Embellir le pouvoir du « tueur ». Quand RFI et Macron volent au secours de Faure Gnassingbé [ Par Camus Ali]

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Attentat de Soudou, incendies des marchés de Lomé et Kara, mort au camp militaire de Lomé du colonel Toussain Bitala Madjoulba, les victimes de Gnassingbé père et fils se comptent par dizaine voire centaine mais les résultats, eux, restent toujours les mêmes et sans suite. La stratégie pour rebondir à chaque fois qu’ils sont en difficulté a toujours aussi été la même. On laisse le crime pourrir avec le concours du facteur temps. Ensuite, on fait recours à l’expertise française et aux médias français pour couvrir le tueur et le rendre un peu plus fréquentable. Au finish, le tour est joué et la vie peut reprendre de plus belle. Les quelques balles qui ont percées les testicules de Gilchrist Olympio à Soudou n’avaient pas poussé le pouvoir à chercher les criminels. N’eût été le « petit » courage de Mohamed Loum sur les vrais criminels des incendies du marché de Lomé, les experts en balistiques français auraient continué à enfumer les Togolais sur des résultats farfelus connus d’avance et qui ne reflètent aucune réalité. Le secret entre la famille Gnassingbé et la cascade des chefs d’états français qui se sont succédés depuis Charles Degaulle à Emanuel Macron sera connu le jour où, les Togolais se lèveront comme un seul homme et du coup feront parler les archives. Une bouffée d’oxygène après la cruauté sur le colonel Bitala Madjoulba, celui que RFI appelle désormais un « ami du sérail », Faure Gnassingbé, en avait bien besoin pour se requinquer après des nuits folles et ténébreuses qui le hantaient. Cette touche de l’allié inconditionnel, Radio France internationale (RFI) et le support de l’Etat français est comme un second souffle, une complicité naturelle. Quand le tambour du colon vibre pour un ogre sous les tropiques, ne vous en doutez pas. Il a bradé toutes les richesses de son pays sur son passage moyennant son pouvoir. Les cas Bedel Bokassa, Mobotu Désiré…sont encore dans les esprits !

Quand RFI vole au secours d’un tueur froid

Pour faire peau neuve et enjoliver le tueur, un éditorialiste est bien passé dans les locaux du médium français. Les Togolais ont écouté avec stupeur les idées que, la radio a voulu faire passer. Il s’agirait d’un colonel allié au pouvoir qui aurait été tué. Le matériel qui a servi à le tuer a été mis sous scellé et remis à son propre frère, de son état ambassadeur pour les experts français afin qu’on sache qui a tué son petit frère. De ces histoires de fées racontées aux petits enfants, on en veut encore. Mais ce que RFI n’ajoute pas est que, quand Toussain Madjoulba a été retrouvé dans un bain de sang, le procureur n’a pas pris soin d’aller aux premières heures sur le lieu du crime. C’est quand toutes les traces ont été effacé que le kabyè Poyodi a mis son nez. Alors de quel pistolet et de quelles balles nous parle-t-on ?

Les pleurs, larmes et gémissements du peuple Siou et de la préfecture de Niamtougou balayer d’un revers de la main par un journaliste qu’on a remis le papier de lire jusqu’à la virgule près. Pour faire juste et soft, la radio gauloise a aussi abondé dans le même sens qu’un journaliste Togolais qui essayait d’introduire les histoires de femmes pour expliquer une mort qui a secoué toute la nation togolaise. On ne dira pas des journaux de la place qui ont acclamé dans des trémolos dignes de nègres, le passage en force des coqs gaulois, experts nous dit-on, qui doivent se pencher sur une enquête que tout naïf connait déjà la fin des résultats. Des titres aussi bidon que farfelus ont circulé sans que, personne ne fasse une analyse pour se demander pourquoi cette curieuse entrée en scène d’une radio d’Etat français? Il fallait montrer du doigt cette main noire française ô combien magnifique qui travaille mano in mano avec la dictature togolaise.

Seul petit bémol. Le peuple Nawda dans son ensemble avait déjà dit à Faure Gnassingbé de l’épargner de ses enquêtes. Gerry Taama qui porte le dossard au Togo d’« opposant- composant» avait été plus loin : « De l’au-delà, Toussain va se venger ». Un peuple et la cohorte de ses galonnés voire de ces cadres civils n’ont autant montré un aveu d’impuissance aussi révoltant !

Camus Ali

Lynx.info

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