Guerin-Kouka: La gendarmerie nationale seme la terreur

0

 

Après « la pause » de l’élection présidentielle, Guérin-Kouka chef lieu de la préfecture de Dankpen au Nord du Togo a retrouvé son cauchemar. En effet, dans le canton de Kidjaboune de ladite préfecture, grâce au soutien du très puissant commandant de l’armée togolaise et préfet, Dadja Manganwé, le chef Noumabre sème la terreur parmi ses administrés. Pour rappel ce chef au lendemain des législatives de 2007 et pour des motifs politiques, avait frappé à l’agonie un de ses administrés, M. Lafia Kidissil aujourd’hui handicapé à vie. La plainte déposée pour ce motif au tribunal de première instance de Dankpen n’a toujours pas eu de suite : l’ami-commandant-préfet Manganwé ayant décidé de faire pièce à la justice togolaise pour protéger son ami, de chef accusé, activiste RPT notoire.
Par la suite, l’impunité aidant, le même chef a été reconnu avoir commandité l’attaque du Juge Bruno Toké, président de ce même tribunal. Cette grave affaire est restée sans suite. Pourtant, un deuxième mandat d’arrêt a été émis contre ce même chef… mais à la demande du très puissant commandant-préfet- Manganwé, le juge Bruno a été muté à Lomé pour insuffisance de soumission. Mais on nous parle encore de la séparation des pouvoirs au Togo, pays de la « démocratie apaisée », comme dit le RPT.

Fort de cette garantie d’impunité, notre chef poursuit son parcours de méchant roitelet de ses administrés : la société de communication Moov a installé une antenne dans le quartier Nada dudit canton ; les habitants souhaitent faire recruter un des leurs pour le gardiennage de ce matériel ; refus du roitelet qui impose son propre frère, contesté par la population pour abus de pouvoir du chef. Le vendredi 17 Décembre à 23 heures, le chef fait donner l’assaut par la marée-chaussée locale. On a vu alors le roitelet tabasser lui-même des jeunes gens menottés au sol.

Alors notre chef et son ami préfet militaire auraient-ils déjà retrouvé leurs tons et leurs couleurs de brutalité et de sauvagerie après la pause que leur a imposée une campagne présidentielle au cours de laquelle le natif de Bangéli a appelé au débat plutôt qu’au combat ? Il faut continuer à dénoncer l’usage de la force brutale, la mobilisation des bérets rouges pour contenir le peuple Bassar pendant l’invalidation rocambolesque du candidat Bassar, les excès de zèle du groupement de la gendarmerie nationale de Kara, l’emploi excessif de la force armée face à un peuple aux mains nues… Ce sont là les contre-valeurs de la république dont nous souhaitons la fin immédiate.
Le 22 décembre 2010, plusieurs jeunes gens sont convoqués à Kouka, paraît-il, par la justice. Le même jour et sur le même lieu, le commandant-préfet-rambot a fait venir deux véhicules de guerre armés de mitrailleuses, quatre véhicules de transport de troupes remplis de soldats…Toute la population s’est alors demandé s’il s’agissait d’une opération Kpatcha2 ou bien d’une réponse à une menace de guerre par les pays voisins.

Non, c’est tout simplement Manganwé-Rambot qui voulait montrer ses muscles ! Oui, Manganwé-Rambot fait ce qu’il veut. Il est en pays conquis et puisque le régime qu’il sert ne lui demande aucun compte malgré les multiples plaintes de la population, pourquoi s’arrêterait-il en si bon chemin ? Toute cette démonstration de force pour arrêter deux jeunes, Koffi et Timolbi et pour les placer sous mandat de dépôt à la prison civile de Bassar. Sans motif ! Sans justification : trop, c’est trop !
Mais qui a le droit de penser autrement que le commandant-préfet-rambot Manganwé à Kouka ? Personne ! Jusqu’au jour où, comme en Tunisie où l’on a vu un Ben Ali fuir son peuple, la queue entre les jambes, ou encore en Roumanie…où le couple présidentiel roumain entre dans une salle austère aux murs nus, poussé par un soldat en armes.
« – Nicolae! hurla la femme en colère en direction de son président de mari, est-ce toi qui leur as demandé de rester assis quand nous entrons ici?
-Non, ils l’ont décidé tout seuls »

La femme se retourne en furie vers les cinq hommes toujours assis :
« -Allez debout ! Allez debout ! Hors d’ici ! Qui vous a autorisés à entrer ici et à rester assis quand nous rentrons ? »

Nicolae Ceausescu et sa femme sont morts sans avoir jamais su qu’ils avaient perdu leur pouvoir sans partage, ce pouvoir qu’ils croyaient éternel…
C’est bien ainsi qu’exercent le pouvoir le RPT en général et le préfet-commandant-rambot de Dankpen en particulier. Ils refusent de reconnaitre la profonde aspiration de leurs administrés, leurs droits et libertés et ils sont incapables de comprendre pourquoi et comment ces gens- là peuvent penser autrement qu’eux…

Derrick Tamandja
 

Laisser une réponse