Comme au Togo avec Faure Gnassingbé, la « surprise » attendue a eu lieu avec Ali Bongo ! [ Par Rodrigue Kpogli]

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Ali Bongo, le fils de son père vient d’être proclamé élu pour un « second mandat » à la tête du territoire de Gabon qu’il a repris au décès de son père Omar Bongo en 2009.
Confronté à son sosie politique en la personne de Jean Ping dans un cirque électoral qui a eu lieu samedi dernier, le fils de son père vient d’être proclamé par son ministre de l’intérieur, c’est-à-dire, ministre de la Fraude, de la Surveillance et de la Violence, vainqueur à 49,80% des voix contre 48,23% pour son sosie Jean Ping.

C’est risible! Enfin, presque. S’il n’y avait pas des populations en souffrance derrière cette comédie de très mauvais goût dans l’enclos colonial appelé Gabon, on aurait vraiment rigolé à mort. Mais là, on ne peut pas rire.

Encore une fois, les africains doivent se rendre à l’évidence: on ne renverse pas un système colonial avec les élections, car il ne peut y avoir d’élection proprement dite dans des colonies.
On pense, dans les enclos coloniaux abusivement appelés Etats africains, pouvoir échapper aux lois de l’histoire qui imposent à un peuple dominé, soumis et tenu par une tyrannie héréditaire pourvue d’une mafia civilo-militaire locale, elle-même adossée à une pègre internationale dont la devise est l’argent à tout prix partout sur la planète, de livrer le difficile et incontournable combat libérateur. Eh bien, non, il n’y a pas de raccourci menant à la liberté. Nous l’apprenons une fois encore.

En décembre 2007, au sujet du Togo dont la situation est identique à celle du Gabon, j’écrivais: « Il faut avant toute chose sortir de l’idée que nous emprunterons de raccourcis pour atteindre la liberté. Tout simplement parce qu’il n’y a pas de raccourcis menant à la liberté et à la justice. Revoyons l’histoire. Au Togo, on a voulu prendre des raccourcis pour simplifier les étapes successives menant à l’établissement de la liberté…En réalité, on vient conforter un pouvoir capté dans le sang et massivement vomi, rendant ainsi plus improbable l’alternance au Togo. En agissant ainsi, nous travaillons à mettre fin au processus naturellement douloureux mais incontournable de combats aboutissant à l’éradication de toute dictature ou tyrannie. »

Si les Bongo et leurs alliés sont toujours au pouvoir, ça n’est pas parce que les africains du territoire du Gabon n’avaient jamais eu à voter pour une « alternance ». Tout le monde sait cette évidence. Mais en faisant semblant de l’ignorer, celles et ceux qui criaient « élections transparentes », « élections transparentes » sont rappelés à l’ordre et sont obligés de revenir à la dure réalité.

Pour finir, je redirai ce que je dis ailleurs et depuis longtemps: c’est le système politique qu’un peuple a en face de lui qui lui indique les voies et moyens par lesquels il doit le vaincre. Si la jeunesse africaine dans les différents territoires hésite ou refuse de comprendre cela, pour enfin commencer à s’organiser lucidement, dans la discipline et sous un leadership nouveau et avisé du caractère de lutte de libération de la domination coloniale que les africains doivent mener pour espérer la Renaissance de l’Afrique, alors l’illusion restera l’unique fleuve dans laquelle nous baignerons encore pour longtemps.

Komla KPOGLI
31 août 2016 

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