Daniel Kablan Duncan et les Ivoiriens

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Pour avoir vu les souffrances et le drame des zaïrois d’hier, notre plus grande crainte serait d’être les témoins d’une république de la peur en Côte d’Ivoire. Nous recevons quotidiennement des messages qui traduisent l’angoisse, l’anxiété, le désespoir, la peine et les larmes de Baoulés, d’Abrons, de Bétés ou de Guérés qui sont affectés à Boundiali, à Odienné ou Séguéla. Ils pleurent tous d’aller exercer leur métier d’infirmier, de policier, de sage-femme ou d’instituteur dans des régions hostiles à leur groupe ethnique et religieux.

On a l’impression que ces différentes villes se trouvent dans un autre pays que la Côte d’Ivoire. La plus grande défaite de ce pays est de n’avoir pas réussi après cinquante deux ans d’indépendance à faire en sorte que le Malinké, le Gouro, le Yacouba, le bété, le Guéré, le baoulé, le sénoufo, le Lobi ou l’Agni se reconnaissent simplement les uns dans les autres.

Tous ces groupes ethniques ont cohabité pendant des décennies, sans se connaître. Ils se regardaient en chiens de faïences et ont veut aujourd’hui qu’ils constituent ensemble une nation prospère, harmonieuse et vivable pour tous. Quel est l’investisseur stupide qui viendra mettre son argent dans un tel Capharnaüm ? Toute la tragédie ivoirienne est dans ce constat.

La Côte d’Ivoire aujourd’hui est un pays minable, dénudé, violé, déprimé, abusé et désabusé par une classe politique insouciante, hautaine, arrogante et médiocre. C’est justement sur cette montagne d’ordure qu’est arrivé le Dr Allassane Ouattara. Il veut visiblement s’appuyer sur son ethnie, sa région et sa religion pour pacifier la Côte d’Ivoire de force. Toutes les difficultés d’aujourd’hui se trouvent dans cette grave erreur d’appréciation.

Le Dr Allassane Dramane Ouattara, nous avait dit au début de son mandat, qu’il allait gouverner la Côte d’ivoire au profit de tous les ivoiriens. Que l’Etat sera impartial sous sa gouvernance. Nous y avons cru jusqu’au jour où il a introduit lui-même le rattrapage ethno religieux et tribal comme projet politique dans le corps social du pays qu’il veut gouverner.

À partir de là toutes les dérives sont devenus possibles. Les gens du nord de la Côte d’Ivoire se comportent aujourd’hui comme les hiltleriens d’hier, tout ce qui n’était pas aryen, n’avait aucune considération à leurs yeux. Ainsi la plupart des directions d’entreprises publiques et des présidences des conseils d’administrations sont pratiquement occupées par les ressortissants du nord de la Côte d’Ivoire. Le président a fait pour une fois un effort surhumain pour ne pas imposer son frère cadet comme ministre aux ivoiriens. Quel courage ?

Du gouvernement Duncan, parlons-en !

Après la dissolution spectaculaire du gouvernement à cause d’une mésentente de plus entre ceux qui se proclament houpouëtistes. Nous voilà au point de départ. On exige un sans condition au PDCI-RDA, le parti qui a conduit la Côte d’Ivoire à l’indépendance. Finalement, rien n’à changé en commençant par le chef du gouvernement.

Daniel Kablan Duncan, est un homme d’une grande courtoisie. Ceux qui le fréquentent, disent de lui qu’il est courtois, c’est un homme très affable. Il n’élève jamais la voix, il est très noir de peau. Relativement grand de taille avec un léger embonpoint, son visage est mis en relief par une calvitie débordante. Il fait teindre en noir ce qui lui reste de sa chevelure plaquée de chaque cotés au dessus des deux tempes.

Ses grands yeux clairs sont toujours en alertes et pétillent de prudence. Il les dissimule parfois derrière une paire de lunettes. Comme l’irakien Tarek Aziz avec Saddam Hussein, Daniel Kablan Duncan, est un homme respectueux de la hiérarchie. Il est d’une loyauté sans borne envers le Dr Allassane Dramane Ouattara. Il récolte aujourd’hui le prix de sa fidélité à un homme. Sa mise est impeccable en costume cravate, gris-clair ou bleu-foncé.

