Dans la fratrie Gnassingbé, un était Juda : Essolizam

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Le western est fini. Les Gnassingbé aussi ont fini par dire aux Togolais ce qui les opposait sous le couvert d’un coup d’Etat : la fortune volée aux Togolais, laissée par le père dictateur aux fils aux dents longues et en or, et qui s’évalue à plusieurs milliards. De ce faux coup d’Etat aux allures d’un règlement de compte, il y a aussi des rejetons qui s’épient, se haïssent, et se méprisent. Et on a beau se demander sur le  silence observé par Mme Badagnaki et les autres enfants quand Kpatcha, député de son Etat, était torturé à L’ANR du Tonton Macoute Yétroféï Massina, le temps a  fini par livrer ses secrets. Les Gnassingbé sont une famille bien poreuse. Le fil sur lequel se pose le linge sale dans chaque famille n’existait que de couleur chez les dictateurs Gnassingbé. Les termites avaient bien pris soins de le ronger. Et comme toujours, une famille dans laquelle on n’a pas eu le temps d’apprendre aux uns et aux autres à s’aimer, à s’entraider et surtout à se protéger finit par être livrée à elle-même. Bien pire, le dictateur défunt avait une singularité quand il s’agissait de bâtir une famille. Sur 10 rejetons Gnassingbé, 8 sont de différentes mamans. C’est cette forme de collectionner dans sa cour des voleuses, des prostituées, des menteuses, des prédatrices, des sorcières qui a enfanté et engendré la bataille de chiffonniers que des enfants perdus et laissés à eux-mêmes ont servi au monde entier et à la république pendant plus de 10 jours d’audience chez l’innommable Abalo Pétchélibia, le juge choisi par un autre fils Gnassingbé pour la circonstance. Mais de tous les rejetons, un devrait avoir la peine de se regarder dans le miroir tous les matins pour avoir trahi à la dernière minute celui qui était pour lui son vrai parent, un frère et un ami. Ce rejeton, c’est Essolizam.

Essolizam : Le plus aimé de Kpatcha !

Comme une prophétie. Un ministre proche de Faure nous lançait qu’au finish, le « petit en lunette trahira ». Et Essolizam a bien trahi. Quand Faure capte le pouvoir en 2005, les Gnassingbé se ruent sur le partage du Togo. Faure prend la présidence. Kpatcha prend la zone franche, le conseil d’administration de la SOTOCO et s’ajoute le ministère de la défense. C’est un véritable Vice-Président à la Gnassingbé.  La veuve Mme Badagnaki et enfants braquent la douane et le port. Le frère jumeau Toyi prend aussi une partie du port. Le colonel Rock s’assied sur la Fédération Togolaise de Football et par ricochet est deuxième vice patron du port en plus des galons de colonel qu’il possède. Mey, le petit , en petite cravate assis hier sur une petite table lors des Evalas, est déjà assez grand et politiquement mûr. Il est bombardé conseiller à la présidence. Essolizam est laissé pour un temps à lui-même. D’abord Kpatcha fait de lui l’organisateur du musée pour le père défunt. Les millions coulent à flot. Il lui revenait de rassembler les vieux fusils, les vieux habits et les anciens meubles du généralissime défunt pour d’éventuels curieux. On pavane dans le tout Togo, d’autant plus qu’il n’y avait plus une opposition devant. Pis, plusieurs opposants viendront même s’ajouter du côté d’où coule l’argent du contribuable. Et grâce au second coup de Kpatcha,  il obtient un parc automobile au port sous le couvert d’un bureau de communication qu’il dit diriger. Alors que Kpatcha est ministre de la défense, Essolizam se pare de 16 gardes corps. Gilbert Bawara alors ministre de la coopération est amère : « En tant que ministre j’ai droit seulement à deux gendarmes pour ma sécurité ». Bien plus, il devient le « frère » le plus écouté par le député. La liaison, certes très discrète finit par faire de lui un enfant dominé par son frère et craintif. Chez les Gnassingbé, c’est bien courant voire normal de voir un frère traumatiser son petit frère. Le cas Atchalimondom, qui aurait fini par se tirer une balle dans la tête à cause des menaces de son frère Ernest est dans toutes les mémoires. Toujours est-il que soit c’est un suicide ou soit c’est un homicide volontaire de son frère défunt Ernest Gnassigbé et resté toujours non élucidé comme tant d’autres homicides commis par cette famille dans beaucoup trop de familles togolaises.  

Essolizam : Il fait un tour à Paris quand Kpatcha connait sa traversée du désert

Quand Kpatcha n’est plus ministre de la défense, Essolizam est envoyé à Paris pour activer le « petit réseau » qu’il dit avoir. Il loue un petit appartement dans les environs de la Tour Effel et saisit l’occasion de présenter son plat préféré (Adjèdila, NDLR « boyaux de ruminants » délicieusement apprécié quand préparé à la traditionnelle en pays Kabyè) à qui vient le premier le visiter. Le séjour tourne mal et l’enfant doit regagner le Togo. Kpatcha entre-temps n’était plus le bienvenu à Paris. Le Lynx a parlé du piège avec la drogue que lui avait préparé les officines mafieuses. C’est dans cette cohue généralisée que le général Atcha Titikpina va activer son réseau avec la complicité de l’ambassade des Etats-Unis au Togo. Nous avions parlé au Lynx des « blancs » et des chancelleries qui ne voulaient plus voir la tête de Kpatcha dans plusieurs articles. Le procès a fini aussi par faire du Lynx un journal d’investigation sérieux. Et en libérant Essolizam, tout avait été ficelé. On a dit au « petit » de tordre le cou à son frère protégé pour espérer avoir le droit de vivre dans une république où Faure est devenu dieu et esprit. D’ailleurs, tous nés avec une cuillère d’or dans la bouche, le seul mot « pauvreté » suffit pour leur donner des ulcères à l’estomac.  Essolizam à la barre ne tardera pas à enfoncer Kpatcha : « Le coup d’état est une réalité. Kpatcha devrait s’occuper du volet militaire et son frère jumeau Toyi du volet spirituel ». Fin de partie. Désormais libre, Essolizam devra vivre avec une traitrise plus que lourde sur sa conscience. Arrivera-t-il à survivre à cette charge ? C’est une autre paire de manches. Pour l’instant, c’est son désormais mentor Faure qu’il revient de prouver si, le fait que Kpatcha soit en prison est une aubaine pour lui ou une victoire. Dans le clan Gnassingbé, il y avait bien un Juda : Essolizam.

Djima Matapari Lynx.info

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