Faure : Il laisse son ministre Agadazi s’occuper de ses maîtresses Julie Béguédou et Vicentia Meyer

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« Les fonctions de membre du Gouvernement sont incompatibles avec l’exercice de tout mandat parlementaire, de toute fonction de représentation professionnelle à caractère national et tout emploi privé ou public, civil ou militaire ou de toute autre activité professionnelle. »La Constitution togolaise peut être plus claire et limpide que ça ? Mais ces dispositions contenues dans la Loi fondamentale de la République togolaise ne font ni chaud ni froid au prince-président. Lui et ses amis ne brandissent la Constitution que lorsqu’elle les arrange. Une lecture sélective de celle-ci donc. C’est le cas actuellement de l’article 59 qui stipule que le président est élu au suffrage universel direct pour un mandat de 5 ans et qu’il est rééligible. Un article qui tient très « Faure » à cœur à Faure et ses amis, article pour lequel ils sont prêts à tout. Pour le reste, ils feignent de n’avoir connaissance du contenu de la Constitution que le peuple togolais s’est librement donné le 14 octobre 1992.

Au nom d’intérêts personnels et de ceux de ses proches, le locataire actuel du palais marche sur la Loi fondamentale de son pays comme un aveugle le ferait sur la bible ou le coran. Un cas parmi tant d’autres pour illustrer nos propos.

En effet, le colonel-directeur général et ministre Ouro-Koura Agadazi Tchagara en charge de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche dans l’équipe atteinte de la maladie du sommeil du sieur Ahoomey-Zunu, cumule les fonctions depuis 2011 qu’il est au gouvernement sans que cela n’émeuve le prince et son premier ministre. Le colonel Agadazi est à la fois ministre, directeur général de l’Agence Nationale de la Sécurité Alimentaire du Togo (ANSAT), président du conseil d’administration de la Nouvelle Société Cotonnière du Togo (NSCT) et membre de nombreux conseils d’administration. Avant lui, le demi-frère Kpatcha aujourd’hui au cachot était à l’époque ministre délégué à la Défense, directeur général de la Société d’administration de la zone franche (SAZOF) et président du conseil d’administration de la SOTOCO devenue NSCT. Le colonel pilote Latta Gnama est passé aussi entre-temps par la voie sinueuse du cumul avant d’être débarqué du gouvernement. Sans oublier l’autre cumulard devant l’éternel, le contre amiral Adégnon Fogan qui ne cesse de courir entre le port autonome de Lomé, la mairie de la capitale et les conseils d’administration de sociétés. Une parenthèse que nous fermons pour retrouver le cas du « sérieux », « intègre », « rigoureux »  et « bon gestionnaire » Ouro-Koura Agadazi.

Parachuté au ministère de l’Agriculture à la plus grande surprise de l’opinion, l’homme qui fut entre-temps éphémère DG de la police nationale, a fini par devenir son propre contrôleur. L’ANSAT étant sous la tutelle du ministère de l’Agriculture, de l’Elevage et de la Pêche, le sieur Ouro-Koura Agadazi qui est en même temps DG et ministre n’a de compte à rendre qu’à lui-même. Un boulevard à lui ouvert grandement pour des abus et malversations. Pendant que l’on y est, qu’est-ce qui empêche au juste Faure de pourvoir au remplacement du colonel à la tête de l’ANSAT depuis 17 ans jour pour jour? Veut-il signifier que personne ne peut occuper le poste de DG de l’ANSAT en dehors du colonel Agadazi ? Dans un pays comme le Togo où la jeunesse pétrie de talents avec des ingénieurs agronomes obligés de se convertir en enseignants des maths, physiques et sciences de la vie et de la terre, ces cumuls sont à dénoncer avec force et vigueur. Des ministres qui ne savent même pas créer leurs propres mails à l’ère des TIC mais qui cumulent des fonctions sous le prétexte fallacieux qu’ils gèrent bien, c’est à faire sourire. Gèrent-ils correctement ou sont-ils nommés pour veiller aux intérêts de certains au sein du système ? Ce bout de phrase revient à chaque fois pour expliquer les cumuls à répétition et les maintiens à vie d’amis aux postes: « Que voulez-vous ? L’homme est le seul capable de faire l’affaire. En plus, il est intègre et bon gestionnaire » Un bout de phrase maison qui ne vise qu’à détourner l’attention des non initiés sur certaines faces cachées. « Ce n’est qu’une diversion. Ceux que le pouvoir présente comme étant des hommes intègres et patati patata ne sont au fait là que pour camoufler des choses et protéger des intérêts. Ecoutez, cette affaire d’annulation de l’appel d’offre portant livraison d’engrais lancé par la CAGIA par exemple n’est qu’un cache sexe d’une magouille en préparation au profit d’une proche du président. Agadazi croit-il qu’en manœuvrant pour rendre service à cette dame bien connue des milieux d’affaires togolais, il aura l’infinie grâce aux yeux du chef de l’Etat ? Entre-temps, il faisait la même chose avec Vicentia Meyer, une autre intime de Faure. A chaque tournée de l’ANSAT à l’intérieur du pays, Agadazi se permettait de faire suivre la délégation de l’agence par de petits cousins de cette Vicentia. Des cousins qui se prenaient pour des tout puissants alors qu’ils ne sont même pas recrutés à l’ANSAT», souffle une source très introduite dans le système. Une autre preuve irréfutable que le colonel ministre a été nommé pour protéger les intérêts des proches de son parrain Faure, le riz que dame Julie Béguédou intime du président avait commandé en 2011 et qui avait défrayé la chronique, a fini sa course dans les assiettes des pauvres Togolais par le canal de l’ANSAT. Cette agence s’était chargée d’écouler la cargaison décriée à l’époque. Aussi, le riz, don du Japon qu’on décharge souvent à coup de projecteurs au port de Lomé tombe sous la coupe de cette très futée femme d’affaires Julie Béguédou.

