En Suisse, le Cmdt Olivier Amah met nu les tortures de Faure en dépit de 12 millions promis pour le faire taire !

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Olivier Poko AMAH, ex-commandant de la gendarmerie nationale arrêté, détenu et torturé dans l’affaire Kpatcha Gnassingbé d’atteinte à la sûreté de l’Etat, président de l’association des victimes de la torture (ASVITO), a témoigné vendredi en Suisse sur la torture au Togo. Il a suscité émoi devant le Comité Contre la Torture, à Genève, dans le cadre de l’examen périodique de cet organisme, a constaté sur place un envoyé spécial du MO5-Togo.

L’ancien Directeur de Service de Renseignements et d’Investigations (SRI) a, durant des heures, fait un exposé détaillé sur les actes de tortures et autres traitements inhumains et dégradants que lui et ses co-détenus ont subis à l’ANR, à la gendarmerie et au camp militaire Gnassingbé Eyadéma. Il a fait cas des actes de tortures, de violences, de barbaries,  d’assassinats, d’enlèvements et autres que pratique le régime par le biais des militaires, des gendarmes, des policiers et aussi des miliciens à la solde du clan et famille.
Après son exposé des faits, le président de l’ASVITO a répondu à une série de questions de la part des membres du Comité Contre la Torture.  Ces derniers émus par des réponses précises du Commandant ont eu des larmes aux yeux et des frissons à un point que l’un d’eux se demande comment se fait il que le régime peut se permettre d’arriver jusqu’à cet extrême.

Le Commandant Olivier Poko AMAH, originaire de la région de Kara (Pya),  à également fait des révélations sur les exactions  que le système inflige aux étudiants à Kara.

Il est par ailleurs intervenu sur la façon dont il a été injustement écarté du SRI qu’il dirigeait en 2005.

Selon ses déclarations, le régime de Faure Gnassingbé a tenté de le corrompre avec 12 millions de francs CFA, pour acheter son silence mais aussi en guise de réparation des tortures qu’il avait subies dans le cadre de l’affaire Kpatcha Gnassingbé. Le commandant avait été relaxé par le tribunal. Il a déclaré également avoir dénoncé  un plan de son enlèvement et de son assassinat programmé à cause du refus d’encaisser les 12 millions.

L’ex dirigeant du redoutable SRI a également fait des déclarations sur  les répressions des manifestations pacifiques de l’opposition ces derniers mois par le pouvoir. Il a notamment  fait des témoignages circonstanciés sur les menées de l’appareil sécuritaire du régime qui infiltrent les manifestations de militaires, surtout les bérets rouge des Forces Armées Togolaises (FAT), des éléments de police et de gendarmerie. Lesquels éléments sèment le désordre et la violence.

Pour lui, la stratégie du pouvoir en place est d’étouffer, intimider voire semer la terreur dans la population et surtout au sein de l’armée Togolaise en vue de se maintenir ad vitam aeternam.

Olivier Poko AMAH a aussi mis en exergue ce qu’il a qualifié de « faux coups d’Etat, les faux complots » pour régler des comptes à certains soldats et civils, autrefois fidèles du régime, qui souhaitent aujourd’hui la démocratie et l’alternance.

Le passage de l’ex-commandant devant le Comité Contre la Torture a eu lieu en présence de la délégation de CACIT, sans les représentants du gouvernement Togolais qui sont envoyés pour défendre l’Etat Togolais.

La séance reprendra ce lundi 12 novembre 2012 avec le passage de la délégation du gouvernement en présence du Commandant Olivier AMAH et la délégation de CACIT.

M. Koffi Kounté, l’ex-président de la Commission Nationale des Droits de l’Homme (CNDH) en exil, interviendra ce même lundi par vidéo conférence pour éclaircir sur le rapport de la CNDH. Ce rapport a été traficoté sur ordre, selon Kounté, par Charles Debbasch avec la complicité du ministre de la justice.

Le passage du Togo prendra fin le mardi 13 novembre 2012 avec les conclusions et les recommandations du Comité.

Pour rappel, « le Comité contre la torture est un organe composé d’experts indépendants qui surveille l’application de la Convention contre la torture et autres peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants par les États parties.

Tous les États parties sont tenus de présenter au Comité, à intervalles réguliers, des rapports sur la mise en œuvre des droits consacrés par la Convention. Ils doivent présenter un premier rapport un an après avoir adhéré à la Convention, puis tous les quatre ans. Le Comité examine chaque rapport et fait part de ses préoccupations et de ses recommandations à l’État partie sous la forme d’«observations finales».

La Convention porte également création de trois autres mécanismes qui permettent au Comité de s’acquitter de ses fonctions de surveillance: le Comité peut, dans certaines conditions, examiner des requêtes individuelles ou des communications émanant de particuliers qui se disent victimes d’une violation des droits reconnus dans la Convention, entreprendre des enquêtes et examiner des plaintes entre États. Le Protocole facultatif se rapportant à la Convention crée le Sous-comité de la prévention et permet l’inspection, en collaboration avec les institutions nationales, des lieux de détention nationaux ».

Bonéro Lawson La Nouvelle.

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