Côte d’Ivoire. Deux ans après la crise, le nord toujours dans les mains de Guillaume Soro !

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Plus d’un an après la fin de la crise post-électorale, le Nord du pays n’est pas encore rentré dans la République. C’est du reste le constat fait par les experts de l’onu, dont le rapport fait jaser depuis quelques jours. selon eux, l’ex-zone assiégée «échappe encore à l’autorité» de l’Etat. En clair, le gouvernement ne parvient pas encore à administrer cette partie du pays comme il le fait au sud: les gouvernants n’ayant pas l’entier contrôle sur les ressources qui y sont générées.

 De l’avis des auteurs du dernier rapport sur la Côte d’ivoire, ce sont les Forces nouvelles ou plutôt ce qu’il en reste et des groupes d’intérêt aux pratiques mafieuses, qui font la loi dans le Nord. Ces «seigneurs du Nord» y rançonnent les populations et exploitent en toute illégalité l’or et le diamant. C’est du moins ce qui ressort des investigations des experts onusiens sur le terrain. D’anciens combattants des Forces nouvelles, apprendon, extorquent de l’argent aux opérateurs économiques. «A l’occasion de ses investigations, le Groupe a cependant constaté que des groupes illégaux, constitués d’anciens combattants des Forces nouvelles pour la plupart, rançonnaient exploitants (carburant, coton, noix de cajou), commerçants et transporteurs en général dans les régions entières», souligne le rapport.

L’argent ainsi perçu ne va, évidemment, pas dans les caisses de l’Etat. Les enquêteurs de l’onu croient avoir de bonnes raisons de penser que les sommes collectées prennent la route de «La Centrale», supposée dissoute. Ils doutent que cette «régie financière», qui centralisait les ressources générées par l’administration alors instaurée par l’ex-rébellion, ait été dissoute. Les experts de l’onu sont d’autant plus fondés à en douter que leur tentative pour avoir de plus amples informations sur cette fameuse «Centrale» est restée sans suite. «A cet égard, la lettre adressée par le Groupe en juillet 2012 à l’ancien directeur financier de «La Centrale», demandant accès aux comptes financiers de cette entité, comme suite à la recommandation faite au paragraphe 222 de son rapport du 14 avril 2012 (S/2012/196) demeure sans suite», déplorent les enquêteurs onusiens. Outre les rescapés des Forces nouvelles qui continuent de régner au Nord, le rapport note que des groupes d’intérêt aux pratiques mafieuses exploitent en toute illégalité l’or et le diamant dans cette partie du pays. A propos de ces «seigneurs du Nord», voici ce que disent les auteurs du rapport: «On peut penser que ceux qui exercent le contrôle physique, financier et politique des sites diamantifères n’ont pas intérêt à changer quoi que ce soit qui pourrait nuire à leur position où à leurs intérêts…».

Qui sont ces personnes qui se livrent, au mépris des lois de la République, à l’exploitation des pierres précieuses à Korhogo, Ferké, Katiola, Boundiali, ouangolo? Le rapport reste évasif, tout au plus parle-t-il «d’acheteurs et d’exportateurs illicites». Les ressources tirées de leurs activités financent l’achat d’armes, croient savoir ces experts onusiens. Ces «orpailleurs illicites» et autres trafiquants de toute acabit qui font la pluie et le beau temps au Nord, échappent à l’autorité de l’Etat, qui semble impuissant à les mettre au pas. «Les autorités des régions concernées savent parfaitement que des diamants sont extraits, achetés, vendus et exportés illégalement et dans le cas des exportations clandestines, en violation de l’embargo. Toutes les autorités rencontrées par le Groupe ont semblé soit être complètement impuissantes, soit ne pas avoir les moyens ou la volonté de changer la situation actuelle», estiment les experts onusiens.

Assane Niada

L’Inter

 

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