Quand les Togolais meurent, les amis de Faure érigent villas et résidences en Europe

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Avril aura été le mois le plus mouvementé au pays de Sylvanus Olympio. Et pour cause. Les fonctionnaires en première ligne et les élèves ensuite sont montés au créneau pour signifier à Faure et ses amis : ça suffit !

 

Quant aux premiers, les fonctionnaires togolais, il y a longtemps qu’ils végètent dans le système D avec des salaires qui frisent la misère. Un médecin togolais est à 150.000 F CFA de salaire mensuel (environ 200 euros), un enseignant nanti de la licence ou la maîtrise se retrouve avec 90.000 F CFA. Ces deux catégories d’agents ajoutées aux autres personnels notamment les professeurs d’universités, les ingénieurs tous des catégories A1 et A2 de l’administration publique, sont les plus heureux. Si non, le reste, c’est-à-dire les agents des catégories B, C et D dont les émoluments dépassent 80.000 F CFA tire le diable par la queue. Pendant que l’on y est, depuis la dévaluation du franc de la Communauté Financière Africaine (CFA) en 1994, le fonctionnaire togolais a vu son pouvoir d’achat et ses conditions de vie détériorés. Le loyer à Lomé qui était entre 2000 et 5000 F la pièce avant la dévaluation, a augmenté à 6000 et 10.000 F. Le transport aussi sans oublier les produits de première nécessité. Avec tout ceci, le Togolais en général et l’agent de l’Etat en particulier n’a pas vu son niveau de vie changer. Les salaires sont demeurés tels quasiment depuis des années. Une situation qui était devenue insupportable pour les agents dont la plupart sont obligés de s’endetter pour se soigner, s’ils ne trépassent pas d’ailleurs le temps de réunir les moyens à cet effet.

Au Togo, le fonctionnaire doit emprunter à la banque pour payer son terrain, s’endetter pour construire et au final, il se retrouve plus moisi qu’un rat d’église. En plus, il lui faut faire face aux autres charges liées à la vie en communauté. Derrière chaque agent de l’Etat, il faut compter une pléthore d’individus à supporter, le chômage étant aussi passé par là. C’est ainsi que la Synergie des Travailleurs du Togo est née pour porter haut les revendications légitimes des agents, les centrales syndicales ayant échoué. Les secrétaires généraux de ces centrales étant des corrompus. Le cas du sieur Mathias Hlomador de l’UGSL, le protégé de feu Assima Gnoukouya est préoccupant. Ce monsieur roule trop pour lui-même qu’il est disqualifié pour parler au nom des fonctionnaires. N’ayant jamais été fonctionnaire, Hlomador ne sait de quoi l’on parle au juste lors des discussions. Mathias Hlomador n’a qu’une vague idée de la situation d’un fonctionnaire togolais. Le comble, les autres pantins des centrales syndicales étaient allés jusqu’à lui confier le poste de porte-parole de l’intersyndicale. L’on croirait que les hommes sont finis au Togo. Pour ceux qui ne le savent pas, cet individu rêve aussi de devenir ministre comme son compère Ephrem Tsikplonou de la CGCT. En attendant d’assouvir leurs ambitions, ils s’en mettent plein les poches avec l’argent de la présidence et de la primature. Avec cet argent, eux ils s’achètent des voitures, envoient leurs enfants dans les écoles les plus chères de la capitale au moment où les fonctionnaires pour qui ils disent lutter, ne peuvent même pas s’offrir deux repas par jour.

Sous les yeux des fonctionnaires togolais, les collaborateurs du chef de l’Etat construisent des villas, courent se soigner à l’étranger à chaque petite migraine, achètent des voitures aux petites nanas de Lomé, s’offrent des appartements en Europe (le cas Robert Dussey). De 2005 à 2013 soit en huit ans seulement, certains dans l’entourage présidentiels sont devenus milliardaires. Alors, c’est un faux problème si le pouvoir continue à parler de moyens limités. Que les moyens soient limités pour tout le monde !

Poussés à bout, les agents regroupés au sein de la Synergie sont obligés de crier leur ras-le-bol et d’observer des grèves à répétition faisant du coup naître une vague de contestations dans le pays. Le vent provoqué par Faure et ses collaborateurs va bientôt se transformer en tempête balayant tout sur son passage. Si le pouvoir Faure continue à afficher son mépris à l’égard des fonctionnaires, il en mesurera les conséquences le moment venu. Le comble du cynisme, les ministres Solitoki Esso et Yacoubou Hamadou ouvrent leurs bouches pour dire que les fonctionnaires en grève sont manipulés. Par qui ? Peut être par leur misère et leurs salaires à la limite du tolérable.

Qui sème le vent, récolte la tempête. Que restera-t-il alors après la tempête ?

Taffa Biassi Lynx.info

 

 

 

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