Colombe parmi les colombes, Duncan est très mal à l’aise sur les questions liées à la sécurité des ivoiriens, aux libertés publiques et à la réconciliation nationale. Il cultive la prudence du caméléon en oubliant que ses propres lenteurs peuvent faire de lui une proie facile pour d’autres prédateurs. Dans cette logique, vous ne saurez jamais s’il est avec vous ou contre vous. C’est ce que nos parents baoulés appellent : le , c’est-à-dire la dissimulation ou la duplicité. Par expérience, nous avons une peur bleu des personnes de cette nature.

Daniel Kablan Duncan, si nous comprenons bien était donc en embuscade dans l’antichambre de la primature. Il assistait stoïquement aux humiliations en conseil des ministres de son prédécesseur, Me Ahoussou Jeannot. Il attendait avec une patience de caméléon une situation conflictuelle pour se voir propulser à la tête du gouvernement. L’expérience politique ivoirienne nous oblige à nous méfier de tous ceux qui participent sans scrupule à la combine politicienne pour vue que cela arrange ou avance leur carrière.

Nous détestons les combinards par nature. Nous avons gardé pour Grégoire Philippe Yacé, un profond dégout à cause du rôle néfaste et criminel qu’il joua contre ses propres amis dans l’affaire des complots de 1963. Kablan Duncan est aujourd’hui dans cette logique. Il ne lèvera pas le petit doigt pour sauver les pros-Gbagbo des humiliations quotidiennes.

Dans l’actuel gouvernement, il oublie que plus de la moitié du personnel politique de l’exécutif national est composé des ressortissants de la région nord de la Côte d’Ivoire. Il faut y ajouter le président de la république et le secrétaire général du Gouvernement ainsi que les conseillers malinkés qui assistent au conseil des ministres. Nous sommes en plein dans l’Etat RDR, avec des miettes pour les autres groupes ethniques.

Il y a une image qui symbolise Daniel Kablan Duncan, c’est un homme qui a une solide connaissance de la haute finance internationale. Mais c’est un homme incapable en politique de comprendre et de devancer les problèmes pour éviter qu’ils ne portent atteinte à l’harmonie et à l’équilibre de la société. Pourquoi dans les heures sombres du bédiéïsme, ne s’était-il pas opposé frontalement à l’ivoirité ?

Il ne pourra pas aujourd’hui s’opposer au rattrapage ethno-tribal en cours dans le pays dont il est le chef du gouvernement. C’est un homme qui n’apportera pas de solutions aux souffrances des ivoiriens. Comme l’irakien Tarek Aziz, sa fidélité au président de la république le rend insensible aux souffrances de ses propres compatriotes. Pour dire la vérité, c’est un attentiste. C’est-à-dire, qu’il est de ceux qui pensent qu’il faut laisser pourrir les problèmes dans une attente sans fin pour épuiser ceux qui sont en face et les amener à accepter un compromis boiteux.

Son rôle trouble dans le coup d’Etat qui renversa le président Henri Konan Bédié, le jeudi 24 décembre 1999, est dans toutes les mémoires. Ce jours là s’il avait pris le peu de courage qu’il avait dans son âme et était allé au camp militaire d’Akouédo, pour discuter avec les mutins et débloquer l’argent nécessaires aux primes que revendiquaient les soldats on en serait pas à ce qui fut la porte ouverte à la déstabilisation de la Côte d’Ivoire. N’était-il pas le chef du gouvernement qui avait lancé un mandat d’arrêt international contre le Dr Allassane Dramane Ouattara ?

C’est cet attentisme qui fait de lui un homme qui ménage ses arrières comme un renard. Toujours entre deux chaises dans l’attente d’un compromis introuvable.

Incapable d’anticipation et de reflexe politique à long terme, il privilégie l’économie en oubliant qu’elle est liée à la stabilité politique. Comment réagira Daniel Kablan Duncan, quand le conseil des ministres présidé par le Dr Allassane Dramane Ouattara, abordera la naturalisation de près de quatre millions de burkinabés ? Se taira t-il comme une carpe, exactement comme dans la période trouble de l’ivoirité ? En réalité il se fera tout petit comme une souris. Il veut durer à son poste, il n’a que cela comme ambition et rien de plus.

Loin de lui jeter la pierre, nous sommes de ceux qui n’attendent rien de lui. Il ne nous inspire pas confiance. Nous voulons simplement qu’il sache ici ce que l’opinion ivoirienne a retenu de lui. Il ne nous verra pas dans la longue file de ceux qui le congratulent aujourd’hui car nous savons à l’avance que le pouvoir est éphémère. Tout est vraiment éphémère dans la vie politique ivoirienne. Abstenons nous de toutes réjouissances en ces temps paradisiaques pour les FRCI et leurs frères Dozos.

