malgré que l’inondation soit récurrente. Le seul folklore présenté au peuple est la distribution aux sinistrés de quelques friperies, de bidons d’huile, de nattes, de sacs de riz sans véritablement penser que ces sinistrés ne pourront jamais se coucher que sur un lieu non inondé.

Faure Gnassingbé et les siens feraient mieux de déclarer la ville de Lomé zone sinistrée afin de lui trouver une solution définitive au lieu de s’engager dans une campagne électorale couplée d’achat de conscience à longueur de journée à travers tous les recoins du pays.

Pour l’heure, dans les quartiers inondés et particulièrement à Adamavo, à quelque chose malheur est bon. L’initiative de poser un pont à base des planches procure de l’argent aux initiateurs et propriétaires des barques. Il faut payer 50F soit 100F aller retour pour emprunter le pont pour traverser le « lac » du quartier, 200F aller retour si on prend la pirogue. Les propriétaires de motos payent 300F soit 600F aller-retour pour la même cause. A la fin de la soirée, « on fait une recette de 10 000 à 15 000F par jour. C’est vrai que c’est une situation qui n’est pas honorable mais nous devons rentrer dans nos dépenses » nous a confié un des piroguiers

Il faut vous signaler que l’initiative de poser des ponts à base des planches est purement privé et à coûté plus de 600 000 F CFA. En tout un marché assez florissant est observé sur les deux rives de chaque « lac »

Jérôme Sossou

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