COMMUNIQUE DE BÂTIR LE TOGO SUITE AU DRAME DU CABINDA

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Bâtir le Togo a appris avec consternation que ce vendredi Huit (8) Janvier 2010, le bus transportant l’équipe du Togo du Congo en Angola pour la participation à la Coupe d’Afrique des Nations a été attaqué quelques moments après l’entrée de la délégation togolaise dans l’enclave de Cabinda où le Togo devait disputer ses matchs. Cette attaque a fait aux dernières nouvelles deux (2) morts ainsi que des blessés, dont certains grièvement, au sein de la délégation togolaise.

Le mouvement Bâtir le Togo est indigné par ce genre de situation et dénonce avec la dernière vigueur cette attaque qui constitue une pratique inadmissible quel que soit le caractère des revendications des personnes ou groupes qui l’ont perpétrée. Rien ne saurait en effet justifier un tel acte contre des délégations de pays étrangers venues participer à ce qui était censé être la fête du football africain en Angola.
Bâtir le Togo s’associe à la douleur des familles des victimes et du peuple togolais tout entier et présente ses condoléances les plus attristées aux familles éplorées.

Un certain nombre d’informations qui ont émaillé cet événement appelle toutefois de notre part de graves interrogations.

En effet, à la suite de l’attaque, il a été indiqué par les autorités de la CAF que toutes les délégations étaient censées arriver au lieu du jeu par avion et que le Togo n’avait pas informé les organisateurs et les autorités angolaises qu’il arrivait par voie terrestre.

Primo, s’il est vrai que toutes délégations des pays participants ont été informées des risques de sécurité et de la nécessité de voyager « uniquement » par avion pour accéder au territoire angolais, la démarche de la délégation togolaise qui aurait pris la liberté de voyager par voie terrestre (même si cela pourrait s’expliquer par la distance réduite entre Pointe Noire d’où venait cette délégation et l’enclave de Cabinda) serait questionnable puisqu’il s’agit d’une zone réputée dangereuse sur le plan international. Vu les risques, une telle décision reste absolument injustifiable.

Secundo, l’affirmation d’après laquelle le Togo n’aurait pas informé les organisateurs ou les autorités angolaises qu’il arrivait par bus et qui tendent à rejeter l’entière responsabilité de ce drame sur notre pays nous semble quant à elle complètement inadmissible.

D’abord, au vu des éléments objectifs, il n’est pas possible que la délégation togolaise n’ait pas du tout informé le pays organisateur et la CAF de son arrivée par voie terrestre depuis le Congo. En effet, d’après les informations, au moment des faits, le bus du Togo était escorté par la police angolaise qui n’a malheureusement pu rien faire pour empêcher les rebelles de commettre leur forfait. Il est impossible que ces dispositions de sécurité aient été mises en place si les Togolais n’avaient pas pris la peine d’informer au préalable les autorités locales. La délégation togolaise n’aurait pas pu, de son propre chef, inviter la police angolaise à l’escorter. Il a donc fallu qu’une autorité angolaise informée que les Togolais arrivaient par bus ait contacté la police et donné l’autorisation à celle-ci de se déployer pour accompagner le convoi togolais.

Ensuite, ces arguments ne sauraient du tout dédouaner le pays organisateur et la CAF puisque d’une part, avant de concéder l’organisation de la Coupe d’Afrique des Nations à l’Angola, il est évident que les responsables de la Confédération Africaine de Football ont dû se convaincre que l’Angola qui est un pays de longue lutte armée est enfin pacifiée et recèle les garanties de sécurité nécessaires pour organiser ce genre d’événement sans problème. Si l’Angola n’était pas en mesure d’assurer la sécurité des délégations devant participer à la Coupe d’Afrique des Nations, il n’aurait pas été possible (et il aurait même été criminel) de lui accorder cette prérogative. D’autre part, il appartenait aux organisateurs et aux autorités angolaises de prendre toutes les dispositions qui s’imposent afin que la sécurité et l’intégrité physiques de toutes les délégations participant à cet important événement soient garanties. En outre, il faut préciser que si le gouvernement angolais a pris la décision de faire jouer une partie de la compétition dans l’enclave de Cabinda alors que cette zone a été pendant des années une zone de conflit armé, c’est parce qu’il a été convaincu qu’il y avait suffisamment d’éléments tendant à faire croire qu’il n’y aurait pas de problèmes de sécurité dans cette région. Dans ces conditions, les organisateurs ne sauraient nullement se cacher derrière leur petit doigt en refusant toute responsabilité dans cet événement tragique.

Au vu de ces éléments, les arguments tendant donc à rejeter la responsabilité du drame qui a frappé la délégation togolaise sur notre seul pays paraissent entièrement spécieux et ne sauraient prospérer. Cela ne veut pas du tout dire que la délégation togolaise n’aurait pas sa part éventuelle de responsabilité que seule une enquête indépendante et sérieuse permettra de déterminer avec exactitude.

Face à cette situation de confusion sur les responsabilités réelles ou supposées des uns et des autres dans ce drame, il est indispensable que des enquêtes dignes de foi soient faites afin de tirer au clair les conditions dans lesquelles cette attaque s’est produite et la portée des responsabilités de chacun.

C’est pourquoi :

– Bâtir le Togo demande aux autorités togolaises de procéder à des investigations claires et d’exiger de même des enquêtes sérieuses de la part des organisateurs de la CAN 2010 et de l’Etat angolais afin de permettre que puissent être dégagées la part de responsabilité de la délégation togolaise ainsi que celles de la CAF et des autorités angolaises dans le tragique événement dont notre équipe nationale de football a été victime.   

– Bâtir le Togo exige que les résultats de ces enquêtes soient rendus publics afin que chacun des citoyens togolais qui ont tous été touchés d’une façon ou d’une autre par ce drame, soit édifié ;

– Le mouvement Bâtir le Togo exige également que des sanctions idoines soient prises s’il s’avérait que les responsables de la délégation togolaise ont d’une façon ou d’une autre, manqué à leur devoir quant à ce qui concerne les consignes de sécurité ;

Par ailleurs,

– Bâtir le Togo réitère ses condoléances aux familles éplorées et manifeste sa sympathie à toutes les personnes qui ont été blessées physiquement, moralement ou psychologiquement dans ce drame.

– Il s’associe au deuil national de trois (3) jours décrété dans le pays.

– Notre mouvement exprime tout particulièrement sa sympathie aux joueurs togolais qu’il félicite pour leur bravoure et leur dévouement puisque malgré le drame qui les a frappés et le choc subséquent, ils avaient décidé de poursuivre la compétition en mémoire des membres de la délégation qui ont perdu la vie.

– Enfin, Bâtir le Togo demande que le gouvernement togolais prenne toutes les dispositions afin que toutes les personnes qui ont souffert d’une façon ou d’une autre dans ce drame ainsi que les familles des victimes puissent être dédommagées par les instances internationales de football en marge des réparations que le gouvernement togolais lui-même pourra accorder à ceux qui se sont sacrifié pour la Nation togolaise.  
 
FAIT À PARIS

Le 10 Janvier 2010

Pour Bâtir le Togo
Le Président

 

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