Camus Ali, Journaliste écrit à Sam Essohamhlon

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Très cher Sam,

J’ai appris que ton état de santé se détériorait gravement alors que tu es encore détenu comme prisonnier par le pouvoir en place sans jugement ni chef d’accusation crédible, et ce en défiant toutes les lois de la justice togolaise comme celle internationale. J’aurais tant aimé t’écrire dans l’anonymat comme je l’ai toujours fait jusqu’aujourd’hui. Mais cette fois-ci, j’ai préféré partager ma lettre avec tous les Lynxionautes (ndlr, lecteurs et contributeurs du Journal Lynx.info), dans l’espoir que les peuples européens comme africains la liront aussi. J’enverrai la présente lettre à mon ami, et Député allemand du CDU, l’Honorable Horst Mayer afin qu’il s’imprègne de la vraie réalité togolaise ambiante; lui qui m’a toujours soutenu qu’en laissant une petite marge de manoeuvre à Faure, nous l’aiderions à bâtir le Togo, même si nous sommes tous au regret de constater que c’est peine perdue jusqu’à ce jour. 
J’irai à la poste et j’enverrai aussi ton cas aux commissions de Droit de l’Homme, aussi bien à Genève qu’à Bruxelles. Après, je vais envoyer ton cas à la Bundestag, le parlement allemand où je vis. Et ce, pas pour te faire croire que les blancs viendront te libérer, mais pour enfin montrer le vrai visage de Faure, de son pouvoir et de tous ses mensonges aux yeux du monde entier. S’il y avait une justice républicaine et un Etat de droit au Togo, point n’aurait été besoin de faire appel à moi, un journaliste vivant en Allemagne et encore moins d’avoir eu recours aux services de quatre (4) avocats des plus influents et pour quel résultat !

Je suis surtout obligé de passer par e-mail pour enfin te laisser quelques mots d’encouragement et de soutien comme je l’ai toujours fait depuis que les sbires de Faure t’ont mis en prison pour des raisons dont ils sont les seuls à en connaître les tenants et les aboutissants.

Cher frère et compatriote Sam

Avant ton arrestation, je ne connaissais pas qui était un certain Sama Essohamlon au Togo. Je ne connaissais pas non plus ce que tu faisais pour soulager les plus pauvres d’entre les Togolais, par le truchement de ton institution appelée ReDéMaRe. Je suis tombé par un pur hasard sur ton histoire comme tout journaliste investigateur qui est quotidiennement à la recherche de l’information susceptible d’intéresser ses lecteurs.
Je te confirme que la rédaction du Lynx a réceptionné tous les documents officiels et légaux qui régissent ReDéMaRe. Je les ai même fait lire aux économistes de renom afin qu’ils donnent leur point de vue. Les conclusions sont sans appel: ReDéMaRe est une innovation entrepreneuriale sans précédente dans un pays comme le Togo !
Ensuite, j’ai fait, avec l’aide de mes amis journalistes, toutes les investigations qui s’imposaient dans ton cas. Nous sommes unanimement arrivés à la même conclusion: « Les grands hommes sont ceux d’entre nous, ordinaires, qui partent de peu de moyens pour réaliser de grandes œuvres extraordinaires » ! 
Dans le cas du Togo, nous savons tous, qu’après tant de prêts et de dettes consentis par notre pays auprès de la Banque Mondiale, du FMI, de la BAD et je ne sais qui encore, le pouvoir de Faure n’a pas encore réussi à soulager les Togolais et à les sortir de l’ornière de cette pauvreté abjecte qui n’est plus supportable au 21è siècle.

Pire, tous les économistes consultés sont du même avis aujourd’hui pour dire que Faure et tout son gouvernement sont entrain d’hypothéquer dangereusement l’avenir de toute la jeunesse togolaise.
Donc, ton action n’était pas vaine, loin s’en faut. Mieux, en créant ReDéMaRe tu faisais forcément de l’ombre à la bande à Faure qui a échoué sur toute la ligne socio-économique. Il fallait en être conscient, mon frère.
Tout d’abord, je voudrais te rassurer qu’il ya plus de 50.000 familles togolaises qui te disent merci pour les avoir soulagés pendant deux longues années. Et près d’un demi million de Togolais vivaient jusqu’aujourd’hui directement ou indirectement de ReDéMaRe et avaient placé toute leur confiance dans cette structure pour améliorer leur quotidien ainsi que le futur de leurs enfants.
Au cours d’un appel téléphonique, tu m’as laissé apprendre que les avoirs de ReDeMaRé se chiffraient à 1 milliard F CFA nets et que 4 milliards F CFA étaient comptabilisés en fonds d’investissements. Chapeau bas ! 

Par ailleurs, je t’informe que ton projet de faire voyager les pèlerins à La Mecque à moindre coût  a été finalement repris par la paire Pascal Bodjona et Atcha Titikpina. Deux ministres qui ont dépassé le cadre de leurs prérogatives pour se transformer en affairistes. Les échos annoncent le bordel ambiant qui a règné, avec le départ des pèlerins et qui règne encore. On nous annonce qu’ils auraient réalisé des bénéfices élevés à 300.000 F CFA sur chaque tête de pèlerin. Et il y avait 2.000 pèlerins à l’appel. La paire de gangsters s’est jouxtée un pactole de plus de 600.000.000 F CFA. Au Lynx, nous avions porté la triste nouvelle aux lecteurs.

D’après les recoupements de Lynx, le pouvoir de Faure a dû monter des faits et chiffres farfelus pour faire croire que ReDeMaRe opérait illégalement. Ce pouvoir a monté des opérations mensongères pour te discréditer. Mais Allah est Grand! Aux dernières nouvelles, les Togolais dans leur majorité écrasante, surtout les adhérents de ReDéMaRe, ont vu « les 100 millions » F CFA de ton institution que la Commission Intersectorielle s’est partagée pour faire croire au peuple qu’il travaillait. Outre cela, la marche de soutien des Adhérents et de la Ligue Togolaise des Droits de l’Homme (LTDH) a été sévèrement et injustement réprimée alors qu’elle était sensée se battre pour te faire rétablir dans tes droits.

Cher frère et ami Sam

J’ai voulu aussi attirer ton attention sur ta santé actuelle qui se détériore vite et dangereusement. En bon soldat, ne fait donc pas l’erreur de te laisser abattre par les ennemis, pire par ceux qui t’ont fait prisonnier pour faire main basse sur les avoirs de ReDéMaRe.
Enfin, je veux te faire comprendre que le peuple togolais les connait et les tient à l’œil. Le Lynx aussi !

Avec mes amitiés

Camus Ali  Journaliste au Lynx    

 

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