De ce qui pendant cinquante ans… [Par Sénouvo Agbota ZINSOU]

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Pour bien faire, il a eu cinquante années
Mais en quoi donc les a-t-il transformées ?
Cinquante années dans la vie d’une nation
Pour poursuivre sa construction pierre par pierre
Mais n’ayant aucun plan, aucune vision
Entrant en scène par un acte sanguinaire
Le problème dans lequel s’empêtre ce clan
Est qu’il ne peut sortir d’un règne de sang

Est-ce vrai que dans le sang ce clan s’empêtre ?
Nous devons être plus nuancés peut-être.
Ce qu’il voudrait, c’est tranquillement y nager
Pour ce clan-là, c’est simplement vital
Régner, même vomi, est le principal
Même si pour cette fin il faut égorger
Des êtres humains comme on fait des moutons
Le sang jaillit pour la joie des poissons !

Et vous entendrez ces monstres marins
Chanter : on est sereins ! On est sereins !
Puisque le fleuve rouge coule en abondance
Mais ils n’ignorent pas que leur fin commence
Et ils en tremblent, cela vous saute aux yeux
Ils trépignent, bondissent, sautent, volent en tous lieux
A la recherche désespérée d’appuis
Peut-on qualifier de paisibles leurs nuits ?

Vous ai-je bien dit poissons ou monstres marins ?
Ces bêtes méritent tout nom sauf êtres humains
Car une main humaine qui tient un couteau
Et s’apprête à le plonger dans un cou
Tremble si elle est guidée par un cerveau
Pèse le pour et le contre avant tout.
Aucun cerveau vraiment humain n’échappe
Quand la main veut frapper à cette étape

Que ce soit par les balles, le bois, les feux
L’homme accomplit des actes monstrueux
Qui d’heure en heure le vident de toute valeur
A mesure que grossit le fleuve d’horreur.
En dépit du discours et de l’argent
Diffusés, répandus ici, là-bas
Pour cacher les vols et les assassinats,
Le glas sonne pour ce clan vil, arrogant.

Leur grand manteau qui d’abord éblouit
Porté cinquante ans, de jour comme de nuit
Ne cache plus rien malgré ses multiples plis
Manteau de mensonge, vous l’avez compris
Usé au point de devenir haillons
Qui ne connaît ses poches de mauvaise foi ?
En tout cas nous Togolais en rions
Et le monde en rira, ça va de soit

Chacun sait maintenant ce que valent leurs mots
Et ils ne peuvent plus nous prendre pour des sots.
Ils ont parlé, écrit, lu République
Pour cinquante ans de règne dynastique
Et même s’ils jouent la comédie des sourds
En persévérant dans l’atrocité
Ils entendront sonner ces derniers jours
L’heure de la fin du règne d’obscurité.

Messieurs-dames, que voulez-vous que ce régime dise ?
Dont la nature même s’appelle crise ?
Que le peuple aille á une même table
(Peuple à merci taillable et corvéable)
Soi-disant pour négocier avec lui ?
Le bilan des morts de jour comme de nuit ?
Des battus, blessés, victimes en grand nombre
Celles au grand jour et celles cachées dans l’ombre ?

Mille et une fois ils ont promis la vie
Mais à condition qu’on sacrifie
Mille et une fois nos vies sur l’autel du pouvoir
La sécurité fleurit sur leurs lèvres
Mais tentez d’entrer dans ce mot pour voir
Vous vous retrouverez en pleines ténèbres
Leur chant préféré, réconciliation
Est l’appel à la biche par le lion

Quand il ne tue ni ne blesse, il achète

Sexe, ventre, boyaux, cœur, mains et tête
Il croit l’appât du gain irrésistible
Un peu comme le roi Achab de la Bible
Lui et ses Jézabel qui sont légion
N’acceptent pas l’idée même qu’on leur dise non
Ils en deviennent soudain malades et fous
Prêts à frapper quiconque de tous les coups

Jézabel a fait tuer l’innocent
Combien de femmes ont part au bain de sang
Que l’armée prépare pour notre Tohossou ,
Ce roi des eaux qui dilapide nos sous
Et sans compter ici, là, les répand
Dans quelque main qui vers lui se tend
Lui promettant avant tout son soutien
Pour conserver le trône, son ultime bien

Le tyran utilise tous les moyens

Recourt à l’armée, pire aux miliciens
Animaux ayant un aspect humain
Que dirige seulement la loi de leur gain
Dans tous les lieux où cette funeste bande passe
Elle viole, égorge et émascule sans grâce
Cette bande obscure, débridée et sinistre
Se défendrait, dit un prétendu ministre

Les plus grands exploits de ces cinquante ans
Sont partout connus : le meurtre des enfants
Éteindre les petits soleils et les petites lunes
Pour nous priver de nos lumières communes
Est-ce là la raison d’être de ces autistes
Pour qui certains arguments tribalistes
Ont plus de poids que ceux qui fondent une nation ?
Du pouvoir ont-ils une autre conception ?

Auraient-ils pu nous faire vraiment du bien ?

Après le crime, ils ont promis la paix

Mais par d’autres crimes le régime se maintient
Et le peuple attend durant cinquante ans
Décortiquant les discours et les faits
Pour déceler en quoi le tout concorde :
C’est par des mensonges de plus en plus grands
Qu’il tente de nous mener comme par une corde

Qu’on l’appelle assemblement ou unir
Le peuple aujourd’hui veut briser cette chaîne
En fait de la fausseté et du crime
Prenant lui-même en main son devenir
Surmontant ses souffrances et sa peine
Pour parvenir pas á pas á la cime
De la riche montagne de son âme dorée
La vision caressée et adorée !

Nous y rejoindrons notre Peuple-qui-vient
Notre Grand Peuple de l’Afrique toute entière
C’est-á-dire le Peuple révolutionnaire
Marchant d’un pas peut-être lent mais certain
Pour réaliser á quoi le sort l’appelle :
Sa place dans la lumière universelle
Marche mon grand peuple, le front toujours haut
Que tu es valeureux, que tu es beau !

 Sénouvo Agbota ZINSOU

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