Création d’une section RPT/UNIR en Allemagne. Ayeva Bassirou réagit !

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CRÉATION D’UNE SECTION RPT/ UNIR EN ALLEMAGNE: QUI SÈME LE VENT RÉCOLTE LA TEMPÊTE…

Mis à part les diplomates, les étudiants et quelques rares touristes ou hommes d’affaires togolais en Allemagne, le gros du contingent, soit plus de 10.000 de nos compatriotes togolais, est constitué de demandeurs d’asile. La plus part ont choisi l’Allemagne comme terre d’asile pour fuir la barbare répression de Gnassingbé père des années 90 et de Gnassingbé fils à partir de 2005. Depuis, certains d’entre eux ont été reconnus et ont bénéficié de statut de réfugiés politiques. Certains ont dû se marier avec des Allemandes ou avec des Allemands pour assurer leur séjour. Pour finir d’autres se sont naturalisés.

C’est ici que se pose une question de principe : la naturalisation suffit-elle à mettre fin à la raison du départ en exil ? Une poignée hélas de nos compatriotes mus par les intérêts obscurs répondent par l’affirmative à cette question, tout comme si au Togo, le principe de causalité n’était plus de mise aujourd’hui qu’ils ont obtenu la nationalité allemande. Ils feignent d’oublier ou de faire table rase des raisons fondamentales pour lesquelles ils avaient fui le Togo.

Dans tous les cas, tous ces réfugiés avaient  déclaré avoir fui les tueries et les exactions du clan Gnassingbé. Or, aujourd’hui encore de sinistres images de répressions des populations, de violations des Droits de l’homme, continuent de faire la Une de l’actualité au Togo. Il va donc de soi qu’en dépit des déclarations d’intention pour tromper l’opinion internationale, il n’y a eu ni alternance politique ni démocratie. Au Togo, la même famille perpétue la dictature cette fois,  maquillée. Tout chemin vers la démocratie et la liberté reste bouché. Chaque jour, le peuple continue de se battre contre le pouvoir et essuie les coups de canon,  les gaz lacrymogènes et des privations de liberté.

C’est donc en pleine lutte du peuple qu’un groupe de Togolais – groupe négligeable certes- a décidé de prendre le parti de ses bourreaux d’hier. Contre tout bon sens, contre sa propre existence. Ces Togolais viennent de s’engager à soutenir ce qui tient lieu de pouvoir au Togo en créant sur leur terre d’exil, en Allemagne une antenne du parti qui continue de perpétuer la violence et l’arbitraire. Qui l’eut imaginé? Qui eut cru que des victimes soutiendraient leurs bourreaux ou se feraient complice de ces derniers, pour la simple raison qu’ils sont aujourd’hui loin de cet arbitraire ? Qui eut cru qu’un jour, « le parti des malheurs » comme l’appelait feu Djobo Boukari se verrait célébré par des victimes de ses affres ? N’est-ce pas là, la preuve irréfutable que certains de nos compatriotes qui ont dit avoir fui les bourreaux peuvent constituer une menace pour la paix sociale de la communauté, car vu leurs  méthodes essentiellement basées sur la nuisance, … ce parti et ses membres font toujours peur…?

Comme vous pouvez l’imaginer, si le Togo avait cessé d’être sous la coupe réglée d’une partie de la famille Gnassingbé et du parti qui le soutient depuis plusieurs décennies, si les Togolais étaient devenus libres et si, ils respiraient enfin l’air de la liberté, nous voulons dire que si la démocratie avait trouvé droit de cité, nous n’aurions eu rien à dire sur une quelconque création d’une antenne d’un parti politique. Mais ce n’est pas le cas et le parti au pouvoir chez nous, reste synonyme de propagation de terreur… C’est pour cela qu’en lançant une section du parti du pouvoir togolais  en Allemagne, les initiateurs d’un tel projet défient toute logique et font souffler un vent malsain sur la majorité de la communauté togolaise en Allemagne. Ils adressent un faux message aux autorités de notre pays d’accueil, à qui ils disent que tout va bien au Togo.  Ce qui est loin d’être le cas. Mais ne risque-t-on pas de les prendre au mot ? Si tant est que tout va bien au Togo, ne risquent-ils pas de se voir demander par l’Allemagne d’y retourner pour y vivre et pour manifester sur place leur soutien au pouvoir décadent ?  Méritent-ils encore d’être considérés comme des femmes et des hommes ayant besoin de la protection de leur pays d’accueil ? Méritent-ils de toujours  porter leur statut de réfugiés ? C’est toute la problématique que pose cette aventure. Affaire à suivre donc. Mais attention au retour de manivelle qui peut porter préjudice aux apprentis sorciers.   L’adage ne dit-il pas : « qui sème le vent récolte la tempête » ?

Bassirou AYÉVA

ALLEMAGNE

 

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