Il y a eu viol des femmes !

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Mercredi dernier, lorsqu’il sonnait 16 heures, j’ai quitté le marché pour voir si les gens sont déjà arrivés. A mon arrivée, j’ai remarqué qu’on installait les chaises sous l’apatam où devait se tenir la veillée de prières et de chants organisée par le FRAC. Il y avait aussi quelques militants ainsi que quelques vieillards qui étaient assis sous l’apatam. Moi aussi, je me suis installée à côté d’eux. Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre commencent par nous encercler. Vu leur nombre impressionnant, nous avions eu peur. C’est de là que le responsable de la jeunesse nous la recommandé de rentrer dans l’enceinte du siège. Je suis entrée, puis j’ai pris place à l’entrée de la salle de réunion du parti. Soudain, les forces de l’ordre ont fait irruption sous l’apatam et sont rentrées dans l’enceinte du siège. Nous nous sommes précipités pour rentrer dans la salle. Comme cela ne suffisait pas, elles ont commencé à défoncer les portes de l’extérieur. Nous sommes partis nous enfermer dans la douche. Elles sont entrées dans la salle et ont interpellé tous ceux qui s’y trouvaient et emporté quelques objets.

Quelques minutes plus tard, les forces de l’ordre sont revenues défoncer la porte de la douche où nous nous sommes réfugiés. « Vous n’avez encore rien vu », menaçaient-elles. Elles nous ont bastonnés. Et puis, elles nous ont conduits y compris les vieillards, jusqu’au dehors. « Vous n’avez rien vu. C’est à cause de vous qu’on ne dort plus. Vous allez voir », vociféraient les agents.

Lorsqu’ils m’emmenaient, ils ont retiré mon pagne. J’ai crié en leur disant qu’il y avait 15 000 FCFA au bout du pagne et en leur signifiant que ce n’était pas mon argent. Ils ont pris l’argent et me traitaient de pute. Au moment de nous embarquer dans leur véhicule, un agent des forces de l’ordre a mis son doigt dans mon sexe. Quand j’ai riposté, il m’a giflée et son second a fait la même chose pour une amie avec qui j’étais et qui est aussi arrêtée. Ils nous ont dit que c’est ce qu’on leur a demandé de faire. Nous avons pleuré tout au long du trajet jusqu’à la gendarmerie. Là, les agents nous ont demandé de nous asseoir par terre. Certaines parmi nous protestaient contre le traitement inhumain qu’ils nous infligeaient. Ils nous ont dit : « C’est votre Fabre là qu’on cherchait. C’est à cause de vous qu’on nous dérange. Au lieu de rester tranquille et soutenir Faure, vous, vous défiez l’armée. Vous allez voir ».

Au même moment, les autres militants qui sont arrêtés, sont molestés. Certains parmi eux rampaient au sol. Les femmes âgées qui sont dans le groupe n’avaient d’autres solutions que de pleurer. Après ces exactions, ils nous ont photographiés, ils nous ont remis une ardoise sur laquelle sont écrits nos noms respectifs. La situation que nous avons vécue est inhumaine et dégradante. Je rappelle qu’ils ne m’ont pas retourné l’argent.

(libertetg.com)

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