De la dépolitisation de D’pontre, fête traditionnelle du peuple Bassar-Konkomba [Par Nadjombé DJIMBARE]

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Nous devons dès à présent chercher à dépolitiser cette fête. Afin de permettre à tous les fils où qu’ils se trouvent et quels que soient leurs  bords politiques de s’en approprier et de se sentir à l’aise à sa commémoration.

Nous sommes sensés savoir que l’arène de la célébration de D’pontre n’est pas le lieu indiqué pour faire un quelconque bilan politique de quelque parti quel qu’il ce soit au risque de mettre mal à l’aise l’assistance.

Pour vous autres qui aujourd’hui évitez par vos comportements  les autres membres de notre communauté, que diriez-vous si demain on ne vous invitait pas ?

Sachez que dans la tradition d’un peuple, certaines occasions sont faites pour répondre présent et communier ensemble. Ne serait-ce qu’en ce temps là.

Venons-en  à : «  T’Bol bien qu’une simple danse, écrit par notre sœur  Marthe FARE. »

‘’Inscrit en2004 sur la liste indicative des chefs d’œuvre du patrimoine oral et immatériel de l’humanité, la danse du feu communément appelée T’Bol, est l’une des principale attractions pendant des festivités dans la ville de Bassar et ses environs. Qui n’est pas impressionné, quand ces hommes et femmes défient les flammes flamboyantes d’un feu de bois puissant.

Qui n’a pas envie de connaitre leur secret ? Qu’est-ce que la danse du feu ?

S’il y a un patrimoine qui fait la fierté de tout digne natif de Bassar, c’est bien la danse du feu, plus connue sous le nom de « T’Bol » ou Tibol la danse du feu est une danse initiatique caractéristique de la tradition Bassar.

Elle est essentiellement l’apanage des féticheurs (initiés) qui la pratiquent nuitamment pour des circonstances données (décès, intronisation, baptême d’un nouvel adepte, fête traditionnelle…) ou à la demande d’un chef quartier ou de communauté. Dans le dernier cas elle prend l’allure de vision ou de délivrance selon qu’il s’agit de prévenir la collectivité d’un malheur qui s’abat sur elle.

Dans tous les cas, la danse de feu est une « danse mystique.’’

Oui T’Bol est bien sûr plus qu’une simple danse. Hier, c’est pourquoi à l’orée de D’pontre, bien avant le premier Kucaa d’Unopontimaal, le Chef Supérieur Kpamadji Djawéne ATAKPA-BEM invitait les initiés pour la  danser et voir dans ces flammes ardentes si aucun malheur ne viendra assombrir le déroulement de cette fête qui durait une semaine entière.

Et s’il y avait un cas nécessitant des sacrifices pour écarter un quelconque malheur, le trône s’en chargeait afin d’éloigner à jamais ce malheur pour que la fête soit belle.

Nous n’avons de griefs contre aucune religion importée, qu’elle soit Chrétienne ou Musulmane. Si non, nous n’irions pas puiser des citations ou verset dans la Sainte BIBLE ou le Saint CORAN pour étoffer nos textes.

Et puis, s’il faut demander aux Dieux des religions importées de se joindre aux Nôtres et à nos Aïeux, il faut qu’elle (la fête) retrouve son noble caractère  purement traditionnel et sacré.

Aujourd’hui, en dehors de la prière Musulmane comme s’il s’agissait d’une de leur fête, (Tabaski ou Ramadan,) ou encore de prières Chrétiennes comme si c’était  (Pâques ou Noël.) les organisateurs ont à eux seuls et sans consentement de la population soustrait cette danse initiatique qui fait la fierté de tout un peuple, dont notre sœur fait éloge ci-dessus.

Nos parents contraints, vivent avec amertume cette situation faisant bouillir leur sang sans mot dire.

Elle, cette danse tant appréciée par : les Touristes, les visiteurs et même les autochtones qui l’ont déjà vu à plusieurs reprises ne s’en lassent pas, elle ne viendra s’exécutée que lors du défilé. Cette fois-ci sans le feu, les flammes.

Sachez bien s’il vous plait, qu’au nom de la modernité, nous ne devons pas brader,  jeter à la poubelle, les US et COUTUMES que nos Aïeux nous ont légués, au risque de perdre notre identité.

Voulant paraphraser ‘’Einstein Albert,’’ « j’écris ce qui suit : « Je ne vous enseigne rien.  J’essai seulement de créer les conditions dans lesquelles nous devons pouvoir arranger certaines choses au bénéfice de nous tous, fils Bassar. »

Alors, n’est-il pas grand temps, fils Bassar, de nous voir assis au tour d’une table quelle soit ronde, rectangle, carré ou encore triangle pour la correction dans le bon sens les problèmes de nos errements que nous nous sommes nous-mêmes créés ?

Enfant du Mont Barba Bassar, il n’est pas encore trop tard. Nous avons la capacité.  Avec un peu de courage et du don de soit, (FAISONS-LE.) pour l’amour de Bassar et de nos enfants.

Fraternellement, votre Eveilleur de conscience

Nadjombé DJIMBARE

Email : [email protected]

N.B. Dans notre prochaine apparition : (De la chefferie chez les Bassar)

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