Faure : Il nique son opposition et pisse sur son peuple !

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Caramba !  On sait que Faure aime, dans un rapport de force, jouer aux prolongations. Mais depuis que tous ses opposants sont à ses pieds, il se raconte que l’homme aurait aussi changé les règles de jeu. Fini le jeu des prolongations avec une opposition qu’on peut battre en première mi-temps et qu’on peut enterrer en deuxième partie de jeu. De tous les présidents togolais, il est celui qui maîtrise le mieux le subconscient collectif du peuple. S’il n’a jamais exercé comme opposant politique, il sait qu’il ne fait pas bon d’être opposant au système sur lequel il est assis. Si le père se faisait doigter par son caractère de diriger à la coloniale, le fils est bien pire dans les faits, mais avec une dictature un peu plus soft. Et pourquoi se faire tant de soucis quand il y a au ciel une odeur de démission collective ? Faure  sait que la guerre des nerfs et la force de  caractère n’est pas togolais, surtout du politique togolais. Plusieurs indices depuis 2005 parlent en sa faveur. Et le fils de la nation aura appris la leçon comme dans une cours d’école. Pour atteindre ses fins, la stratégie du père semble ne pas lui faire aussi défaut. Il fait convoquer les joutes électorales. Ensuite, il laisse ses zébrures rouges braquer les urnes. Enfin, il part à la recherche dans la foulée d’une reconnaissance internationale quand l’opposition s’époumone à chercher la reconnaissance nationale. Le tout finit comme dans un jeu de poker. Et celui qui a les moyens de miser plusieurs fois est fait vainqueur. Le reste on le résout par des dialogues. Ainsi, le pouvoir et les Gnassingbé auraient, en vingt années, dialogué 14 fois.
 
Faure : Il nique son opposition

En convoquant le dialogue « inter-togolais », l’objectif était double. Primo gagner du temps. Secundo rouler dans la farine une certaine communauté dite « internationale ». Si dans les faits, Faure a un mépris brutal vis-à-vis de son opposition, il est à souligner que pratiquement tous ne méritent pas meilleur traitement. A force de jouer pour leur propre compte, l’opposition togolaise a fini par faire d’elle-même l’enfant pauvre de la démocratie. Et Faure n’en demandait pas mieux. Il sait que Agbeyomé, Kagbara, Gnininvi, Péré réunis ne font pas 3 % du corps électoral. C’est ainsi qu’il donne malignement à ces derniers le boulevard de faire le plus grand bruit possible sur un dialogue qui n’existe au fait que de nom. Si dans des pays respectables, parlent ceux qui drainent les foules, au Togo ne parlent que ceux qui font peur aux foules. En poussant, des néophytes qui n’ont rien d’opposants pour avoir tous mangé avec lui, l’objectif en réalité est de gagner encore deux mandats. Les conclusions de ces travaux du CPDC rénové sont déjà dans la petite tête de Faure comme de sa troupe et de son think tank par ricochet. Dans le jardin du pouvoir, tout est depuis plié. Le mandat présidentiel sera bien lancé pour une fois renouvelable. Le régime politique sera semi présidentiel. Si le RPT joue sur la corde en parlant du régime présidentiel, le parti sait très bien que c’est plutôt  deux mandats qu’il veut pour son champion. Pour une fois encore, l’opposition togolaise ne semble même pas voir que ce n’est pas les points sur lesquels Faure surfe qui sont ses vrais soucis.

 Mais diantre ! La constitution votée en 1992 par les Togolais est claire sur tous ces aspects. Pourquoi des chefs de partis d’opposition perdent-ils leur temps à discuter sur des problèmes qui n’ont plus leur sens d’être ? A cette question, un cadre du RPT nous rappelle la phrase fétiche de son parti : « Le jour que nous aurons l’UFC avec nous, nous règnerons pour des siècles et des siècles ». Tout semble pour le moment fonctionner à merveille. Pour l’instant, l’homme qui a le don d’ubiquité d’être omniprésent en Italie et au Togo semble prêt à niquer son opposition et à pisser sur la nième fois sur son peuple avec un dialogue dont les effets seront son premier mandat c’est à dire à partir de 2015. Les armes, la communauté internationale, et l’argent du Togo sont dans ses poches. Il voulait trois mandats. Apparemment, il est bien parti pour six… d’autant plus qu’il n’y a rien en face.

Anicet Moutouari Lynx.info

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