Dans son discours d’acceptation de la fonction de premier ministre, Daniel Kablan Duncan exprimait une reconnaissance au Dr Allassane Dramane Ouattrara et au président Bédié. Il parla ensuite du relèvement de l’économie et de la croissance future sans un seul mot pour les souffrances des ivoiriens.

En claire la sécurité des ivoiriens, l’avenir des universités, les réfugiés, les plantations occupées. La restitution des maisons occupées par les Dozos, les Zozos et les Gogos à leurs légitimes propriétaires, tout cela n’est pas de sa compétence. Voilà ici le portait psychologique et le visage réel de notre frère, l’Akan de couverture et de service qu’est : Daniel Kablan Duncan.

La pacification par la force

Ceux qui croient à l’argument de la force et non à celle de la raison, pensent toujours que c’est avec les armes, la maltraitance, le crime, l’instauration de la peur et l’humiliation des opposants qu’on gagne le respect et la paix nécessaires pour gouverner un pays. L’histoire humaine contredit cette pensée bancale et bestiale qui n’apporte que des malheurs si non un boulevard conduisant à la ruine de la nation, qui affaiblit perd ses anticorps pour devenir un pays déprimé proche des zombies, c’est-à-dire des morts vivants.

Des exemples nous crèvent les yeux, si la Catalogne aujourd’hui menace de se séparer de l’Espagne. C’est justement qu’après la guerre civile espagnole de 1936 à 1939, les francistes avec arrogance et une suffisance primaire, n’ont jamais tendu véritablement la main aux basques et aux catalans pour comprendre leurs revendications et leur volonté de vivre leurs spécificités dans un ensemble espagnol, pluriel, divers et diversifié.

Au Chili, dans l’Amérique Latine d’aujourd’hui, était-il nécessaire après la mort du président Salvador Allende le 11 septembre 1973, de pourchasser, de persécuter, d’humilier et de tuer les membres de son gouvernement et ceux qui ont soutenu le gouvernement chilien de l’unité populaire ? Si l’arrestation du dictateur chilien, le général, Augusto Pinochet à Londres en octobre 1998, fut saluée par le monde entier, c’est son acharnement à poursuivre et à tuer les amis et collaborateurs de son prédécesseur qui fut plus que détestable pour le monde entier.

L’assassinat d’Orlando Lettelier, ancien ministre des Affaires étrangères du Chili, sous l’administration Allende le 21 septembre 1976 dans le cadre d’un plan d’extermination des opposants chiliens à l’étranger, fût une grave erreur, qui avait détruit le peu de crédibilité et d’humanité de la junte militaire chilienne et amené beaucoup d’observateurs à regretter l’unité populaire chilienne.

Dans l’ancien Zaïre, Mobutu avait poussé les Lumumbistes à vivre la tête basse pendant des décennies dans leur propre pays, car la réconciliation nationale n’était pas un projet politique du mobutisme triomphant. Le résultat est sous nos yeux. Où est Mobutu aujourd’hui ? Même mort personne ne veut de ses restes dans l’immense Zaïre dont-il était le bâtisseur, le guerrier victorieux, le maréchal, le pacificateur, le timonier, l’unificateur et le père fondateur.

Nous demandons au Dr Allassane Dramane Ouattara et au gouvernement Daniel Kablan Duncan, de ne pas suivre ces exemples néfastes qui ressemblent à de la cruauté, à de la méchanceté criminelle et à un aveuglement proche du comportement du pharaon Ramsès II, devant Moïse.

Les mandats d’arrêts contre les collaborateurs de son prédécesseur Laurent Gbagbo. Les disparitions, les détentions à ne plus en finir des membres et sympathisants du FPI, ainsi que les maltraitances qui leurs sont infligées en circulation vidéo dans le monde entier. Tout cela ridiculise et affaibli le pays des éléphants. Nous pouvons le dire ici sans être un aficionado de la refondation frontiste et gbagboïste du FPI.

Ce qui est inacceptable aujourd’hui

Encore une fois, nous disons ici, que ce qui nous est le plus insupportable en Afrique comme ailleurs, c’est lorsqu’on utilise les moyens de l’état contre un individu ou un groupe de citoyens dans le but de régler des comptes politiques. Les lois antijuives du gouvernement de Vichy pour priver les juifs qui étaient des français de tous les droits étaient indignes de la France entre 1942 et 1944.