Agadazi n’est pas un con; il sait que les commissions vont lui revenir comme une lettre envoyée à la poste pour son destinataire. Parlant toujours de l’inusable Ouro-Koura Agadazi, la même source lâche : « Si ce monsieur était aussi bon gestionnaire comme ses proches et affidés tentent de le faire croire, son bras droit et homme à tout faire, l’adjudant Yarnaba Moustapha Arouna, bombardé par son mentor directeur administratif et financier de l’ANSAT n’allait pas s’enrichir en si peu de temps. Quelle richesse du sous sol extrait-on à l’ANSAT pour que ce monsieur s’enrichisse aussi vite et bien en si peu de temps ?  Yarnaba a débarqué à l’ANSAT avec une vieille moto de fabrication chinoise connue sous le nom de Léopard. Aujourd’hui, il possède entre autres voitures dans son parc auto, une Toyota 4 Runner, une autre Toyota Avensis. Où se trouve le colonel à la rigueur sélective Agadazi  lorsque cet adjudant brasse ainsi des millions, achète des terrains et construit des maisons à Lomé? Combien gagne Yarnaba pour se permettre ces libertés ? Il se susurre que, le financier Yarnaba gère bien les intérêts de son maître. Peut-il se servir aussi gracieusement au nez et à la barbe du colonel aux airs trompeurs si ce dernier n’est pas dans la forfaiture ? Ce n’est pas encore fini. Chaque année à l’ANSAT, Agadazi envoie au gnouf un de ses collaborateurs pour de prétendus détournements et malversations. Pour la petite histoire, le directeur régional maritime de l’ANSAT Batawilo Tchilabalo croupit à l’heure qu’il est à la brigade anti gang sise à Lomé quartier Tokoin-Doumasséssé pour une affaire sombre de détournement de vivres. Une affaire qui va éclabousser bientôt le colonel ministre DG Agadazi puisque, l’incriminé directeur régional avait obéi aux instructions de son ministre de tutelle et du financier Yarnaba qui se livrait à des prélèvements sur les stocks des magasins de Lomé. Avant le cas de l’infortuné Batawilo Tchilabalo, les directeurs régionaux Tchalla de la savane, Pignandi de la Kara, Diourg des plateaux ont goûté à l’aigreur du colonel qui se prend pour un irréprochable intouchable. Le moment viendra où Agadazi sera pris à son propre piège.

Le colonel-DG-ministre qui s’était servi à outrance des revendeuses de céréales et des paysans pour assouvir ses ambitions les a oubliés royalement à présent. Lui qui distribuait à ceux-ci des tricots et gadgets à l’effigie de Faure et du parti UNIR, se fait désirer dans les campagnes. Son numéro de téléphone qu’il donnait à tout vent est devenu subitement inaccessible à ses anciens interlocuteurs.

Agadazi qui ne respirait que par Kpatcha Gnassingbé dont il était fan a vite compris qu’il était mieux pour lui de jouer la carte du plus fort des Gnassingbé. Sa survie en dépend, lui que le général deux étoiles Titikpina tenait à écraser comme un cafard. Aujourd’hui, Agadazi qui avait fait voir de toutes les couleurs à son prédécesseur Messan Kossi Ewovor par son insubordination se la coule douce à avec le projet PNIASA initié par celui-ci.

Dans son Tchaoudjo natal, toutes les voix s’accordent à dire que le colonel ministre Agadazi sera l’homme qui va faire perdre son mentor Faure dans la localité. Au nom de ses intérêts, il tend à confondre Tchaoudjo à une caserne militaire où la manière forte est la règle. Ce que ses frères Kotocolis ne sont pas prêts à accepter. D’ailleurs entre lui et ses aînés cadres militaires et civils, le désamour est apparu au grand jour. Irrévérencieux Agadazi l’était. Devenu ministre, l’addition se corse au point d’agacer ses frères et sœurs du grand Tchaoudjo. Le doux agneau que Faure voit devant lui se transforme en un impitoyable prédateur de ses frères. Jusqu’où ira cet homme aux faux airs qui fait croire à ce qu’il n’est pas?

Pâ Tamba /Malika Igomzikpé Lynx.info

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