Fidel Castro : “Patria o muerte, venceremos” (1) jusqu’au bout !

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« Le LiderMaximo », Fidèle Castro a cassé son cigare le samedi 26 novembre dernier. A 90 ans, El commandante a rejoint ses frères révolutionnaires qui l’ont devancé dans le repos éternel. Une page de l’histoire se ferme donc à un moment où des prémices de rapprochement entre son pays sous un embargo américain injuste et honteux depuis des lustres se peaufinent. Ni ange, ni démon, juste un homme qui aura fait ce qu’il devait et pouvait toute sa vie, pour son peuple.

« Le commandant en chef de la révolution cubaine est décédé à 22h29 ce soir. » C’est par ces mots que Raul Castro le frère du Commandante, a annoncé la disparition de son frère à la télévision nationale. Un deuil national de neuf jours a été décrété à Cuba pour rendre hommage à celui qui aura consacré tout sa vie au bien-être de sa population, refusant de courber l’échine devant l’impérialiste américain. Des complots, des tentatives de contre-révolution, des tentatives d’assassinat, il a en connues au cours de son existence.

Toute sa vie, aura été combat. Il a défié 11 présidents américains et survécu à maints complots pour l’assassiner – un record de 638, selon le Livre Guinness des records. Il a aussi vu une tentative ratée de débarquement d’exilés cubains soutenus par la CIA dans la baie des Cochons (sud de l’île) en avril 1961. « Patria o muerte, venceremos », « La patrie ou la mort, nous vaincrons », c’est par cette phrase qu’il concluait ses interminables discours. Ce n’était pas que de vains mots.

Plusieurs pays africains ont décrété des deuils nationaux pour rendre hommage à l’homme, pour ce qu’il a apporté à l’humanité et singulièrement à leurs pays. Il a toujours été du côté des opprimés, des peuples qui se battaient pour leur affranchissement. Ce n’est pas pour rien si c’est à Cuba que Nelson Mandela a consacré son premier voyage après sa sortie de prison.

Normal donc que Jacob Zuma, l’actuel président Sud-africain rende un vibrant hommage au révolutionnaire dans une déclaration empreinte de reconnaissances. Ici au Faso, hormis le message de compassion du président du Faso sur son compte tweeter, aucune déclaration officielle des autorités burkinabè n’a été entendue. Sauf erreur ou omission. Alors que le monde entier, même ceux qui n’étaient pas d’accord avec le défunt, se bousculent avec des paroles et déclarations bienséantes.

Pourtant nos deux pays (Burkina Faso et Cuba) ont tissé des liens très étroits, bien entendu à l’époque de Thomas Sankara. Les deux anciens présidents s’appréciaient et épousaient les mêmes idées. Pour soutenir son jeune frère révolutionnaire, six cent (600) élèves burkinabè âgés entre 12 et 14 ans, issus de familles défavorisées ou encore des orphelins, avaient été envoyés, en 1986, en république de Cuba pour être formés dans 38 filières.

Cette initiative entrait dans le cadre d’une coopération qui avait abouti à un accord d’amitié et de coopération signé le 21 décembre 1983 à la Havane entre le Burkina Faso et Cuba. Sa mise en œuvre, guidée par une convergence révolutionnaire entre le président Thomas Sankara et Fidel Castro Luz, a été, effectivement, concrétisée par la formation idéologique et technique des 600 Burkinabè dont 135 filles.

Guidés par la folle et ravageuse envie d’effacer toute trace du président Sankara après son assassinat, les nouveaux hommes forts ne donneront pas suite à la formation des ‘’enfants de Cuba’’ une fois rentrés au bercail. Bref ! Juste pour dire que les relations entre les deux pays se sont plus ou moins attiédis après la disparition du capitaine burkinabè.
Fidel rejoint alors son camarade Thomas, 28 ans après la mort du second. Mais lui est mort d’une ‘’vraie’’ mort naturelle après cinq décennies à la tête du régime communiste, et une sixième passée à l’écart du pouvoir pour raisons de santé.

Bien entendu, Fidel Castro était un homme. De ce fait, il a du commettre des erreurs. Ses détracteurs l’accuseront d’avoir dirigé son pays d’une main de fer, d’avoir restreint les espaces de liberté. Certains pousseront le bouchon plus loin en le qualifiant de despote. Mais en réalité, ce genre de dictature où l’enfant du riche va à l’école gratuitement ; où les centres de santé sont ouverts à tous, riches ou pauvres, est enviable dans bien de pays, surtout sous nos cieux.

Il est clair que le bloc de l’ouest n’a jamais digéré la résistance de Cuba à entrer dans son giron. Malgré l’embargo destiné à asphyxier le peuple cubain, les dirigeants s’appuyant sur une population bien avertie, ont toujours réussi à rester dignes. Une témérité étonnante qui a fini par être désarmante pour la puissance impérialiste qui tente un rapprochement depuis quelques années.

Fidel Castro ne verra pas la levée de l’embargo, mais son nom reviendra au moment où le cœur du bourreau sera assez tendre pour mettre fin à cette injustice dénoncée par tous, même par ses alliés (à l’annonce de la mort de Fidel Castro, le président Français a appelé à la levée de m’embargo).

Fidel Castro a vécu ! L’homme a montré qu’il aimait son pays, prêt au sacrifice suprême pour le défendre. El commandante a montré la voie aux peuples qui croupissent sous le joug de l’impérialisme. « Bientôt j’en aurai fini comme tous les autres. Notre tour viendra, à tous » disait-il dans son intervention lors de la clôture du VIIe congrès du Parti communiste cubain le 19 avril 2016 : « C’est peut-être la dernière fois que je parle dans cette salle », avait-il ajouté d’une voix chevrotante. Comme tous les grands hommes, il avait vu venir son heure. Que l’âme éternelle du guerrier repose en paix !

(1) La patrie ou la mort, nous vaincrons

Tiga Cheick Sawadogo
Lefaso.net 

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