D’un collectif à l’autre ou la malédiction de l’opposition togolaise !

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Octobre 1990-Octobre2015 ? Dans deux ans, les opposants togolais boucleront 25 années de résistance à la dictature cinquantenaire qui a pris ce pays en otage!

Du Collectif de  » l’Opposition Démocratique » du Professeur Gnininvi, qui a fini par rallier la dictature au « Collectif Sauvons le Togo » du Professeur Zeus Ajavon qui vient de fêter son premier anniversaire, les bourdes, les faux pas et les  occasions manquées  ne se comptent plus !

Et pourtant, difficile de dire que la Providence n’a pas pourvu cette opposition en opportunités !

Elle les laissera filer tous, les « ego »  ayant prévalu sur l’intérêt supérieur de l’opposition elle-même et de l’autre, de ceux et celles qui ont cru en elle!

Celui qui aurait pu être le leader naturel de l’opposition naissante, en 1990, Maître Yaovi Agboyibo, va dilapider son capital avec la dissolution du Front des Associations pour le Renouveau( FAR ) et la création concomitante de son parti, le CAR.

Du coup, il  se banalisait dans le magma des combinaisons politiciennes et perdait de son aura dans des marchandages politicards peu glorieux!

Piégé par la charte des partis qui aurait pu attendre la fin de la conférence nationale et confronté à leur concurrence qu’il n’a pas vu venir, il s’était rapidement trouvé devant l’alternative: Périr ou Trahir!….

La trahison sera consommée avec les premières élections législatives pluralistes d’octobre 1993, faute d’avoir su rebondir malgré sa majorité confortable au sein de la coalition victorieuse et malgré le coup de force de son allié de l’époque, l’UTD de Edem Kodjo, qui, pour des raisons obscures, ne s’est pas plié à la règle de la démocratie Parlementaire!

La disparition du FAR  laisse la voie libre au Professeur Gnininvi, qui l’occupe avec la création du Collectif de l’Opposition Démocratique (COD).

Alors qu’il faisait figure de chef de l’Opposition, il renonce à affronter Eyadéma , père de l’actuel usurpateur, pour la signature des accords Gouvernement/ Opposition sur la tenue et l’organisation de la conférence.

Que n’a-t-il compris que sa signature lui donnait légitimité ou confortait sa légitimité fragile et lui donnait de l’ascendant sur ses congénères en faisant de lui un « Primus inter Pares  » ?

Que n’a-t-il pris le risque de défendre les dits accords devant l’opinion et devant la conférence et négocier le ralliement du régime et de l’armée qui ne demandait qu’à s’émanciper au sein d’institutions véritablement républicaines, pour cesser d’être l’otage de la famille Gnassingbé?

Une fois encore, l’opposition rate le coche!

Arrive G. Olympio qui jouissait d’une légitimité qu’il doit à la figure historique et héroïque de son père.

De vicissitudes en vicissitudes, il finit par s’arranger avec le régime dans un accord qui reste mystérieux et dont il apparaît aujourd’hui comme le grand perdant.

Son incapacité à transformer son énorme capital en ouragan politique irrésistible, fauchant tout sur son passage, laisse un goût amer de 20 années de gâchis et de trahison.

Quant à Jean-Pierre Fabre, le chef de l’ANC (Alliance Nationale pour le Changement), il semble handicapé par un double déficit de légitimité et d’autorité.

Au surplus, il doit composer avec une donne qui a changé depuis 2005, c’est-à-dire la prise de pouvoir dans le sang de ce successeur contesté jusque chez les siens.

L’on sait le rôle joué par la France de Jacques.Chirac!

Quant à la CDEAO, si demain, il se trouve des historiens pour écrire, qu’elle a vendu le Togo à la France, que nul ne s’en étonne !

En clair, la lutte du peuple togolais a changé de dimensions et de nature!

N’y a-t-il pas là, pour lui,  des éléments de stratégie, pour sortir ce pays définitivement de l’ornière!

Et c’est précisément sur sa capacité à démontrer la faillite du  « Kim Jung » Un togolais,

son habileté tactique à peser et à jouer sur cette donne pour obtenir la tenue éventuelle d’élections réellement transparentes et libres, sa pugnacité pour imposer une organisation et un déroulement sans  complaisance pour d’éventuelles élections ou alors mettre la communauté internationale au pied du mur en la rendant responsable  de l’agonie et de l’assassinat de tout un peuple!

J-P Fabre, réussira-t-il enfin, à mettre fin à  ce qui apparaît bien comme une malédiction pour l’opposition togolaise?

Ayité Maxmibubé Sitti

Premier Secrétaire Exécutif de la Convention pour

Une Fédération Africaine (CFA)

 

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