Il n’appartient pas à un Zoulou, un burkinabé, un arabe ou à un tchéchène de régler les problèmes togolais !

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La paupérisation est définie comme l’abaissement du niveau de vie, la diminution du pouvoir  d’achat d’une classe sociale défavorisée (par rapport à l’ensemble de la société) ou de toute la population d’un pays…

Le paupérisme est défini, lui, comme un état permanent de pauvreté, d’indigence,  de tout ou d’une partie de la société…

Mais, si on connait la paupérisation ou le paupérisme social, on connait moins la paupérisation ou le paupérisme intellectuel. Au Togo, c’est avec consternation que nous constatons,  qu’en plus de la paupérisation sociale (dont j’ai fait cas dans un récent article), la paupérisation intellectuelle fait un chemin inquiétant dans la population, surtout au sein de l’intelligentsia et de la classe politique togolaise.

Depuis mon retour d’exil en Avril 2007, j’ai constaté que le climat social s’est considérablement amélioré, par rapport au climat de terreur qui existait avant mon départ pour l’exil, en mars 1993. Les élections législatives de 2007 se sont déroulées sans aucune violence, avec un scrutin transparent, reconnu comme tel par la communauté nationale et internationale… Puis, l’élection présidentielle de 2010 aussi s’était déroulée sans aucune violence et ce scrutin aussi s’était déroulée dans la transparence, reconnue par la communauté nationale et internationale. Après la proclamation des résultats définitifs par la Cour Constitutionnelle, seul l’ANC de Jean Pierre FABRE, qui n’avait pas déposé de recours, contesta les résultats et entreprit, depuis lors, une marche hebdomadaire aussi surréaliste qu’inutile et stupide…

Depuis 2007, l’Assemblée Nationale et toutes les institutions de la République fonctionnent. A l’approche des législatives de 2012, la paupérisation intellectuelle s’est accrue au Togo de façon spectaculaire. L’ANC a continué ses marches, après s’être fait plusieurs durillons aux pieds, et un territoire allant de KONDJINDJI  à la plage, s’est constitué, que nous avons surnommé FABRELAND. Comment  peut-on contester pendant des années un arrêt de la Cour Constitutionnelle, qu’on fustige à longueur d’année, alors que c’est cette même Cour qui a validé vos dossiers de candidature à la présidentielle, aux législatives et à la création de l’ANC ? Ce déficit intellectuel s’est emparé aussi, en Avril dernier, d’un trio  d’avocats, conduits  par Zeus AJAVON, qui créèrent le « Collectif Sauvons le Togo », le CST. Lisant à l’envers notre Loi Fondamentale, les dirigeants du CST ont déclaré le Président Faure GNASSINGBE « illégitime » et exigé son départ !  N’ayant rien compris à l’article 150 de notre Constitution, ils n’ont pas bien lu aussi l’article 148, qui pourrait les envoyer derrière  les barreaux, pour tentative de coup d’Etat civil !

Puis, c’est un autre Collectif, Arc-en-ciel, qui est créé, et présidé par un autre avocat. Lui, ne réclame pas, comme le CST, que «  FAURE must go now », mais que Faure « must go in 2012 » ! Avec un concept de Loi avec « effet immédiat » ! Un autre membre de ce Collectif a proposé récemment, la formation d’un gouvernement de transition, l’augmentation des salaires de 50 à 100% (sans indiquer où trouver l’argent pour le faire), la création d’un organe chargé des élections, composé de 17 membres, dont un de l’ONU, un de l’UE, un de la CDEAO, un de l’UA. Le vice-président d’Arc-en-ciel n’a sûrement  pas  lu le code électoral de la République Togolaise, qui ne prévoit rien de tout cela ! Remarquez qu’un autre  intellectuel de la société avait proposé, il y a quelques semaines, « onze piliers » pour gérer «  la crise » Togolaise et qui va dans le même sens !

Alors que la date limite du mandat de l’actuelle Assemblée Nationale expirait le 11 Novembre dernier, le Premier Ministre convoqua les leaders politiques, la société civile et les représentants du PNUD et de l’Union Européenne, avec un ordre du jour précis : le processus électoral. L’UFC refusa (et elle a raison, à mon humble avis, parce que tout a été dit dans le CPDC  N°1, le CPDC N°2, le CPDC N°3, et que l’Assemblé Nationale a voté deux lois électorales  limpides, même pour les durs d’oreilles), le CST et Arc-en-ciel n’ont  sûrement pas bien compris l’ordre du jour figurant sur les lettres d’invitation ! Ces deux collectifs exigeaient de discuter aussi des réformes institutionnelles et constitutionnelles, en ne sachant même pas que de telles reformes ne peuvent se faire qu’au sein du Parlement, ou par un référendum national !

Pourquoi le Bénin, l’Afrique du Sud, le Burkina Faso, le Niger, la Mauritanie, le Nigéria, le Ghana etc. ne demandent pas l’EU, l’ONU, l’UA, la CEDEAO  etc…  Pour organiser des élections  dans ces pays, et c’est le Togo qui le fait ? Sommes-nous plus idiots que ces pays-là ? Nous faut –il un Zoulou, un Burkinabé, un Arabe touareg ou un Tchétchènes  pour nous aider à organiser des élections ? L’avons-nous fait en 2007 et en 2010 ?

La course effrénée au fauteuil présidentiel nous fait perdre la raison au point de perdre notre âme ?

Toujours dans la dégringolade intellectuelle, un professeur d’université a traité récemment un évêque du Togo de « diable  des togolais ». Cet « intellectuel taré », pour reprendre les mots de KEREKOU, ne sait  pas que la malédiction divine peut le frapper et que le diable, qui n’aime pas qu’on le compare à Dieu, peut lui demander des comptes !

D’autre part, un énergumène a récemment déclaré, à une radio privée, qu’il faut une « thérapie de choc » au Togo. Cet individu, qui n’a aucune idée de ce que peut faire  comme dégâts une guerre civile ; il ne sait pas qu’au premier  jour du conflit, une bombe, lâchée par l’Armée de l’air, peut atterrir dans la cour de sa maison, tuant sa femme, ses enfants sa mère et son père, comme ce fut le cas, (récemment à Damas) arrivé à un confrère Dermatologue, qui nous a relaté sa tragédie sur mon mail ! Le Dr ALI Tr… a fait la même promotion (1977 – 1980) que moi à l’université de Lyon !

Quant à cet autre énergumène, qui voudrait « en découdre avec le régime de Faure », on se demande ce qu’il attend pour commencer. Si un éclat d’obus lui arrache les deux jambes, il aura deux à trois minutes (avant de mourir), pour méditer sur la guerre civile dans un pays pacifique…

Le dialogue est permanent en démocratie, entre la majorité et la minorité parlementaires, dans tous les systèmes politiques. Aux USA, les élus Démocrates et Républicains se concertent tous les jours, depuis toujours,  sur tous les sujets de la Nation. Il n’y a jamais et il n’y aura jamais un « dernier dialogue », comme l’a énoncé le faux « sauveur du Togo », Zeus AJAVON, à la télévision, le 16 novembre dernier. Maître, il y aura toujours un dialogue entre les fils et filles du Togo, et pas besoin de Zoulou ou Tchéchène pour cela !

Dr David IHOU, Ancien Ministre de la Santé et de la Population, Consultant en géopolitique et stratégie sécuritaire.

 

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