L’usage de gaz toxiques contre les kurdes du village d’Halabja le 16 mars 1988 par l’armée de Saddam Hussein en Irak fut un acte odieux et criminel contre une partie de la population de son pays.

L’utilisation par le président Félix Houphouët-Boigny de l’appareil d’état pour une répression brutale, bestiale et déshonorante contre ses propres compagnons de luttes en 1963, fut un acte indigne de l’état de droit. Exactement comme la mobilisation de tous les moyens d’un pays par Henri Konan Bédié, pour discréditer le Dr Allassane Dramane Ouattara, lui nier la nationalité ivoirienne et comme la cerise sur le gâteau un mandat d’arrêt contre celui qu’il embrasse aujourd’hui sur la bouche. Il faut définitivement arrêter la progression du mal inutile contre les autres.

Notre liberté de penser, notre plume et notre voix ne seront jamais du côté de la répression. Les menaces qui sont proférées contre nous tombent toutes aux pieds de notre sereine indifférence. Que nos détracteurs portent plaintes devant une des juridictions d’un pays ou la justice n’est pas couchée à plat ventre devant l’argent et le pouvoir politique.

Et ils verront de leur yeux le bien que cela fera à la gouvernance ivoirienne : la projection des images des dozos égorgeurs ou les maltraitances des prisonniers politiques dans un vrai tribunal ainsi que l’exposé des preuves des organisations des droits de l’homme sur la paix inatteignable en Côte d’Ivoire.

Postulat de conclusion générale

Nous militons ici pour une vraie réconciliation nationale au pays des éléphants. Nous avons combattu l’ivoirité, nous avons dénoncé la transition militaire chaotique de la soldatesque du général Robert Guei dit BOB. Nous avons fait un bilan sans complaisance de la refondation patriotique, frontiste et gbagboïste.

Tous nos écrits sont là et témoignent pour nous que nous ne sommes pas dans une logique alimentaire de suivisme vis-à-vis des partis politiques ivoiriens et de leur leader. Si demain le RDR n’est plus au pouvoir, nous serons en première ligne dans les rangs de ceux qui appelleront les dirigeants politiques à refuser les vengeances mesquines contre ses membres, notamment les occupations de leurs maisons et plantations ainsi que l’usage de la torture, des persécutions et des maltraitances de natures diverses qui rabaissent notre peuple, ridiculisent notre pays en affaiblissant durablement notre raison de vivre ensemble.

En observant la Côte d’Ivoire d’aujourd’hui, on a l’impression que le gouvernement Kablan Duncan n’a que la chasse aux pros-Gbagbo comme projet de société. Exactement comme le président Bédié et son ivoirité avant hier. Cette chasse aux sorcières sans fin a fini par lasser tout le monde.

Les exactions de FRCI, de leurs frères, les Dozos, les Gogos et les Zozos. La négation des droits politiques de l’opposition qui ne peut même pas tenir un meeting. La colonisation des terres agricoles dans l’ouest du pays avec des tueries massives. La prospérité des coupeurs de routes, La liquéfaction de la police et de la gendarmerie tout cela à fini par faire de la Côte d’ivoire un pays de non droit.

L’exil forcé de milliers d’ivoiriens et leurs conditions de vie dans les pays voisins sont plus qu’inacceptables. Ceux qui ont le courage de l’exprimer ne sont ni des ennemis du Dr Allassane Dramane Ouattara, encore moins des supporters fanatiques de Laurent Gbagbo. Nous voulons tous une Côte d’Ivoire, juste et vivable pour tous. C’est l’état impartial que nous promettait hier le Dr Allassane Ouattara, qui nous oblige à exprimer ici ce que nous considérons comme une exigence de bon sens pour l’enracinement de la démocratie sous nos cieux.

Ne pas affronter honnêtement les problèmes pratiques de la gouvernance d’un pays et se promener en avion en Chine, au Japon, en Arabie Saoudite en Australie en Papouasie ou en Laponie à la recherche d’investisseurs, n’est rien d’autre qu’une hérésie. En économie l’investisseur à besoin de sécurité et de stabilité qui sont les sources de la confiance nécessaire à la prospérité économique. Le monde se méfie des pays instables où le braquage et le meurtre sont le quotidien du citoyen et l’impunité pour les égorgeurs. Qui peut aller aujourd’hui avec enthousiasme investir en Somalie ou en Afghanistan ?

