France – Dette ivoirienne : François Hollande joue à la Madoff !

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La France n’a pas annulé la dette de la Côte d’Ivoire. Maudissez quiconque vous rabâche ce mensonge. Toute la communication à la fois française et ivoirienne n’est qu’une escroquerie morale et un abus inhumain de la naïveté des Ivoiriens.

La Révolution Permanente ne voulait pas intervenir encore sur cette question de mesures accompagnant le point d’achèvement de l’initiative PPTE. Mais la France se fout de notre intelligence. Nous sommes donc dans l’obligation de rétablir la vérité des faits.

D’abord le document signé par Diby Koffi Charles et son homologue français Pierre Moscovici, en présence de l’indésirable mystificateur et premier prototype sophistiqué de menteur au monde, n’est pas une « Convention d’annulation de dette ». Il est plutôt un accord d’affectation de deniers publics français.

Je vais vous expliquer les choses en détail, pour que ceux qui ne s’y connaissent pas en finances publiques, comprennent toute la portée de l’expression « affectation de deniers publics ».

En matière de finances publiques, c’est-à-dire, en ce qui concerne l’argent de l’Etat, sa gestion est soumise au Principe de l’Unicité de caisse. Cela veut dire qu’avant de dépenser l’argent de l’Etat, il doit aller d’abord dans les caisses du Trésor. Si du redevable, cet argent part directement entre les mains d’une personne physique ou morale pour payer une dépense publique, sans transiter par les caisses du trésor, c’est qu’en amont, il y a eu une disposition légale créant un compte spécial assorti d’une affection de deniers publics. C’est ce principe qui est à la base de la création des fonds spéciaux de l’Etat pour déroger à la règle.

Je m’arrête là pour ne pas vous perturber avec les questions d’argent. Et donc, je reviens à la vraie fausse annulation de la dette ivoirienne par la France.

L’intitulé exact du document signé par Diby Koffi Charles et Pierre Moscovici, est une « Convention de désendettement et de développement. »  Cette convention est née d’un montage financier fait par Nicolas Sarkozy. Et elle a une histoire.

Au lendemain de l’invasion de la Côte d’Ivoire par la France et la horde de mercenaires qu’elle a aidé à recruter pour la razzia de ce pays, plusieurs entrepreneurs français, des plus grands au plus petits, des plus désespérés à ceux qui avaient perdu foi en la France, ont pris d’assaut la Côte d’Ivoire, croyant que le génie de l’économie et de la finance internationale était aux commandes et que le temps de la prospérité était arrivé.

Sans aucune procédure d’attribution légale de marchés publics, les chantiers leur ont été distribués comme des pains de communion par le nouvel obligé de la France qui se présentait alors et ainsi, comme un homme reconnaissant à l’égard de la France forte d’un Nicolas Sarkozy brutal et barbare.

Bien. Les chantiers ont été distribués. Les avances de démarrage ont été ponctionnées sur les premiers concours financiers de la France accordés à son bras agissant pour financer ce qu’ils ont appelé le « Programme d’urgence Post crise ».

Le rêve était permis et il fut beau. Cependant, il se révéla être beau mais de très courte durée. Lorsque les factures d’étape ont été émises, le pourvoyeur de marché aux entreprises françaises a gratté la tête et il a répondu que l’argent manquait dans les caisses de l’Etat ivoirien. Laurent GBAGBO aurait tout « emporté » dans sa prison à Korhogo. Il ferait quelques réglages pour renflouer les caisses.

Un mois, deux mois, trois mois, quatre mois, etc. etc. Rien dans la cagnotte. A Abidjan, dans les restaurants et bar français de Zone 4, Vridi et autres, nos heureux entrepreneurs ont commencé à manger à crédit. Ils ne cachent plus leur rage et leur pauvreté. Dans tous les cas, la pauvreté est la seule chose qu’on peut cacher le moins longtemps aux voisins.

Alors, l’ingénierie financière entre en ligne de compte. L’initiative PPTE a atteint son point d’achèvement. Les dettes devant être annulées devront l’être. Et ce n’est pas la France qui va refuser cela à la Côte d’Ivoire surtout que les dettes concernées ne sont que les intérêts maintes fois rééchelonnés de prêts dont le principal a été payé depuis fort longtemps.

La panacée fut très simple : la Convention de désendettement et de développement. Elle vise à affecter les montants de la dette dite annulée, au paiement des arriérés et des factures futures des entrepreneurs français qui prennent le soin de surfacturer tous les marchés afin de pomper l’enveloppe affectée et allouée, le plus vite possible.

Ainsi, en application de cette convention dite de désendettement et de développement, l’Etat ivoirien paie bel et bien les montants déclarés annulés. Mais il les paie entre les mains de l’Agence Française de Développement (AFD) qui à son tour, met cet argent à disposition pour financer les travaux d’infrastructure et d’assistance technique commandités par l’Etat ivoirien aux entreprises françaises. Cette mise à disposition prendrait la forme de financements sans contrepartie. Ce qui est faux car d’une façon ou d’une autre, il y aura une contrepartie soit en nature, soit en numéraire, soit en positionnement géostratégique ou le tout en même temps.

Comme vous le voyez, il s’agit là d’une manœuvre opaque, pleine de malice, chargée d’une forte dose de duperie digne de celle commise par un certain Bernard Madoff, gestionnaire de fortune, qui faisait croire à ses clients qu’il investissait leur argent pour leur bonheur, alors qu’il le prenait d’une main et le récupérait de l’autre, pour se sucrer tranquillement sur leur dos. De même, François Hollande en entérinant cette manœuvre digne d’une escroquerie d’Etat, la France nous montre qu’elle se dessaisit de l’argent qui lui est dû d’une main et, le récupère d’une autre, tout en comptant sur notre naïveté et peut-être notre complicité, pour se faire applaudir.

Et pourtant, nous nous évertuons à expliquer à la France que les temps ont changé, même s’il existe encore un bon nombre de nos frères africains qui préfèrent se taire et se faire complice des abus grossiers de la confiance béate que nos peuples placent encore malheureusement en ces Etats capitalistes qui s’affublent de titres corrupteurs de bons samaritains, en nous donnant des miroirs pour emporter notre or familial.

Je suis un peu écœuré et je suis obligé de m’arrêter au paragraphe qui précède.

Que Dieu nous guide et éclaire notre intelligence.

A Très bientôt.

Hassane Magued

 

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