Voilà pourquoi le gouvernement ivoirien doit rendre la Côte d’ivoire plus sécurisante et rassurer les ivoiriens de toutes tendances. Le président de la république dit-on est le gardien de la constitution et nous ajoutons aussi le gardien de la raison, du bon sens et de l’intelligence qui ne doivent pas manquer de présider la chose publique. En se refugiant dans le droit hier pour se protéger contre l’absurdité de l’ivoirité, le Dr Allassane Ouattara nous avait entrainés avec lui.

Aujourd’hui nous voulons tous que la Gouvernance de la Côte d’ivoire n’utilise pas la force, l’obscurantisme ethno religieuse, pour détruire d’autres ivoiriens dans leurs biens, dans leur réputation, dans leur dignité, en leur privant de liberté et finalement de leur vie.

Cette amère constatation est une forfaiture pour la Côte d’Ivoire et surtout pour la gouvernance du RDR, du Dr Allassane dramane Ouattara et de ses frères Dozos qui vraisemblablement resteront dans les villes et villages du pays pendant les vingt prochaines années.

Lors du maxi procès de la mafia au tribunal de Palerme, en avril 1986 Tommaso Buscetta, Le mafioso repenti avait utilisé un mot qui nous revient aujourd’hui à l’esprit. Quand le tribunal le présentait comme un repenti, il corrigeait le juge en disant qu’il était justement un c’est-à-dire, qu’il ne se repent pas d’avoir fait partie de la mafia.

Il en cultive même l’idéologie et la noblesse de la mafia d’autrefois. Quand elle ne tuait pas les avocats, les entrepreneurs, les juges, les policiers et ne produisait pas la drogue. Il se dit un associé qui a quitté le crime organisé, pour participer à la renaissance de l’état de droit.

Nous invitons le président de la république de Côte d’Ivoire, le Dr Allassane Dramane Ouattara, à se dissocier des crimes que les FRCI et autres dozos commettent en son nom dans une sorte d’impunité glaciale qui fait peur à tous ceux qui sans être Malinké, musulmans ou originaires du nord de la Côte d’Ivoire, s’étaient reconnus en lui.

Nous demandons simplement qu’il soit nécessaire aujourd’hui en Côte d’ivoire, qu’on emprisonne pas sur la base de simples soupçons, les perquisitions nocturnes, les enlèvements et autres disparitions, comme dans la France au temps de l’occupation allemande sont tout simplement monstrueux et indigne de notre temps.

Nous souhaitons pour la normalité de la présidence ivoirienne que désormais les délits qui sont reprochés à ceux qui sont en prison soient vérifiés rigoureusement : les preuves doivent présenter un caractère de certitude et les indices doivent être concordants et sans équivoque ; il ne doit plus avoir de place pour des emprisonnements sans des motifs clairs comme ceux du gouverneur Philippe Dacoury-Tabley, de Jean-Jacques Béchio, de Mahan Gahié ou de Michel Gbagbo etc. La lutte contre le crime et les abus de toutes natures doivent être menés qu’avec les instruments réguliers du droit.

Car finalement c’est dans la justice et le droit que les faibles se réfugient pour se protéger de la force bestiale des plus forts. Si cela n’existe pas dans un pays, ne soyons pas étonné que la lutte armée et les rébellions soient aujourd’hui monnaies courantes dans l’espace régional Ouest africain.

À tous ceux qui soutiennent aujourd’hui le Dr Allassane Dramane Ouattara parce qu’ils sont du bon groupe ethno religieux et tribal. À tous ceux qui rient aujourd’hui encore de toutes leurs belles dents blanches et qui sont tous heureux des souffrances des autres ivoiriens, qui ont perdu leurs maisons, leurs plantations et leur emploi. Nous leur faisons don des écrits de ce rescapé des camps de concentration nazis que fut l’immense, Primo Levi, dans : si c’était un homme.

C’est exactement la situation des prisonniers politiques des camps ivoiriens de concentration, de Korhogo, de Boundiali, de Katiola, d’Odienné, de Séguéla et de Bouna dans le nord de la Côte d’ Ivoire. Que l’intelligence et la raison aident la Côte d’ivoire à sortir de ses propres impasses pour embrasser durablement la paix nécessaire à son équilibre et à sa reconstruction.

Merci de votre aimable attention.

Dr Serge-Nicolas NZI

Chercheur en communication

Lugano (Suisse)

 

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